Decouverte des insolites dans le quartier saint-paul



Informations pratiques sur la découverte des Insolites dans le quartier Saint-Paul

La promenade débute devant l'église saint Paul - saint Louis au 99, rue Saint Antoine. Vous pouvez descendre au Métro St Paul-Le Marais sur la ligne 1.

Découverte des insolites dans le quartier Saint-Paul : introduction

Partons ensemble à la découverte de la partie sud du quartier du Marais. Il recèle des trésors : un village d'antiquaires à l'abri des regards, un impressionnant fragment de l'enceinte médiévale de Philippe Auguste, la maison d'une célèbre empoisonneuse du temps de Louis 14 et bien d'autres lieux insolites.

Le quartier et l'Église Saint-Paul

Ancienne voie romaine, la rue Saint Antoine traverse de part en part le quartier du Marais. Mais d'où vient ce nom de Marais ? Et bien, ce nom rappelle, qu'à l'époque médiévale, ce quartier était surtout occupé par des cultures maraîchères qui, notons-le au passage, dépendaient principalement de communautés monastiques. Dès la fin du 14ème siècle, comme nous le verrons, les rois de France s'y installèrent et pour trois siècles, l'aristocratie les y rejoignit. Revenons à présent à cette église saint Paul - saint Louis devant laquelle vous vous trouvez en ce moment. Elle fut construite au 17ème, non pas pour les habitants du quartier, mais comme chapelle, évidemment grandiose, de la communauté religieuse des Jésuites.

Histoire de l'Eglise Saint-Paul

Parlons un instant de cet ordre des Jésuites. Il est fondé en 1540 par l'espagnol Ignace de Loyola, la compagnie de Jésus, plus connue sous le nom d'ordre des Jésuites, avait pour but de défendre la doctrine catholique face au succès croissant et inquiétant du protestantisme. A Paris, les Jésuites s'installèrent en 1580, mais, quinze ans plus tard, ils furent obligés de quitter la France. Le roi Henri 4 les accusant d'avoir incité l'un de leurs élèves, Jean Chatel, à tenter de l'assassiner. Pour ce crime présumé, ils furent chassés du royaume. Quelques années plus tard, en 1606, l'affaire oubliée, Louis 13 les autorisa à revenir en France. Témoin de leur retour en grâce, de nouveaux bâtiments furent construits en bordure de la rue Saint-Antoine. Et c'est le roi Louis 13, lui même qui, en 1627, posa la première pierre de la nouvelle église. En 1641, il tint à assister en personne à la première messe célébrée dans l'édifice flambant neuf et placé, pour la circonstance, sous le patronage de saint Louis. Le frère Martellange, à la fois architecte et Jésuite, en fournit les plans, mais il fut remplacé alors que les travaux étaient loin d'être achevés. Son successeur, le père Derand, les termina en édifiant la coupole et la façade. Très vite, cette église, dite des grands jésuites, acquit une renommée considérable. Cette renommée : à quoi était-elle due ? Très certainement, il y avait le talent de ses orateurs qui, comme le célèbre Bourdaloue, attiraient à leurs prêches une foule considérable ; mais il y avait aussi la qualité des concerts de musique sacrée, souvent dirigés par Marc Antoine Charpentier ; enfin, la profusion de ses oeuvres d'art devait aussi renforcer cette réputation. En bref, tout cela en fit un des hauts lieux de la vie spirituelle parisienne. Mais cette prospérité fut de courte durée: une sombre affaire de détournement de fonds amena en 1762 le parlement de Paris à prononcer un nouvel arrêt d'expulsion des Jésuites. Leur domaine fut alors donné à la communauté voisine des religieux de Sainte-Catherine du val des écoliers. Saccagée à la Révolution, l'église devint finalement paroisse en 1802 sous le nom de Saint Paul-Saint Louis, vocation qu'elle a conservée jusqu'à aujourd'hui. En 1795, une école, ancêtre de l'actuel lycée Charlemagne, fut installée dans les bâtiments où résidaient à l'origine les Jésuites.

