Gordes



Gordes : introduction

Le village de Gordes n'est pas situé dans la chaîne du Luberon stricto sensu, mais plus au nord, de l'autre cote de la vallée qui sépare le massif du Lubéron du plateau du Vaucluse. Mais tous les villages situés sur les contreforts sud de ce plateau font partie de la région du Luberon Le Lubéron est une chaîne de montagnes séparée de la Provence maritime par la vallée de la Durance. Parmi le thym et la lavande, il abrite des villages qui ressemblent à des crèches. Terre de contrastes et de couleurs, c'est le pays des petits villages perchés, des combes profondes, des champs de lavande et des moulins à huile. Chantés par les poètes, habités par les artistes, nous vous proposons la découverte du plus fameux de ses sites : le village de Gordes, considéré comme l'un des plus beaux villages de France. Perché sur son piton rocheux, du haut de ces 300 mètres, Gordes domine la vallée du Caladon. Le village semble inexorablement attiré par la vallée toute proche et dégringole la pente raide de la colline. Son histoire commence il y a 10 000 ans, à la période néolithique donc. Sur cette terre, des hommes élèvent des moutons, cultivent le blé et l'orge. Puis, venus d'Italie, arrivent les Ligures qui s'installent sur les points hauts qui dominent et surveillent les chemins d'accès. Et d'ailleurs des noms de villages comme Manosque ou Venasque sont d'origine Ligure. Entre le 7e et le 5e siècle avant Jésus-Christ, c'est au tour des celtes d'investir les lieux. Ils viennent des grandes plaines d'Europe centrale et se répandent dans toute l'Europe occidentale. Certaines tribus vont s'y fixer et au cours des siècles se mêler aux populations locales ligures. De cette fusion naîtra une nouvelle culture qu'on appelle la civilisation celto-ligure. A Gordes, c'est la tribu celte des Vordenses qui s'installe. Eux aussi occupent les points hauts. Mais, à la différence des ligures, ils protègent mieux leurs villes et les entourent d'une enceinte fortifiée en pierres sèches, défendues par un château fort ou castrum. Le village de Gordes est un exemple de ces places fortifiées celtes. Bref, désormais, c'est depuis plus de 2500 ans que des hommes ont vécu ici, reconstruisant inlassablement des nouvelles murailles sur les plus anciennes, de nouvelles maisons sur les fondations de celles de leurs lointains ancêtres, un château sur les ruines du précédent. Car au cours de l'histoire, les habitants de cette région ont toujours dû se mettre à l'abri des incursions de peuples déferlant des Alpes ou venant de la mer. Ou bien à des périodes plus récentes, ils eurent à se protéger des luttes menées par les seigneurs locaux avant d'avoir à se protéger des troubles occasionnés par les guerres de religion. La seule période qui n'obéit pas à cette règle est la période romaine : pendant 3 siècles environ, la Provence bénéficie de la pax romana, la paix romaine. Les vallées deviennent enfin des lieux exploitables où s'installent les grands propriétaires terriens. Ils se font construire des fermes-villas, souvent luxueuses, au milieu de terrains découverts. Mais à partir du 4e et du 5e siècle, l'empire romain vacille puis chute. Des troubles commencent qui seront suivis par les grandes invasions. Les villages du Lubéron remontent à l'assaut des pitons qu'ils avaient abandonnés et s'entourent de murailles. Et dès lors, cet habitat serré en haut de lieux inexpugnables, regroupé autour du château fort est devenu par la force des choses une des caractéristiques essentielles du paysage provençal. Abandonné comme beaucoup de sites difficiles d'accès au 19e, le village est sorti de l'oubli depuis l'entre 2 guerres grâce à la venue en Provence de peintres et d'artistes qui trouvent dans ses murs l'inspiration nécessaire à la création. Nous vous proposons d'en effectuer une visite à pieds bien sûr. Cette visite dans les ruelles escarpées du village vous prendra environ une heure sans entrer dans les musées et monuments. Et maintenant, vous pouvez éteindre le commentaire et le reprendre quand vous arriverez à Gordes.

L'histoire du château de Gordes.

