Decouverte de minato-ku



Information pratique sur la découverte de minato-ku

Notre promenade démarre à la station de métro TSUKIJI SHIJO (Tsoukidji Shijo). Elle est située sur la ligne TOEI OEDO (Toèille Oédo) et est indiquée par E18 sur les nouveaux plans du métropolitain. Il vous est conseillé d'arriver tôt le matin (6 heures 30 serait l'idéal !). Car le marché-un des temps forts de cette visite- est ouvert de 5 heures à 13 heures. Mais attention, il reste fermé le dimanche, les jours fériés et irrégulièrement une journée par mois pour nettoyage et maintenance des installations.

Découverte de minato-ku : introduction

Alors qu'allons-nous pouvoir découvrir dans ce quartier de Minato-Kou ? Et bien, on aurait tendance à l'oublier, mais Tokyo est une ville au bord de l'eau. Pas seulement l'eau qui s'écoule de la rivière SUMIDA (Soumida) mais celle de la mer qui apparaît encore par endroits au milieu de la baie. Alors certes, le site ne ressemble plus vraiment à une baie tellement il a été recouvert par des territoires gagnés artificiellement sur la mer et l'embouchure de la SUMIDA n'a plus l'apparence d'un estuaire, mais plutôt d'un dédale entre les îles artificielles. Et c'est justement cet arrondissement portuaire de la capitale nipponne (« MINATO » signifie en effet « port » en Japonais) que cette promenade se propose de vous faire découvrir. Vous allez pouvoir visiter TSUKIJI SHIJO (Tsoukidji Shidjo), le plus grand marché aux poissons de la planète, les jardins HAMARIKYU(Hamarikyou) implantés sur l'eau, le quartier d'affaires de SHIMBASHI, près du bord de mer, et enfin le parc SHIBA surplombé par la grande tour orange de Tokyo. Mais tout d'abord, rendez-vous sur le quai à la station de métro TSUKIJI SHIJO, sur la ligne TOEI - OEDO.

Vers le marché aux poissons

Vous êtes sur le quai de la station TSUKUJI SHIJO ? Bien, alors emprunter l'escalier au-dessus duquel est mentionné : « Exit to TSUKIJI Fish Market ». Parvenu en haut, avancez droit devant vous dans le couloir qui présente une fresque sur la paroi de droite. A ce stade vous devriez pouvoir suivre quelques Occidentaux et des Japonais chaussés de bottes en caoutchouc. Vous êtes au bout du couloir ? Bien. Un escalier vous permet d'accéder à l'air libre. Arrivés à l'air libre, tournez à gauche puis marchez le long de l'avenue et prenez ensuite à gauche et pénétrez dans une espèce de grand hangar. Vous découvrirez des échoppes présentant quelques légumes, des cirés et des bottes, des couteaux et des piques à poisson. Profitez-en pour admirer la finesse des lames, car cette coutellerie nipponne est mondialement reconnue. Les meilleurs instruments tranchants pour préparer la cuisine s'étalent sous vos yeux. D'ailleurs, quelques petits restaurants de poissons prennent place entre ces boutiques. Ne vous fiez pas à leur aspect « gargote »: on peut difficilement trouver poisson plus frais et mieux préparé. Et si le coeur vous en dit, ou plutôt si l'estomac gargouille trop après la visite du marché, vous pourrez éventuellement pousser une porte et vous asseoir au comptoir. Cela dit, les meilleurs SUSHI à déguster au petit-déjeuner se trouvent dans la rue UOGASHI YOKOCHO (OUOGASHI YOKOTCHO) à une minute de marche de la grande halle du marché. Nous vous l'indiquerons tout à l'heure. Mais revenons-en à la visite du marché. Continuons à avancer jusqu'au bout de la ruelle pour déboucher sur un parking rempli par des camions frigorifiques alignés en attente de chargement. Vous n'avez qu'à traverser ces rangées de véhicules. Cette opération peut parfois prendre du temps, car une nuée de triporteurs à gaz envahit les allées dans un ronronnement parfois assourdissant. Nous vous recommandons donc une extrême vigilance. La circulation reste difficile dans les allées étroites et il vaut mieux éviter de déranger les travailleurs actifs sur le site. Prendre des photos ne pose pas de problème, mais évitez de toucher ou de manipuler les produits exposés, sauf si on vous invite à en goûter.

