Florence Insolite et Secrète : Santissima Annunziata



Une balade culturelle à Florence en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus, et pourtant, situés en plein cœur de la cité florentine. A quelques minutes de marche du Duomo, la piazza della Santissima Annunziata mérite bien que l'on s'attarde dans le détail sur différents monuments :

Le cloître des morts

“Le cloître isolé de l’église des peintres”

cloitre des mortsPour conclure la visite du complexe architectural de la Santissima Annunziata, il est possible d’accéder, par le transept gauche, a une partie méconnue de l’église, au nom pour le moins significatif : le cloitre des morts.
Cette partie isolée du couvent comporte non seulement de nombreuses pierres tombales, mais aussi, au-dessus de la porte qui s’ouvre sur l’église, la magnifique Madone au Sac d’Andrea del Sarto, ainsi qu’un cycle de peintures à fresque du XVIIIe siècle, qui illustre divers épisodes des Histoires, des Servites de Marie (Servi di Maria).
Par le cloitre, on accède d’autre part à la chapelle de la Compagnie de Saint-Luc, la confrérie des peintres florentins, précurseur de l’Académie des beaux-arts et du dessin que Cosme Ier fonda par la suite. Au sein du plus important sanctuaire marial florentin du XVIeme siecle, vinrent ainsi travailler tour a tour les meilleurs artistes : Andrea del Sarto, Pontormo, Rosso Fiorentino, Luca Giordano, Bronzino, le Pérugin, Vasari et tant d’autres, y compris des Flamands et des Allemands.
Dans l’enceinte de la Santissima Annunziata, les peintres réalisèrent des scènes et des épisodes singuliers de la vie religieuse, comme en témoigne notamment la légende de la Vierge de frère Bartolomé. Certains artistes, comme Baccio Bandinelli, le Flamand Jan van der Straet ou le Français Giambologna y ont ete enterrés, et Domenico Passignano alla jusqu’a décorer sa future tombe. Parmi les personnages de L’arrivée des Rois mages du cloitre des ex-voto, on remarquera un autoportrait d’Andrea del Sarto et le portrait de son ami Jacopo Sansovino.

La détérioration volontaire d’un tableau
Une partie du tableau intitulé Le mariage de Marie de Franciabigio est abimée. Le dégât est dû à Franciabigio lui-même, qui voulut ainsi laisser la trace de sa colère envers les moines qui avaient pris l’habitude de le surveiller pendant qu’il peignait : une autre manière d’intervenir « religieusement » dans une œuvre, que l’on apprécia beaucoup moins que celle de Bartolomé.

  • Infos pratiques :
  • Église de la Santissima Annunziata Piazza Santissima Annunziata
  • Ouvert de 7 h à 13h et de 16 h à 19 h. Eu égard à la célébration des messes, mieux vaut visiter l’église de 16 h à 17 h
  • Pour accéder au cloitre des morts, aller jusqu’ au fond de l’église, à gauche : l’entrée se trouve derrière un rideau rouge

Le tour d’Abandon

“De 1445 à 1785...”

tour d'abandonLe Spedale degli Innocenti (hôpital des Innocents) est désormais connu dans le monde entier non seulement grâce à son musée (où figurent quelques belles oeuvres d’art) et parce que l’UNICEF y a établi son centre d’études international sur les problèmes de l’enfance, mais surtout pour son célèbre « tour d’abandon », où l’on abandonnait les nouveau-nés indésirables, qu’une famille ou plus souvent des femmes seules, réduites à vivre dans l’indigence, ne pouvaient prendre en charge. Ce système permettait d’accomplir ce geste désespéré sous le couvert de l’anonymat.
Le tour était une espèce de guichet au cylindre tournant, situé sous les arcades à gauche de l’entrée de l’hôpital, et muni d’une cordelette reliée à une clochette pour annoncer l’abandon d’un bébé, afin d’éviter qu’il ne soit trop longtemps exposé au grand air. Le cylindre en tant que tel a aujourd’hui disparu, mais le guichet n’a pas changé depuis le 5 février 1445, jour où l’on accueillit le tout premier « innocent », une petite fille baptisée Agata, sainte dont on célébrait ce jour-là la fête. Ce système ne fut aboli qu’en 1875, bien après l’unification italienne et la période où Florence était la capitale du Royaume. Une plaque éloquente évoque aujourd’hui cette pratique.
L’orphelinat des Innocents n’était cependant pas l’ultime destination des nouveau-nés : une fois recueillis dans le tour, on les envoyait ensuite à la Loggia del Bigallo, près du Dôme, où ils étaient exposés afin d’être éventuellement adoptés par des Florentins ou de permettre aux parents en proie aux remords de revenir sur leur décision et de reprendre leur progéniture.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la beauté de cette tour d’abandon, comme s’ il s’agissait moins d’un instrument d’assistance socia le que d’un précieux témoignage des arts mineurs. Les Florentins la surnommaient affectueusement la mangiatoia (la mangeoire), un terme qui évoque Noël, et même la crèche, alors qu’il désigne un lieu certes dramatique mais révélateur des progrès de l’assistance sociale.