Avant de commencer avec l' l'histoire du château de Gordes il est utile de vous donner ces quelques indications. Si vous venez par la D15 -la départementale N°15, passez devant le château, continuer sur la même route D15 et garez votre voiture en haut du village. Si vous arrivez par la D102, traversez le village, passez devant le château et prenez la D15 vers le haut du village. Mais en bref, quel que soit le coté par lequel vous arrivez, et quel que soit le lieu où vous vous garez, allez devant les murailles du château, place du marché. Arrivés au parking, redescendez à pied jusqu'au château. On va commencer sur la place du marché, au pied des énormes murailles. Alors voilà : jusqu'au 11e siècle, le lieu était plus un ensemble fortifié qu'un château fort à proprement parlé. Mais en 1070, Raimbaud d'Agoult qui avait de multiples possessions dans toute la Provence, épouse Sancie de Simiane dont il adopte le nom et les armes. Il fait alors ériger un solide château ou tout du moins une haute tour fortifiée pour surveiller la plaine située à ses pieds. Et puis, dans la première moitié du 16e siècle, le château de Gordes sera reconstruit tel que vous le voyez maintenant par Bertrand de SIMIANE. Ce riche seigneur avait fait la guerre au côté de Bayard, le chevalier « sans peur et sans reproche » du roi François 1er, et, en revenant d'Italie fit effectuer de grandes transformations. Il voulait introduire dans son entourage un mode de vie plus agréable ou tout du moins un cadre de vie plus conforme à l'esprit de la renaissance: les grandes fenêtres qui ouvrent sur la vallée laissent entrer la lumière et le soleil du midi peut enfin réchauffer les grandes salles de réception à l'intérieur. Au cours des âges, le château passera de main en main. Au 18e, nous le trouvons dans la famille des princes de Soubise puis dans celle des princes de Condé. Mais cette région souffrit beaucoup des guerres de religion et peu d'investissement en infrastructures y furent réalisés entre les 16es et 18es siècles. Et comme beaucoup de ces sites provençaux situés en dehors des grandes voies de communication, le château fut abandonné et servit de carrières de pierres aux habitants de la région qui trouvaient sur place un matériau déjà travaillé et gratuit. Et le château n'existerait plus qu'à l'état de ruine si Vasarely, le peintre abstrait des années 60, n'avait financé en partie sa restauration. Et c'est tout le village en fait qui a retrouvé une raison de vivre au 20e siècle quand les peintres cubistes, influencés par Cézanne et Braque, sont venus explorer une région dont les paysages naturels répondaient directement à leurs aspirations en matière de formes et de couleurs. C'est le peintre André Lhote qui, le premier, est venu s'installer dans le village en 1938 suivi par Chagall et Vasarely plus récemment. Avec eux ou à leur suite, beaucoup d'artistes parisiens sont venus prendre leurs quartiers d'été dans les environs, transformant ce coin perdu du Lubéron en "quartier latin d'été".