L'Architecture de l'Église Saint-Paul

Nous allons faire ici une courte analyse de l'architecture de l'édifice. Son plan est très simple, la nef, c'est-à-dire l'espace où se tiennent les fidèles, est composée de quatre travées avec des chapelles latérales. Le transept, partie de l'église coupant l'extrémité de la nef pour former une croix, est très peu saillant. Le choeur enfin, où le prêtre célèbre la messe, se termine par un demi-cercle quasi parfait. En revanche, sa décoration sculptée est très exubérante. Ce contraste traduit parfaitement la forte influence de l'Italie baroque qui prédomina dans l'architecture parisienne sous le règne de Louis 13. Rappelons que les Jésuites jouèrent alors un rôle fondamental dans la transmission en France des modèles italiens. Ainsi, si vous connaissez Rome, vous retrouverez ici de nombreux éléments empruntés à l'église du Gésu, la première église construite pour la communauté jésuite, et qui fut une véritable source d'inspiration pour les auteurs de cette église saint Paul - saint Louis. C'est sans doute la monumentale coupole du transept qui révèle le mieux cette filiation. Rappelons au passage que la tradition française a pendant très longtemps ignoré les coupoles. Après les timides essais du couvent des Petits Augustins et de saint Joseph des Carmes, c'est aux Jésuites du Marais que l'on doit donc le premier dôme d'importance qui s'éleva dans le ciel de Paris. Et c'est celui que vous avez sous les yeux.

L'intérieur de l'Église Saint-Paul

Maintenant, rendez-vous sous la coupole pour bien apprécier l'harmonie de ses proportions. Ensuite, dirigez-vous vers le bras gauche du transept, c'est à dire à gauche lorsque vous êtes dos à l'entrée de l'église. Dans ce bras gauche du transept, une inscription gravée sur une plaque de pierre rappelle le souvenir du fameux prédicateur Bourdaloue mentionné précédemment. Les dames de la cour se pressaient à ses sermons et, pour ne pas en perdre une miette, emportaient avec elles un récipient en faïence, baptisé ironiquement «Bourdaloue», dont elles se servaient pour éviter de s'absenter si elles ressentaient quelques besoins bien naturels. A côté, deux tableaux, accrochés à mi-hauteur, méritent de retenir quelques instants votre attention. Côté nef, une toile de Simon Vouet représente Saint Louis recevant la couronne d'épines des mains du Christ. Allons la voir. Elle fait partie des oeuvres d'art commandées par les Jésuites pour décorer cette église lors de sa construction. La chatoyance des couleurs et la théâtralité des attitudes traduisent une nouvelle fois le goût pour le baroque qui règne dans toute l'église. Quand nous aurons fini de la regarder, nous irons juste en face voir une toile de Delacroix.. Juste en face donc à même hauteur, se trouve le Christ au Mont des Oliviers peint en 1826 par Eugène Delacroix, qui est, rappelons-le, le peintre de quelques-uns des tableaux les plus célèbres du 19e siècle comme « La Liberté guidant le peuple » ou « la mort de Sardanapale ». Regardons bien les personnages : leurs sentiments se lisent sur leur visage. L'air mélancolique des anges et l'attitude pathétique de Jésus nous plongent directement dans l'univers du Romantisme fondé sur l'expression des sentiments et des émotions. Sur ce plan, la peinture de Delacroix répond à l'atmosphère des poèmes de Victor Hugo ou d'Alfred de Vigny. En dessous de ce tableau s'ouvre une chapelle dont l'autel est orné d'une étonnante statue en terre cuite de Marie. Elle date de 1586, période à laquelle l'église n'était pas encore construite. Elle provient de l'abbaye royale de Saint-Denis et en fut enlevée à la révolution. Après de nombreuses pérégrinations, elle fut finalement installée dans cette chapelle. La fluidité des draperies de Marie et le refus systématique de toute ligne droite rattachent cette oeuvre au style des artistes du château de Fontainebleau, construit sous le règne de Henri II. Nous sommes très éloignés des représentations de Marie de la fin du moyen-âge où les sculpteurs soulignaient souvent l'aspect longiligne du corps. Peut-être l'artiste a'il voulu ici donner à Marie une pesanteur toute terrestre, symbole de ses souffrances au moment de la mort de son fils. Revenez sur vos pas et avant de sortir de l'église, jetez un coup d'oeil aux deux bénitiers. Même s'ils n'ont en apparence rien d'exceptionnel, ils méritent d'être mentionnés, car c'est Victor Hugo, qui résidait à proximité place des Vosges, qui les a offerts à la paroisse, peut-être pour se faire absoudre de ses infidélités conjugales!