TSUKIJI : le marché aux poissons

Alors, ça y est ? Vous avez pu vous frayer un chemin à travers les camions ? Bien, à présent poursuivez tout droit pour entrer sous la principale halle du marché Tsukiji. Impressionnant non ? Nous n'allons évidemment pas commenter chaque étal. Alors, nous vous proposons d'arpenter les allées comme bon vous semble, à votre rythme, en écoutant notre commentaire. Ouvrez grand vos yeux ! Devant vous se présentent des Thons, espadons, calamars, pieuvres, moules géantes, et même KUJIRA (Koudjira), ces morceaux de baleine qui hérissent les écologistes puisque seuls le Japon et la Norvège en poursuivent la chasse. Pour mieux comprendre cette importance du poisson au Japon, quelques chiffres. Les Nippons représentent à peine 2% de la population mondiale, et pourtant ils consomment 16,5% des réserves en poisson de la planète. Toutes les espèces comestibles qui vivent, nagent ou flottent dans les océans se retrouvent sous les halles du marché TSUKIJI. On estime qu'entre 450 et 500 sortes de produits différents transitent quotidiennement sur les étals des mareyeurs. Chaque jour et durant toute l'année, ce sont plus de 50.000 personnes qui déplacent et traitent 2.300 tonnes de poisson frais ou congelé. Imaginez qu'un cinquième de tout le poisson vendu dans le pays passe ici. Véritable « ventre de Tokyo », c'est un endroit extraordinaire et bouillonnant dans lequel les grossistes vendent aux restaurateurs et aux détaillants. Vous ne pourrez pas assister aux enchères qui se déroulent à partir de 4H30 car l'accès n'est plus autorisé. Profitez bien du cachet offert par le site actuel, car il est question de le délocaliser 2 km plus loin pour l'horizon 2012 ou 2015.

Fonctionnement du marché

Parlons un peu de la vie de ce marché. Comment fonctionne ce marché ? Vous vous êtes levés tôt, c'est vrai, mais pas encore assez pour voir le ballet de camions réfrigérés qui transportent la marchandise depuis les cales des bateaux amarrés aux quais éloignés et même depuis l'aéroport de NARITA. Car une part croissante arrive par fret aérien d'Espagne, du Chili et des États-Unis. Inutile de préciser que ce sont les avertisseurs sonores des camions qui réveillent le quartier, à partir de 3 heures du matin ! Des hordes de travailleurs en bottes et tabliers, armés de gros crochets viennent décharger les thons congelés, tandis que certains utilisent un pinceau pour leur marquer un numéro d'identification à la peinture rouge. Les grossistes qui achètent aux pêcheurs s'activent dans les allées pour faire marquer rapidement les plus belles pièces. A 4H30 arrivent les revendeurs intermédiaires qui examinent l'offre du matin, ils inspectent la chair au touché, regardent la couleur avec une lampe torche, grattent avec un couteau, goûtent la texture, jaugent le niveau de graisse dans la chair, lorgnent le blanc brillant des yeux, notent l'aspect uniforme de la bouche, tâtent l'épaisseur de la peau. Star des bars et restaurants à Sushi, le thon rouge appelé : « MAGURO » (Magoulo) compte pour 45% de l'ensemble des poissons échangés sur le marché. Vous comprendrez alors en vous promenant entre les étals pourquoi il y est littéralement disséqué. Rien ne se perd sur l'animal, chaque arête principale est raclée au maximum pour en extraire de la chair qui sera revendue sous forme de lamelles en barquettes. Regardez autour de vous, vous ne pouvez pas manquer de repérer des poissonniers en train de se livrer à cette découpe avec une dextérité impressionnante ! Puis vers 5H30, les grossistes attirent les revendeurs intermédiaires sur leurs estrades en bois, les choix sont déjà faits pour la plupart, mais c'est sur le prix lors de la vente aux enchères que tout va se décider. Le tintement d'une petite cloche indique le début des enchères. Imperturbables, les acheteurs lèvent l'index pour confirmer leur intention d'achat au prix qui vient d'être hurlé. En à peine plus d'une heure, tous les poissons seront vendus. Au lever du jour, une cohorte de restaurateurs et de détaillants arrive pour choisir les meilleurs morceaux sur les étalages des vendeurs intermédiaires. Emballés dans des caisses en polystyrène le temps du transport, vous les retrouverez dans vos assiettes en SASHIMI ou en SUSHI. Bien que les anciens restent très attachés à ce lieu et rechignent à envisager un déménagement, les jeunes générations se plaignent davantage des conditions, du manque d'espace pour circuler et de la pénombre, ils aspirent à une halle moderne et lumineuse. Le nouveau projet prévoit une superficie double, l'accès par trois autoroutes et une nouvelle station de métro. La situation plus au large dans la baie, permettrait aux navires-usines à fort tirant d'eau d'accoster directement pour décharger leurs prises.