A l'entrée du château de Gordes

Nous voici sous les murailles du château. De ce coté ci, il n'y a pas d'ouvertures, mais un système de défense fondée sur les grosses tours : quand on regarde la muraille, voyez comme celle du milieu et celle à droite sont encore surmontées de mâchicoulis. Les mâchicoulis sont ces trous en haut de la tour, pratiqués entre les supports du chemin de ronde. Cela permettait d'envoyer sur l'ennemi toutes sortes de projectiles. Voyez les deux tours sur votre gauche maintenant, ce sont les seuls vestiges du château médiéval et elles datent du 12e siècle. Les petites fenêtres rectangulaires dans les tours sont les meurtrières d'où les défenseurs pouvaient tirer à l'arc sans trop de risque. La tour la plus à gauche qui marque un des angles du château a définitivement perdu son couronnement. La tour la plus à droite a été reconstruite au 14e ou 15ème siècle. Contournons-la par la droite pour entrer dans le village ...puis venez à gauche sur la placette qui surplombe la rue; et s'étend devant la façade renaissance du château Admirons cette petite place dominée par la haute façade du logis seigneurial. Regardez cette façade et voyez comment l'architecture sévère des remparts, que nous avons admiré sur la place tout à l'heure, a fait place à une demeure renaissance de grande importance. Le rez-de-chaussée très haut est séparé de l'étage supérieur par une mince corniche tout comme les autres étages. L'édifice en compte 5. Vous avez sûrement noté qu'à mesure qu'on s'élève, la hauteur des étages diminue. Vous avez vu ? Et regardez la dernière bande sous le toit. Elle passe sous les frontons triangulaires qui surmontent les fenêtres du niveau précédent et elle passe aussi sur les échauguettes, ces sortes de petites tours en hauteur que vous voyez de chaque côté de l'édifice. Elles servaient à surveiller d'où leur nom de « guette ». Il faut y voir une influence très forte des méthodes de construction des architectes de la renaissance toscane du 15e siècle. Chaque étage est bien séparé du précédent par une corniche qui accentue l'horizontalité de l'édifice. Pourquoi accentuer l'horizontalité, nous demanderez-vous. Et bien tout simplement pour contrebalancer sa très grande hauteur. C'est vrai que ce genre d'édifice pouvait avoir quelque chose d'oppressant et il canalisait tout le temps l'oeil vers le haut. Les bandes horizontales apportent un confort visuel. Le rez-de-chaussée comporte très peu d'ouvertures sur la place. Les fenêtres, 3 par niveau, s'accommodent de différences des hauteurs des niveaux en se superposant pour former des travées verticales. De chaque coté de la façade, au niveau du dernier étage, les petites tours aux angles ou échauguette sont la seulement pour nous faire souvenir qu'il s'agit d'un ancien château médiéval.

La porte du château

Le château renaissance n'a subi aucune modification depuis le 16e siècle. Aujourd'hui il abrite l'Hôtel de Ville de Gordes. Entrons maintenant dans le château par la porte qui se trouve derrière la fontaine de la place. On y accède en montant par une volée de marches qui débouchent sur une petite cour où se trouve à droite l'office de tourisme et à gauche l'entrée de la mairie et du musée. Nous voici dans la petite cour. En face de vous, remarquez la très belle porte surmontée d'un fronton triangulaire. Le fronton marque bien l'empreinte de la renaissance Provençale qui s'inspire directement des ruines romaines présentes partout dans la région. C'était la porte d'entrée du château. Maintenant, l'entrée se fait par la porte de gauche. Il est possible d'entrer. Il y a notamment le musée pol mara, un peintre contemporain flamand et aussi une magnifique cheminée au premier étage. Elle a ceci de particuliers qu'elle occupe tout un côté avec ses décorations. L'entrée est payante.

La rue des clastres

Nous allons maintenant sortir pour aller jeter un coup d'oeil au village. Nous quittons la place du château par l'escalier à gauche de la fontaine. Puis, nous prenons la rue de l'église qui part en contrebas en face de la place, de l'autre côté de la rue principale. En fait, elle est pratiquement dans l'axe de la porte d'entrée du château. Elle mène à l'église St Firmin. Du haut de la rue de l'Eglise, nous voyons déjà en contrebas à droite sa haute façade excessivement sobre et sévère qui date du 18e siècle. Les rues de ce village sont toutes en pente. En arrivant, vous avez remarqué la façon dont le village est construit : Un empilement de maisons qui escaladent le coteau sud de la colline. La rue que nous prenons pour aller à l'église débute par une curieuse maison construite en avancée sur la rue, sur 4 arches formant un cube percé sur ses 4 côtés. On dirait une maison construite sur des pilotis géants. Maintenant, avançons de quelques mètres pour arriver à l'angle de la rue de l'église et de la rue des clastres que nous prendrons sur la droite. Nous voici à l'angle de la rue de l'église et de la rue des clastres située sur votre droite. En levant très fort la tête, vous apercevez le clocher de l'édifice qui date d'une période antérieure à la reconstruction de l'église au 18e et qui durant longtemps a fait office de beffroi ; regardez ce beffroi. On remarque quelque chose de bizarre. En effet, regardez au milieu du clocher : nous voyons un escalier qui vient de nulle part pour aboutir nulle part. Il suit l'angle du clocher carré. Il date de la période de l'ancienne église qui fut détruite au moment de la reconstruction de celle-ci. Mais depuis ce temps, on n'a pas jugé utile de le supprimer Prenez la rue des clastres sur votre droite vers l'Espace des Arts. Avancez jusqu'à la petite ruelle qui descend légèrement à gauche : elle contourne la partie avant de l'église. Prenez-la. Cette minuscule et ravissante ruelle est ce qu'on appelle ici une calade, c'est-à-dire un chemin empierré ou pavé en pente forte. Elle nous mène vers l'ancien hospice des pèlerins de St jacques aujourd'hui transformé en partie en salle d'expo. Vous remarquerez que le milieu de la ruelle est fait comme un escalier aux marches très basses. C'est plus facile à utiliser et c'est moins dangereux qu'une rue en pente lisse. C'était également plus facile à faire monter aux ânes et aux mules qui étaient nombreux à servir de moyen de locomotion et de transport. L'ancien Hospice des pèlerins de St jacques est le bâtiment qui longe cette ruelle à droite. Une partie est maintenant l'espace des arts. Il a été construit au 13e siècle pour les pèlerins piémontais qui traversaient les Alpes et arrivaient par Forcalquier et Apt. Nous sommes sur l'arrière de l'édifice. Maintenant, cette hôtellerie sert dans sa partie supérieure de salle d'exposition à la belle saison.