La façade de l'Église Saint-Paul

Une fois sortis de l'église, retournez-vous pour contempler sa façade monumentale . Par sa structure assez rare à trois étages, elle rappelle celle de Saint-Gervais, la paroisse toute proche de l'Hôtel de Ville. C'est surtout par la richesse de sa décoration sculptée qu'elle attire l'attention. A son sommet, une statue de Saint-Louis, datant du 19e siècle est surmontée des armes de France et de Navarre. La curieuse horloge de bronze dorée date de 1627 et rythme encore de nos jours les activités des habitants du quartier. En tournant le dos à la façade, dirigez-vous sur la droite jusqu'à la première rue à droite, qui est la rue Saint-Paul. Prenez cette rue St Paul et marchez jusqu'au niveau du numéro 32, c'est-à-dire à l'intersection avec la rue neuve Saint-Pierre. Là, levez les yeux pour voir sur le pan de mur les derniers vestiges du clocher de l'ancienne église Saint Paul à qui le quartier tout entier doit son nom. Même s'il faut faire preuve de beaucoup d'imagination pour reconstituer l'aspect que cette église pouvait avoir au moyen âge, n'oublions pas qu'elle fut, de 1361 à 1559, la paroisse des rois de France et qu'y furent baptisés pratiquement tous les enfants royaux jusqu'au règne de Louis 11. C'est la proximité de l'hôtel saint Paul, où ont résidé le roi Charles 5 et ses successeurs et que nous visiterons un peu plus tard, qui explique cette vocation prestigieuse. Elle fut saccagée à la Révolution puis détruite en 1799. Elle laissa son rang de paroisse à l'ancienne église des Jésuites que nous venons de visiter et qui porte désormais le double nom saint Paul - saint Louis.

La rue Charlemagne

Continuez à descendre la rue Saint-Paul en restant sur le trottoir de droite jusqu'à la rue Charlemagne, que nous allons emprunter. A l'origine simple chemin, cette rue est bordée à gauche par de vieilles maisons qui ont gardé leur aspect du 15e siècle. Un peu plus loin, une jolie fontaine de 1846 agrémente le trottoir de droite. Près de la fontaine, en traversant la rue pour être sur le trottoir de gauche, retournez-vous : vous pouvez de là apprécier les élégantes proportions de la coupole saint Paul-Saint-Louis qui domine les toits des immeubles environnants. Face à vous, vous verrez un vaste terrain de sport cerné par trois rues. Sur un seul côté, un pan de mur est bien dégagé. Il s'agit en fait d'un vestige de la plus vénérable enceinte de Paris, l'enceinte dite de Philippe-Auguste. Un bref rappel historique s'impose. Le roi Philippe-Auguste, partant pour la troisième croisade en 1389, décida, avant son départ, de mettre Paris à l'abri d'une éventuelle incursion de troupes ennemies, en l'occurrence anglaises. D'où la construction de cette enceinte, commencée en 1190 sur la rive droite, continuée vers 1200 et terminée en 1213. A l'ouest de Paris, la forteresse nouvellement édifiée du Louvre surveillait les abords de la capitale alors qu'à l'est , moins exposé, un simple rempart percé d'une poterne, marquait les limites de Paris. Ce rempart était constitué de deux murs de pierres taillées : le premier, à l'extérieur, était parfaitement vertical alors que le second, situé côté ville, était légèrement incliné. A neuf mètres au dessus du sol, le sommet formait un chemin de ronde dallé et crénelé. Cette enceinte perdit toute fonction défensive au 14ème siècle, c'est à dire au moment où la population parisienne de plus en plus nombreuse dut s'installer au delà de son périmètre. La nécessité de la construction d'un nouveau système défensif s'imposa alors. D'où l'enceinte dite de Charles 5, beaucoup plus longue qui, à la fin du 14e siècle, ceintura Paris du Louvre à la prison de la Bastille. De nouvelles maisons s'adossèrent à l'ancien rempart, c'est-à-dire à celui que vous observez maintenant. Leur destruction permit de le remettre à jour en plusieurs endroits et notamment ici. Juste à cet emplacement se situait une poterne, c'est-à-dire une porte monumentale protégée par deux tours latérales.