  • Infos pratiques :
  • Spedale degli Innocenti
  • Piazza della Santissima Annunziata

Les roues d’abandon
roue d'abandonDès 787, Dateo, prêtre à Milan, aurait placé une coquille à l’extérieur de son église afin d’y recueillir les enfants abandonnés afin d'y recueillir les nouveaux-nés abandonnés. Si ensuite les premières initiatives organisées pour accueillir les enfants abandonnés eurent lieu à l’hospice des Chanoine à Marseille à partir de 1188, c’est le pape Innocent III (1160-1216, pape de 1198 à sa mort) qui institutionnalisa cette pratique. Témoins du terrible spectacle cadavres d’enfants abandonnés qui flottaient sur le Tibre à Rome, il décida de mettre en œuvre des procédures pour les sauver.
Installées aux portes des couvents et conçues pour préserver l’anonymat des parents contraints à cette extrémité, les « roues des innocents » étaient composées d’un berceau rotatif accessible de l’extérieur. On y plaçait l’enfant et, en actionnant une sonnette, on alertait les sœurs, qui prévenues, pouvaient alors faire tourner la roue que le bébé se retrouve à l’intérieur du couvent. Notons que l’accès à la roue était protégé par une grille calibrée pour ne permettre le passage qu’à des nouveaux nés de petites tailles…
Le pape Grégoire VII, Gengis Khan et Jean-Jacques Rousseaux furent parmi les bébés abandonnés les plus célèbres. Abandonnés à partir du XIXeme siècle, ce système a dû être récemment remis en service un peu partout en Europe à cause de la forte recrudescence de l’abandon d’enfants. On peut voir des roues d’abandons historiques au Vatican, à Pise et à Florence (voir les guides Toscane insolites et secrète et Rome insolite et secrète chez le même éditeur), Bayonne (voir Pays basque insolite et secret) et à Barcelone (voir Barcelone insolite et secrète).

Façade du palais Zuccari

La façade Abracadabrante de l’Institut d’art allemand

façade ZuccariEntre la piazza D’Azeglio et la piazza Santissima Annunziata, il existe un palais tout à fait unique à Florence : pendant la Renaissance, on n’aurait jamais osé imaginer des façades de palais au style éclectique et personnel, mais dès la fin du XVIeme e siècle, l’esthétique florentine ne respectait plus un canon aussi strict. Le palais Zuccari est sans doute le témoignage le plus spectaculaire de cette évolution. Le peintre maniériste Federico Zuccari ne séjourna pas longtemps à Florence où il peignit surtout l’immense fresque du Jugement dernier de la coupole du Dôme (récemment restaurée). Après avoir vécu à deux pas, dans a via Capponi, à côté de la maison où avait habité Andrea del Sarto (comme le rappelle aujourd’hui une plaque), il décida de construire un édifice pour son seul usage et selon son goût, manière d’affirmer publiquement sa personnalité artistique. Ainsi fut érigé, entre 1578 et l’année suivante, un pavillon dont la façade relève du pastiche, avec sa série d’éléments répartis d’une manière théâtrale : panneaux en briques découvertes, blocs de pierres brutes alternant avec des blocs de pierres polies, bas-reliefs où figurent les symboles de la Peinture, de l’Architecture et de la Sculpture (refaits en 1920), fenêtres aux grilles somptueuses, deux niches, bancs de pierre contre le soubassement, ainsi qu’un cartouche recouvert de crépi que Zuccari était censé peindre à fresque. Le tout ornant un édifice étroit et tout en hauteur, qui paraît encore plus incongru en regard des autres immeubles de cette rue paisible. Si Zuccari souhaitait laisser une trace insolite et indélébile de son passage à Florence, il a réussi.
Aujourd’hui, le palais Zuccari est occupé par le Kunsthistorisches Institut, l’établissement étranger d’études en histoire de l’art le plus influent à l’heure actuelle à Florence. Il dispose, entre autres, d’une des meilleures bibliothèques spécialisées dans ce domaine, avec plus de 300 000 titres, un millier de revues spécifiques que l’on aura du mal à trouver ailleurs, et une immense photothèque sur l’art italien. Un centre très prisé, en activité depuis la fin du XIXeme siècle, dont la rigueur scientifique est pour ainsi dire tempérée par l’extravagance de Zuccari.

On doit à Zuccari un autre « pavillon » excentrique, à Rome, sur la place d’Espagne, pavillon dont les fenêtres aux corniches en forme de bouches grandes ouvertes font penser à des gueules monstrueuses (voir chez le même éditeur le guide Rome insolite et secrète).

  • Infos pratiques :
  • Kunsthistorisches Institut in Florenz
  • Via Giusti 44

>> Introduction et sommaire
>> Autour de Santa Croce

Crédits photos : Waris Grifi
Tour d'abandon : Carlo Caselli


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