L'histoire de ce marché

A la fin du 16e siècle, TSUKIJI fut une zone spécialement réclamée au grand shogun TOKUGAWA IEYASU (Tokougawa Iyeyasou) par les pêcheurs d'Edo qui est l'ancien nom de Tokyo. La zone actuelle en bord de mer se prêtait bien à l'installation d'une nouvelle halle à poissons mais elle ne fut pas retenue tout de suite, car ce quartier portuaire pâtissait d'une fâcheuse réputation. Après la restauration de l'ère MEIJI (1868-1912), le quartier devint le point d'ancrage des étrangers à Tokyo et aussi le paradis des maisons closes. Les étrangers étaient étroitement surveillés et cantonnés à certains quartiers. Puis le quartier fut investi par la marine nipponne. En 1923, le grand séisme fut l'occasion de faire table rase du vieux marché aux poissons situé près de NIHOMBASHI -où se trouve le grand pont actuellement en haut de l'avenue Ginza-. On décida alors de le reconstruire à TSUKIJI : le nouveau marché ouvert en 1935. Les années 50 et 60 apportèrent un nouveau souffle au marché avec des prises et des volumes de plus en plus importants qui suivaient le fort développement économique du pays. Bon nombre d'employés étaient alors fréquemment gratifiés par des dons en poisson. Mais cette pratique devint une source de litiges et de rixes. La police, amenée à intervenir de plus en plus souvent, se retrouva installée dans des locaux au sein du marché et les boissons alcoolisées y furent interdites. Les années 70, 80 et 90 furent marquées par une grande prospérité, mais au tournant du 21e siècle, les sociétés de pêches s'accordent pour dire que les réserves de thon rouge diminuent dans les eaux maritimes nipponnes. L'ambiance aussi a changé : quelques années auparavant, des vétérans derrière leurs étals invitaient les touristes à venir découper les filets, le long couteau-scie entre les mains, l'Occidental était contraint de goûter une lamelle de thon à peine trempée dans la sauce de soja SHOYU (Choyou). Certains stands affichaient fièrement les photos des Présidents et des Princes de ce Monde venus en voyage diplomatique, pour lesquels la visite à TSUKIJI était incontournable. La jeune génération n'accorde plus d'intérêt à ce folklore.