L'hôtel de Sens

Restez sur la rue Charlemagne et arrêtez-vous, un peu plus loin à droite, à l'entrée de la rue du Prévôt. Vous voici à l'entrée de la rue du Prévôt. Très étroite elle doit son nom à l'un de ses habitants célèbres, Hugues Aubriot, prévôt des marchands ou si vous préférez maire de Paris au 14e siècle. Continuez dans la rue Charlemagne jusqu'à la prochaine intersection. A gauche, empruntez la rue du figuier, le figuier en question a été enlevé au début du 17e siècle- A son extrémité, donnant sur une petite place, se dresse la façade d'un des rares hôtels particuliers du moyen-âge encore debout à Paris : c'est l'Hôtel de Sens. Traversez la rue Fauconnier et rejoignez le début de la rue de l'Ave Maria, en face. Vous voici au début de la rue de l'Ave Maria. De là, vous aurez le recul suffisant pour apprécier au mieux la façade de ce fameux hôtel de Sens. Un mot de son histoire tout d'abord. Jusqu'en 1622, Paris n'était qu'un évêché qui dépendait de l'archevêque de Sens. Celui-ci, ayant plus de travail à Paris qu'à Sens, résidait la plupart du temps dans son hôtel parisien. En 1475, Tristan de Salazar, à la fois compagnon d'armes de Louis 12 sur les champs de batailles italiens et archevêque de Sens, fit abattre l'ancien hôtel qu'il jugeait totalement démodé. Son goût pour les arts et pour le faste l'amena à le faire reconstruire dans un style résolument moderne. Achevé en 1519 sous le règne de François Ier, le nouvel hôtel fut vite considéré comme l'un des plus beaux bâtiments du Paris de la Renaissance, comme en témoignait une inscription gravée sur ses murs et effacée depuis : «Tristan, avec un art tout nouveau, releva ce sublime édifice dont la vétusté consommait la ruine. Si le ciel accorde de longs jours à ce grand homme, sa mémoire sera partout célèbre dans la postérité». Ce souhait fut exaucé puisque Tristan de Salazar mourut à 87 ans après une vie particulièrement bien remplie. Par la suite, délaissé par Renaud de Beaune, l'archevêque de Sens des années 1600, l'hôtel fut loué à la fameuse reine Margot, l'épouse répudiée d'Henri IV. Elle en fit rapidement un véritable tripot, fréquenté par une faune aux moeurs plutôt douteuses. Bien qu'elle eût plus de cinquante ans, l'ex-reine n'y était pas la dernière à se livrer à la débauche en compagnie de ses très jeunes amants. Le chroniqueur Tallemant des Réaux en a laissé un portrait impertinent, mais très évocateur : «Elle était coiffée de cheveux blonds, d'un blond filasse blanchi sur l'herbe. Pour cela, elle avait de grands valets de pied blonds que l'on tondait de temps en temps. Elle avait toujours de ces cheveux là dans sa poche de peur d'en manquer ». En 1605, elle changea de terrain d'action et alla s'installer dans l'hôtel du Pré-aux-Clercs, qu'elle venait de se faire construire de l'autre côté de la Seine. Lorsqu'en 1622, Paris devint enfin un archevêché, l'hôtel de Sens fut abandonné par ses premiers propriétaires. Des artisans et divers boutiquiers s'y installèrent alors. En 1911, la ville de Paris le racheta et y fit des travaux de restauration, au demeurant plutôt discutables afin d'y installer la bibliothèque Forney. La façade de l'hôtel est peut-être la partie qui a le moins souffert. Remarquez notamment les deux élégantes tourelles qui atténuent agréablement l'impression générale d'austérité de l'ensemble.