La rue de la porte de Savoie

Continuez et passez sous la voûte qui enjambe la rue devant vous. Nous arrivons à la porte de Savoie. Le passage sous la voûte, que nous venons de prendre, était une des portes d'accès à la ville et vous comprenez pourquoi l'hôtellerie des pèlerins de St jacques se trouvait là, juste à l'entrée du village bien a l'abri derrière les remparts. De ces remparts, il ne reste hélas plus rien et des maisons ont été construites sur son emplacement. Cette porte était fortifiée : regardez dans l'arcade. Vous pouvez apercevoir des rainures creusées dans la pierre, traces de la herse qui bloquait l'entrée pendant les périodes d'insécurité. Ces remparts et portes fortifiées étaient toujours d'usage au moment des guerres de religion et ont permis aux seigneurs de Gordes de repousser les troupes des protestants très nombreux dans la région. Mais revenons à ce nom de porte de Savoie : il rappelle le nom de Béatrix de Savoie, comtesse de Forcalquier, qui n'accepta jamais la suzeraineté du roi de France sur ses états. Car n'oublions pas que, depuis 1032, la Provence à l'est du Rhône était province d'Empire. Et puis, Charles d'Anjou, le frère de Saint-Louis, épousera la fille de Beatrix et héritera de la Provence. Pendant 2 siècles, elle restera aux mains des Anjou qui la légueront à Louis 11 en 1481. Passons la porte donc : elle débouche sur une minuscule placette qui offre un superbe point de vue sur toute la campagne environnante et nous fait découvrir la vallée qui s'étend jusqu'aux montagnes du Luberon. Sinon, continuez à descendre la rue de la porte de Savoie sur quelques mètres. Au bout de la rue, prenez la ruelle qui remonte à gauche. Nous prenons la rue à gauche qui est ici la rue de l'église. Mais auparavant, regardez la jolie porte en face de la rue de la porte de Savoie. Elle date du 17e. Remarquez surtout le mascaron qui est au milieu de l'arc de la porte. On appelle ce genre de décor du milieu de l'arc : une agrafe. Regardez au-dessus de la porte maintenant : un peu à la manière des bâtiments antiques, elle est surmontée d'une frise sculptée de motifs géométriques. Dans ce pays, on utilise beaucoup de motifs décoratifs directement inspirés de l'art antique dont les artistes avaient de nombreux vestiges sous les yeux. On remarque aussi la très belle porte en bois sculpté dont les marteaux de bronze reprennent la forme de l'agrafe. Nous continuons en prenant à gauche et remontons cette autre calade, qui est la rue de l'église. Mais le panneau n'est pas visible. Au bout de la rue, prenez à droite la rue du belvédère et descendez en direction du point de vue et des caves St firmin. Elles appartiennent au palais du même nom dont l'entrée se trouve rue du Four. Lui ne se visite pas. L'entrée des caves St Firmin se trouve pratiquement au débouché de la rue de l'église sur la rue du Belvédère, sur votre droite quand vous descendez. Elles se visitent en saison et l'entrée est payante. Que pourrez-vous y voir ?: elles comportent des salles creusées dans la roc de la falaise, des citernes souterraines qui recevaient les eaux de pluie drainées à la surface dans les cours du palais, des escaliers souterrains et même un moulin à huile. Elles furent constamment utilisées au cours des siècles. Arrêtez-vous au point de vue et, là encore, prenez tout votre temps pour en profiter.