Les jardins HAMARIKYU

Alors, vous avez vu tout ce qui vous intéressait ? Bien, sortons maintenant de la grande halle par là où nous y sommes entrés. En sortant, prenez tout de suite à gauche et suivez la rue courbe jusqu'au pont sous lequel passe l'autoroute. A l'angle du pont en question, bifurquez à gauche puis avancez droit devant vous jusqu'au petit pont sur l'eau qui conduit à l'entrée du jardin HAMARIKYU (Hamarikyou). Moyennant un droit d'admission de 300 Yen, on peut entrer dans ce jardin de 9 heures à 17 heures sauf entre le 29 décembre et le 1er janvier. Cela vaut vraiment la peine d'y faire un tour, c'est un des plus beaux jardins de Tokyo Ce parc public en front de mer est fameux à Tokyo de par sa situation à l'embouchure de la rivière SOUMIDA et pour son style typique de l'époque EDO. Qu'entendons-nous par là ? Et bien, comme vous le savez sans doute, au Japon, il y a un véritable art des jardins, dont les fondements proviennent surtout du culte Shinto, la plus ancienne religion du Japon. Cette religion repose sur des concepts d'harmonie entre l'homme et la nature, et c'est ce que les jardins doivent refléter. L'Art des jardins japonais s'est écrit tout au long des siècles, s'enrichissant à chaque nouvelle époque de l'Histoire du pays, des préceptes issus des grandes religions et philosophies orientales. De l'Histoire du Japon naîtront cinq différents styles de jardins. Ce jardin était aménagé à l'époque Edo, qui va du début du 17e siècle au milieu du 19e. Et on y voit apparaître la forme du jardin promenade. En quoi est-ce que cela consiste ? Et bien, vous verrez des pavillons indépendants qui se répartissent autour d'un grand lac, des sentiers qui les relient, créant un circuit de promenade. Les jardins secs, jardins de thé, jardins îles, jardins de déambulation s'y retrouvent simultanément. L'art du jardin est alors surtout basé sur des considérations esthétiques, même s'il en émane encore une spiritualité inspirée du bouddhisme à laquelle vous serez peut-être sensibles. Ici, le jardin est conçu sur le modèle de celui d'une résidence ayant appartenu à un SHOGOUN de la famille TOKOUGAWA au 17e siècle. Rappelons que le Shogun (littéralement : « général ») détient le pouvoir militaire et gouverne de fait le pays, tandis que l'empereur est plutôt le gardien de la tradition. Une partie du jardin est constituée par des plans d'eau directement alimentés en eau de la baie, ce qui fait son originalité. La surface des zones en eau varie en fonction des marées, les parfums changent aussi selon les courants. L'étang principal porte le nom de SHIO ILI dont l'îlot central constitue un salon de thé pour boire un MATCHA bien vert et déguster des friandises. Les deux autres étangs KOSHINDO et SHINSENZA sont des zones appelées KAMOBA car dédiées à la chasse aux canards sauvages. Quasi quotidiennement s'y déroulent des démonstrations de chasse traditionnelle à l'aide de faucons et de rapaces apprivoisés. L'atmosphère tranquille des massifs en fleurs et des oiseaux sauvages permet de s'échapper quelques instants des buildings du quartier d'affaires de SHIODOMé. Profitez un peu de sa quiétude avant de repartir vers la vie trépidante de la Tokyo moderne.

Le World Trade Center

A présent, revenons sur nos pas à la station du métro TSUKIJI SHIDJO. Là bas, reprenez la ligne TOEI OEIDO jusqu'à la station DAIMON, marquée E20 sur les plans de métro. Alors êtes-vous bien à la sortie du métro DAIMON ? Cette bouche de métro se situe juste à l'angle du building qui porte le nom de : « World Trade Center ». Ce bâtiment de 37 étages offre une plateforme d'observation, à laquelle vous pouvez monter, moyennant 620 Yen par adulte. Libre à vous d'y aller, le coup d'oeil sur l'île artificielle d'ODAÏBA est intéressant. Les ascenseurs se trouvent à droite dans le couloir qui mène à la poste de cette tour. (La poste est symbolisée par un T rouge).