La cour de L'hôtel de Sens

Rentrons maintenant dans la cour de l'Hôtel. Au fond de la cour, le corps de bâtiment central était réservé à l'origine aux appartements de réception des archevêques: les débuts de la Renaissance y sont perceptibles, entre autres dans les vastes fenêtres à meneaux du premier étage. En sortant, faites le tour de l'Hôtel et tournez à droite sur la rue de l'Hôtel de Ville pour voir le revers de la façade. Vous y verrez, en haut des fenêtres, les armoiries des archevêques de Sens. Puis longez le jardin pour revenir rue du figuier.

Le village Saint-Paul

Vous voici dans la rue de l'Ave Maria. Ce nom quelque peu inhabituel s'explique par la présence en ces lieux d'une communauté religieuse de béguines, femmes pieuses se consacrant à la prière et aux oeuvres charitables, mais ne vivant pas cloîtrées. Au niveau du numéro 15, une salle de jeu de paume avait été aménagée au 16e siècle le long de l'ancienne enceinte de Philippe-Auguste que nous avons évoquée précédemment. En 1645, Molière, venant du jeu de paume des Métayers, situé rive gauche, s'y installa avec sa troupe « l'Illustre Théâtre ». Mais ses créanciers le poursuivirent sans répit et le firent emprisonner pour dettes dans la prison du Grand- Châtelet. Libéré, il dut quitter Paris et sillonna pendant douze ans les routes de France avant de pouvoir regagner la capitale. Maintenant, continuez sur la rue de l'Ave Maria puis tournez à gauche, rue des Jardins Saint-Paul. D'un côté, sur la gauche, vous reconnaissez le rempart de Philippe-Auguste. De l'autre, sur la droite, un passage permet d'accéder à l'actuel village Saint-Paul où se sont installés de nombreux antiquaires. Une description historique de ce village Saint-Paul s'impose. Il a été crée en 1358, alors que le roi Jean le Bon était retenu prisonnier en Angleterre, Paris, sous la bannière du prévôt Etienne Marcel, se révolta contre l'autorité de son fils, le dauphin Charles. Une nuit, le palais de l'île de la Cité, où résidait Charles, fut envahi par les émeutiers et le malheureux adolescent ne dut son salut qu'à la fuite. Vite désavoué, même par ses partisans les plus acharnés, Etienne Marcel fut assassiné et le dauphin fit son retour à Paris acclamé par la population. Une fois devenu roi, à la mort de son père, il s'empressa de quitter le palais de ses ancêtres, beaucoup trop exposé en cas de révolte de la population parisienne. Il le confia aux bons soins d'un concierge et s'installa de l'autre côté de la Seine, non plus dans une seule, mais dans trois résidences royales. A l'ouest, la vieille forteresse du Louvre se transforma en un somptueux palais consacré aux activités politiques et intellectuelles. A l'est, le château de Vincennes conserva une fonction défensive. Enfin, dans le marais, Charles 5 fit l'acquisition de plusieurs terrains appartenant à des particuliers ou à des monastères. Le tout formant un enclos, appelé hôtel Saint-Paul, s'étendait de la rue Saint-Antoine à la Seine. Il ne s'agissait pas d'un véritable palais au plan régulier, mais d'un ensemble hétéroclite de logis et d'appartements réunis par une douzaine de galeries et de préaux au milieu d'un vaste parc. Dans ces jardins, des volières, des cages pour des animaux sauvages et même un aquarium suscitaient l'émerveillement des invités du roi. Les visiteurs découvraient aussi deux chapelles, l'une pour le roi, ornée des statues des apôtres, et l'autre entièrement peinte pour son épouse. C'est dans cette résidence que Charles 5 recevait ses hôtes de marque. Ainsi en 1378, l'empereur Charles 4 de Luxembourg y fut accueilli fastueusement. Mais ses fastes ne durèrent pas longtemps et à la mort du roi, en 1380, son successeur Charles 6 sombra peu à peu dans la folie. Seules quelques rares fêtes égayèrent désormais l'hôtel Saint-Paul où le roi vivait ordinairement tapi sous la domination de son frère Louis d'Orléans ou de son épouse, la redoutable Isabeau de Bavière. Quasi abandonné de tous, Charles mourut enfin en 1422 laissant son royaume aux mains du roi d'Angleterre. L'hôtel Saint-Paul fut progressivement morcelé et, coup de grâce, François Ier finit par vendre à des particuliers ce qui restait des bâtiments. De nouvelles maisons les remplacèrent et, à part le nom des rues avoisinantes -rue Charles 5, rue des lions, rue des jardins Saint-Paul- plus rien ne subsiste des fastes de la résidence de Charles 5. Mais laissons là toute nostalgie. Il y a une trentaine d'années, des antiquaires décidèrent de redonner à ce lieu son cachet. Les façades des immeubles furent alors nettoyées. Les cours furent débarrassées des voitures qui s'y garaient abusivement. Le village Saint-Paul était né.