L'Eglise St Firmin

Après avoir regardé la plaine sur 180°, remontons tout droit la rue du belvédère. Elle se transforme en rue de l'église à partir de l'intersection. C'est encore une rue en calade : c'est-à-dire un chemin empierré ou pavé en pente forte. Puis nous arrivons devant le portail de l'église dont nous voyons la haute façade. Elle s'appelle St Firmin, du nom de l'évêque d'Uzès au 6e siècle. Regardons la façade : elle est haute ou tout du moins elle paraît très haute, car il n'y a pas de place pour un parvis à partir duquel on pourrait prendre du recul. Du coup, peut-être est-ce pour cela que l'architecte n'a pas jugé bon d'orner la façade de trop de décoration : personne n'aurait pu les apprécier ! elle est plate et quasi sans décor si ce n'est, dans sa partie haute, un fronton triangulaire. Et maintenant, entrons jeter un coup d'oeil à l'intérieur de l'édifice. Alors : quelle est l'impression quand on entre ? Certainement la surprise. La surprise de découvrir un si grand espace. Cette église est plus haute que le château de Gordes.C'est elle qui domine le village de sa masse énorme. On s'en rend parfaitement compte quand arrive ou qu'on quitte Gordes, et qu'on voit le village de loin .C'est une église à nef unique, c'est-à-dire qu'il n'y a pas ces petites nefs sur les cotés. C'est comme un hall. Cela dit, l'église n'a rien gardé d'antérieur au 18e siècle et déçoit un peu par la pauvreté de son mobilier et son mauvais état général. Un des seuls éléments qu'on peut noter est la chaire. Nous la voyons à droite en entrant, au niveau de la 2e et 3e chapelle. On y accède par un escalier construit à l'intérieur d'un pilier entre les 2 chapelles. Les éléments qui la composent adoptent des formes élégantes et gracieuses malgré le mauvais état de la peinture.

La rue du four

Sortons de l'édifice. En sortant de l'église, remontons la rue jusqu'à la maison aux 4 arcades que nous avons déjà croisée à l'aller en descendant du château. Et tournons à droite juste avant : nous prendrons la rue du four. Nous voilà rue du Four. Bordée de boutiques des 2 côtés, cette petite rue charmante est tout à fait typique des villages de la région. Elle est étroite et est bordée de maisons assez hautes qui devaient être des maisons d'artisans ou de commerçant aisés jusqu'au 17e siècle. Quand vous marchez, remarquez les encadrements de fenêtres travaillées avec recherche. Les rez-de-chaussée de certaines abritent aujourd'hui encore des boutiques et ont conservé sur la rue le banc de pierre de l'étal devant la fenêtre. Beaucoup sont malheureusement en très mauvais état : la pierre est sale et abîmée. Il faut dire que, dans ce pays, la pierre qui sert à la construction est une pierre très tendre et friable qu'on appelle de la mollasse. Nous continuons le long de cette rue jusqu'au portail à droite surmonté d'une statuette. Il est à peu près à 4O m du début de la rue Sur le côté droit, avant qu'elle ne fasse un coude, nous arrivons à un joli portail en pierre surmonté d'une petite statue d'évêque dans une niche. C'est St Firmin, l'évêque d'Uzes, St patron de l'église du village. Le haut du portail est couronné de créneaux rajoutés ensuite et qui ne sont pas antérieurs au 17e. Mais remarquez surtout l'arc au-dessus de la porte : Il est surmonté d'un décor qui utilise un vocabulaire du 17e siècle. Le fronton triangulaire est brisé en son milieu et il est supporté par un bandeau de pierres sculptées de cannelures. Mais le plus original est à n'en pas douter l'arc du portail lui-même : voyez comme l'agrafe, sculptée d'une feuille d'acanthe, a l'air de tomber. Remarquez également les grosses pierres des angles qui sont en fort relief ; ce portail a été construit dans un style qu'on dit maniériste, style qui est né au 16e pour attirer l'attention du passant ou du spectateur. Souvent, ce style utilise des méthodes anticlassiques. Ce qui est le cas ici où on a l'impression que la pierre centrale du portail va tomber. Derrière cette belle porte se cache un hôtel particulier et il est surmonté d'une terrasse en loggia. Nous sommes devant l'Hôtel st Firmin propriété privée dont nous avons vu l'entrée des caves dans la rue du Belvedere.