Le Tokyo Tower

Et maintenant, avançons vers la Tokyo Tower. Lorsque vous êtes en face du World Trade Center, orientez-vous dans le sens montant de l'avenue et levez les yeux pour obtenir en ligne de mire la « TOKYO TOWER ». Comment la reconnaître ? Vraiment pas difficile, elle s'élève à 333 mètres du sol, et sa structure métallique peinte en orange et blanc s'apparente à celle de la tour Eiffel. La tour de Tokyo fête son cinquantième anniversaire en 2008. Ça y est, vous l'avez repérée ? Maintenant que la tour est dans votre champ de vision, restez sur le trottoir de gauche et commencez à remonter l'avenue en direction du parc SHIBA en suivant les panneaux : « Mairie de l'arrondissement de Minato », en anglais : « MINATO WARD OFFICE ». Cette étape devrait durer 10 minutes tout au plus, et nous vous suggérons d'en profiter pour écouter quelques données techniques relatives à cette grande tour. Alors, elle est un emblème de la capitale nipponne depuis son inauguration en 1958. Et elle revendique le fait d'être encore de nos jours la plus haute au monde totalement réalisé en métal. Elle sert de relais pour les chaînes de télévision. Elle propose également l'accès à deux plateformes d'observation : la principale, élevée à 150 mètres, et la spéciale perchée à 250 mètres. Les postes d'observation sont ouverts de 9h à 22h, le ticket adulte pour le premier niveau coûte 820 Yen, celui jusqu'au deuxième est affiché à 1420 Yen. Dans les deux cas le panorama à 360 degrés permet d'appréhender l'immensité de Tokyo mais l'aperçu sur le Mont FUJI n'est pas garanti depuis l'observatoire le plus haut, cela dépend des conditions météorologiques. Extérieurement, elle semble plus frêle que la tour Eiffel, car sa base est moins importante. Elle est aussi plus légère, 4000 tonnes contre 7000 pour l'ancêtre parisienne.

Le Temple Zojoji

Voilà ce que nous pouvions dire comme résumé sur cette tour. Avancez toujours vers le parc SHIBA ? Alors, vous venez probablement de passer sous DAIMON (DAILLE MO N), c'est la grande porte en bois recouverte d'une petite toiture. Très bien, poursuivez alors droit devant jusqu'au grand carrefour. Traversez cette grande artère tout en restant sur la chaussée de gauche et continuez jusqu'en haut. Vous tomberez alors sur une avenue qui délimite le parc SHIBA. A ce niveau, la porte principale SANGéDATSOUMO N du temple ZOJOJI doit se dresser devant vous. Maintenant, vous devez être au bord du parc Shiba et avez devant les yeux son entrée principale. Et puisqu'en règle générale, la circulation automobile vous empêche quelques instants de passer, profitons-en pour vous éclairer sur cette majestueuse entrée : cette structure en bois fut construite en 1622 et constitue l'un des plus anciens éléments du temple ZOJOJI depuis l'époque EDO. Haute de 21 mètres, larges de 28,7 mètres et d'une profondeur supérieure à 17 mètres, elle laisse présumer de l'échelle des autres bâtiments construits à cette époque. Levez les yeux pour apercevoir l'étage de cette entrée : vous voyez des sculptures du Bouddha Shakyamuni, des deux Bodhisattvas SAMANTABDHRA et MANJUSRI et de 16 autres disciples bouddhiques qui furent sanctuarisées à l'intérieur au 16e siècle. Et maintenant, passons sous cette porte pour entrer dans le parc SHIBA.