La rue des Lions

Revenons maintenant dans la rue de l'Ave Maria sur la gauche et rejoignons rapidement la rue Saint-Paul De là, tournez dans la première rue à droite, la rue des Lions St Paul. Son nom rappelle soit la ménagerie royale, soit les lions peints en 1364 sur la porte principale de l'hôtel Saint-Paul. De chaque côté, des immeubles essentiellement de la première moitié du 17e siècle, témoignent de cette période faste où l'aristocratie avait élu résidence dans le Marais. Avancez dans cette rue en ne manquant pas d'admirer au passage les façades harmonieuses rehaussées parfois de motifs sculptés et essayez, dans la mesure du possible, de pénétrer dans les cours si elles sont ouvertes. Tentez notamment votre chance au numéro 11 où résida la célèbre Madame de Sévigné dont les lettres adressées à ses amis de la noblesse constituent un précieux témoignage sur la France du règne de Louis 13.

La rue Beautreillis

Allez ensuite jusqu'au bout de la rue des Lions. À gauche s'ouvre la rue Beautreillis, emplacement présumé des vignes de l'hôtel Saint-Paul. Les vignes étaient portées par des treillis, d'où le nom de la rue. Empruntez là sur quelques mètres avant de vous engager à gauche dans la rue Charles 5. De nouveau, de belles façades de style classique vous y attendent. Mais ne vous y trompez pas. Le crime et le meurtre ont parfois élu domicile derrière ces murs en apparence si respectables. Ainsi, au numéro 12, c'est l'une des plus illustres empoisonneuses de tous les temps qui s'y livra à ses coupables activités. Fille d'un notable parisien, la jeune Marie-Madeleine de Dreux-d'Aubray épousa en 1651 le marquis de Brinvilliers; homme respectable, s'il en fut, mais fort ennuyeux selon certains. Avec l'aide de son amant, le chevalier Godin, qui la consolait des rigueurs de son époux, elle expérimenta sur sa belle famille les vertus de «la poudre de succession » aux effets infaillibles. Devant la multiplication des décès dans l'entourage de la belle marquise, des soupçons de plus en plus précis d'empoisonnement virent le jour. Finalement arrêtée, jugée et reconnue coupable, elle fut décapitée puis brûlée place de grève, actuellement place de l'Hôtel de Ville. Laissons pour finir la parole à la marquise de Sévigné, sa voisine de la rue des lions : « Enfin, c'en est fait !!, la Brinvilliers est en l'air: son pauvre petit corps a été jeté, après l'exécution, dans un fort grand feu, et ses cendres : au vent ! De sorte que nous la respirons et qu'il va nous prendre quelque humeur empoisonnante dont nous serons tous étonnés» Inutile de s'attarder pour vérifier les prédictions de Madame de Sévigné ! Et dans le doute, regagnons vite la rue Saint-Paul que nous apercevons là-bas au bout de la rue Charles V. En tournant à droite, vous retrouverez aisément le chemin de l'église Saint-Paul Saint-Louis, havre de sainteté et de piété.


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