La rue André Lhote

Continuez cette rue jusqu'au bout et remontez vers le centre du village en prenant vers la gauche la rue André Lhote. Nous sommes dans cette rue André Lhote qui remonte vers le centre du village, et nous nous dirigeons vers une grosse maison qui vient d'être restaurée, sur notre droite à peu près à 20 mètres elle est dite Maison Lhote; vous la reconnaîtrez facilement : elle est assez importante et il y a au coin de la maison une niche vide surmontée d'un dais en forme de couronne. Et puis aussi, quelque mètres avant d'arriver au coin de la maison à la niche, ne manquez pas de regarder sur votre gauche: par une ouverture entre les maisons, on aperçoit une des grosses tours du château. C'est une des plus anciennes. Elle a conservé une partie de son couronnement de créneaux : elle date du 12e siècle. Nous voici devant cette maison à la niche. La façade est très régulière, séparée horizontalement par de fortes corniches de pierre. Les baies, elles aussi, ont reçu de beaux encadrements de pierre qui ressortent et forment un contraste violent avec la façade qui est enduite. Cette manière de construire et l'organisation de la façade rappellent ici les palais italiens. Notez qu'il n'y a pas d'autre décor que celui qu'on voit au-dessus de la porte d'entrée. C'était la maison qu'André Lhote avait achetée au début de sa découverte de Gordes. André Lhote est un peintre qui adhéra au cubisme en 1912, et participera à la grande aventure des avants gardes au début du 20e avec Braque, Picasso, et beaucoup d'autres. Mais très vite, il refuse l'abstraction, et préfère la représentation synthétique de ses sujets plutôt que leur étude analytique. Il fut aussi très féru d'art africain dont il utilisa la géométrisation dans ses oeuvres. Il est à l'origine de nombreuses oeuvres peintes, mais aussi de conférences et d'écrits théoriques sur l'art de peindre.

La maison aux volets bleus

Nous continuons dans cette rue et nous arrivons jusqu'à des escaliers qui se trouvent à gauche d'une minuscule placette dominée par une maison aux volets bleus Montez les escaliers et prenez à gauche. Nous sommes dans la rue principale du village et nous revenons vers le château. Dans la rue, entre 2 boutiques, ne manquez pas encore une fois d'aller, tantôt à gauche, jeter un oeil sur la plaine et, tantôt à droite, jeter un oeil sur les remparts. On voit encore les énormes contreforts dans les murs des maisons qui occupent les anciennes murailles. Ces maisons s'accrochent à la vieille tour dont nous avons déjà eu une vision tout à l'heure quand nous étions devant le bel hôtel Lhote restauré. Vous pourrez prendre à droite la toute petite rue des bourreliers qui nous ramène sur la place du château devant la fontaine. Et c'est ici que se termine notre promenade dans Gordes. Il est de là possible de continuer la découverte de la Provence et du Lubéron par un site tout à fait particulier du village de Roussillon, à environ 6 km de Gordes. Il vous suffit de suivre les indications fléchées Roussillon en prenant la D2 puis la D102. Il n'y a pas de risque de se perdre, car tout est bien indiqué. Et avant Roussillon, nous vous suggérons d'aller voir le village des Bories, juste à côté de Gordes. C est un lieu très particulier, un village sans habitants qui garde encore son voile de mystère : il est composé de bories qui sont des espèces de cabanes de pierre où même le toit est en pierre.


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