Historique du temple zojoji et du Parc Shiba

Nous allons vous donner quelques précisions sur l'histoire du parc SHIBA et du temple ZOJOJI. Il s'agit d'un des plus anciens parcs du Japon, car il fut ouvert au public en 1873 au même moment que les parcs UENO (OUéNO), ASAKOUSA, FOUKOUGAWA et ASUKAYAMA. Sa superficie n'a cessé d'être rognée par les édifices religieux du ZOJOJI et par les constructions d'établissements hôteliers en 1964 et 2004. Ainsi, il ne reste plus qu'une ceinture de verdure autour du temple et le terme : « Parc » ne correspond pas à l'image que vous attendiez probablement, n'est-ce pas ?  Le ZOJOJI reste le temple principal du mouvement bouddhiste JODO SHOU, dit « de la terre pure ». Très bien, mais qu'est-ce que cela signifie ? Et bien, revenons aux 12e et 13e siècles. Et plus précisément en 1185 : nous sommes à la fin de la période HEIAN, et le Japon est en proie à une succession de catastrophes naturelles, aux famines, aux épidémies. Et même à une crise des consciences liée à l'irruption de moines belliqueux et de guerriers à la tête du pays. Bref, c'est le désordre religieux dans une société désorganisée. Des religieux éprouvent alors la nécessité de réformer ce Bouddhisme discrédité. Une flopée de mouvements apparaît sous l'influence de prêcheurs qui prétendent que -pour sauver l'humanité- il faut rendre les doctrines plus accessibles à tous les milieux sociaux. L'un d'eux -appelé HONEN- affirme que pour être sauvé des enfers bouddhiques et atteindre l'éveil, il ne faut pas étudier les textes, mais juste avoir la foi en invoquant la gloire au Bouddha Amida. « NAMU AMIDA BUTSU » , devient l'expression consacrée. Cette idée, mal reçue par la hiérarchie du mouvement TENDAI auquel HONEN appartenait depuis l'adolescence, divise le TENDAI en clans. HONEN fonde alors le JODO SHOU, la « secte » de la Terre Pure qui prône un nouveau Bouddhisme plus simple, mais révolutionnaire. Comme le grand SHOGUN TOKOUGAWA IéYASU établit son gouvernement en 1590 à EDO, l'actuelle Tokyo et qu'il était un fervent partisan du mouvement JODO SHOU, il décida d'installer en 1598 le ZOJOJI sur la zone du parc SHIBA. Ce site rattaché à la famille militaire TOKUGAWA devint un centre de gestion administrative qui contrôlait les études religieuses et grammaticales de milliers d'étudiants. Le site s'étendait à l'époque sur 826.000 mètres carrés incluant 46 temples annexes. Plus de 3000 prêtres et élèves y résidaient en permanence. La fin du règne de la famille TOKUGAWA et l'ouverture de l'ère MEIJI en 1868 renforcèrent les mouvements anti-bouddhisme, le ZOJOJI fut abandonné puis brûlé par les raids aériens de la Seconde Guerre mondiale. Les bâtiments que vous voyez donc à ce jour sont d'une construction relativement récente. Ce lieu demeure cependant encore le centre actif principal des adorateurs du mouvement de la Terre Pure.

L'architecture du Temple Zojoji

Et revenons-en maintenant à la visite ! En face de vous, au fond de la cour, se dresse le DAIDEN (DAILLE DEN). C'est le bâtiment principal, qui fut reconstruit en 1974. La combinaison d'une architecture bouddhique traditionnelle avec des matériaux modernes est remarquable. Et la vue du temple avec la tour de Tokyo juste derrière donne une image saisissante du mélange de la tradition et de la modernité au Japon. Regardez attentivement le temple. Nous allons essayer de voir ce qui fait la spécificité de cette architecture. Comme le temple grec, le temple japonais est construit pour être vu de l'extérieur: le fidèle reste à l'entrée pour faire ses dévotions. C'est d'ailleurs un peu pour cela que la toiture se prolonge même au devant de la porte centrale en une sorte de marquise supportée par des colonnes. Comme cela, elle abrite le fidèle qui appelle le dieu d'un coup de gong, le salue, frappe dans ses mains pour le congédier et s'en va. A l'intérieur, tout est noyé dans une demi-obscurité. L'énorme toiture, qui déborde à l'extérieur sur le monument, l'écrase et en dissimule les détails. Elle est supportée tantôt par des poteaux carrés, tantôt comme ici par des colonnes rondes, munies à leur pied d'un simple tore garni de métal et dépourvues de chapiteau à leur sommet. Est-ce qu'un détail vous surprend sur le toit ? Oui, en effet les 2 cornes. Vous vous demandez peut-être à quoi servent ces deux « cornes » de chaque côté ? Et bien elles sont destinées à chasser les démons. Pour un Occidental, un tel édifice religieux est étonnant. Pas d'élan vertical comme dans nos églises, au contraire, on a le sentiment que le temple est écrasé par son toit. Alors qu'en Occident, l'architecture religieuse a évolué dans le sens d'une élévation de plus en plus grande au fur et à mesure que les techniques se perfectionnaient, les temples bouddhistes sont trapus, ancrés dans le sol. Et ce, pour une raison simple : les églises s'élèvent vers le ciel pour guider le fidèle vers Dieu ; mais pour les bouddhistes, « Dieu » n'habite pas un lieu précis, il n'est pas plus dans le ciel qu'ailleurs. C'est la Nature entière qui contient le spirituel et le temple doit être une image de l'harmonie entre ses différents éléments. Bon. Et puis il y aussi des raisons plus pratiques : car nous sommes au pays des tremblements de terre : on y préfère les bâtiments qui ont des assises solides, bien larges et stables !

L'intérieur du Temple Zojoji

Les larges escaliers qui mènent au grand hall vous permettront de monter au temple. Vous pouvez aller vous asseoir à l'intérieur, face à la grande image HONZON du Bouddha AMIDA. Vous êtes face à la statue du Bouddha ? Elle fut réalisée sous l'époque MOUROMATCHI qui s'étend de 1338 à 1600. A la gauche du Bouddha se tient une représentation de HONEN, le fondateur du mouvement de la Terre Pure tandis qu'à sa droite se dresse une image de SHAN TAO, le moine qui perfectionna la doctrine du Bouddhisme JODO SHU en Chine. Si vous avez la chance d'assister aux préparatifs d'un office religieux, attardez-vous un peu dans ce lieu de prière. A présent si vous le souhaitez, sortez du hall pour contourner le bâtiment en restant sur la terrasse couverte pour obtenir un point de vue sur la base de la TOKYO TOWER. Une fois parvenus derrière le grand hall, en vous penchant à la balustrade, vous devez apercevoir un cimetière pour adulte dont la particularité réside dans les lattes de bois sur lesquelles figurent des prières pour le repos des âmes. Faites maintenant le tour complet du bâtiment, descendez les marches, puis une fois en bas, bifurquez à gauche.

Le Jizo

de bonnets tricotés en laine rouge, de capes et de bavoirs. Quel étrange cortège de petits personnages, n'est-ce pas ? Chaque statue est un JIZO, c'est-à-dire qu'elle représente l'âme d'un enfant mort-né, avorté ou décédé en bas âge. Devant le JIZO se trouve un petit vase permettant de lui offrir des fleurs et un support cylindrique pour dresser un moulin à vent coloré qui tourne au moindre vent. Le passage du dieu du vent dans les moulins signifie que le souffle de la vie continue pour ces petites âmes. Parfois, d'autres offrandes plus matérialistes prennent place aux pieds des statuettes : il peut s'agir de jouets, de friandises, de jus de fruits ou de petite monnaie. Les mères repentantes s'attachent à ces figurines et leur apportent des soins, à l'occasion. Notons que dans toute l'histoire du Japon, les avortements, les adoptions et les abandons d'enfants étaient des pratiques courantes et vraisemblablement pas taboues. Les motifs, bien que divers et variés, permettaient surtout à des clans de s'agrandir et à certaines familles de faire perdurer le nom et le blason. Une autre raison invoquée à la présence de ces sépultures pour les âmes des foetus serait l'absence de contraceptifs oraux sur le territoire nippon jusqu'à 2007. En effet, les autorités sanitaires ne viennent de lever l'interdiction de la pilule que très récemment dans le pays. L'avortement était donc une pratique répandue et entrée dans les moeurs.

Daibonsho, le bâtiment de la grande cloche 

A présent, dirigeons vers la sortie et traversons la cour vers la porte principale. Vous devez apercevoir en face un petit pavillon dont la toiture repose sur des piliers rouges scellés dans une estrade en pierres. Et vous voyez un petit escalier au milieu qui reste fermé par une barrière en bois. C'est le DAÏBONSHO ! De quoi s'agit-il ? C'est le « bâtiment de la grande cloche ». Terminé en 1673 après 7 tentatives pour le réaliser, ce pavillon est connu pour la taille de sa cloche : 333 centimètres de haut, 176 centimètres de diamètre, 15 tonnes, bref l'une des trois plus grandes cloches de la période Edo. Elle produit un son très grave et retentit six fois chaque matin et en fin d'après-midi. L'usage veut qu'elle serve à purifier les 108 passions terrestres qui détournent l'esprit des hommes. Voilà, c'est ici que notre visite s'arrête. Si vous sortez du temple ZOJOJI par la grande porte SANGEDATSUMON, vous pouvez soit regagner un métro soit décider de prolonger la découverte du quartier en gagnant la Tokyo Tower.


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