New York insolite : Downtown



Une balade culturelle à travers New York en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de Big Apple...
Nous débutons au sud de Manhattan, avec quelques curiosités éparpillées dans Downtown :

 

La salle des coffres de la banque centrale américaine

Faites face à 300 milliards de dollars

reserve federaleLa banque centrale américaine de New York renferme la plus grande réserve d’or du monde, devant Fort Knox, ce qui a pour conséquence que, outre les guides souriants et serviables, le lieu est investi par des gardes, invisibles pour la plupart (« Ce sont des tireurs d’élite, certains même des experts en tir de précision ») qui sont tout simplement formés pour vous tuer.
La visite commence par l’architecture : situé au cœur du Financial District, l’immeuble de la Federal Reserve ne jurerait pas à Florence. À l’entrée, s’il faut présenter une pièce d’identité à un policier, franchir un détecteur de métaux et déposer le moindre appareil électronique dans un casier, les expositions qu’on organise à l’intérieur n’en sont pas moins fantaisistes. « Servez-vous ! », dit un écriteau au-dessus d’un lingot qui pivote doucement et s’avère être un hologramme. Autant dire que l’argent est aussi ennuyeux que désirable. Au dessus de vous, 3 000 employés besognent dans un labyrinthe de bureaux, tandis qu’en bas, dans les sous-sols, le trésor brille.
« L’or fascine, remarque le guide, même si son stockage n’est qu’une des multiples activités de la banque. » Celle-ci s’occupe, entre autres, de retirer les vieux billets de banque de la circulation : elle déchiquette chaque jour 100 millions de dollars. Avant qu’un ascenseur ne vous emmène à la salle des coffres, à 24 mètres au-dessous du niveau de la chaussée – un des sous-sols les plus profonds de New York –, le guide vous montre un court film pédagogique pour vous préparer à faire face à 300 milliards de dollars. Le film montre des ouvriers, qui portent des chaussures à bout renforcé en magnésium, traitant
les barres d’or comme de simples briques : ils en remplissent des brouettes, qu’ils déversent sur une aire de chargement. Dans une autre scène, on voit des inspecteurs peser le métal précieux sur une balance si exacte qu’ils coupent le système de ventilation, de peur que l’air ne fausse la pesée.
Une fois en bas, on franchit une porte tournante de 230 tonnes (l’unique entrée) et soudain, derrière un grillage épais, les voilà : ces cellules cadenassées contiennent les réserves monétaires d’une trentaine de pays. Des tas de barres d’or, hauts de deux mètres. Chacune pèse 12,4 kg et vaut dix fois une année de salaire de l’Américain moyen. « Merci de votre visite », dit le guide en vous tendant le cadeau d’adieu de la maison : de vrais billets, scellés dans un sac en plastique, mais déchiquetés

  • Infos pratiques :
  • Federal Reserve Bank of New York
  • 33 Liberty Street
  • www.newyorkfed.org
  • Tel: 212-720-6130
  • Réserver une visite sur internet ou par téléphone
  • Entrée gratuite
  • Accès : lignes 2 et 3 / Wall Street

La dent de Gorges Washington

“Les curieuses reliques de la Fraunces Tavern”

dentFondée en 1762, la Fraunces Tavern a conservé son restaurant au rez-dechaussée. L’étage a été transformé en un musée où les amateurs de la guerre de l’Indépendance seront comblés : peintures, armes, articles de journaux, carnets intimes, ainsi que deux curieuses reliques : une boucle de cheveux de George Washington et un morceau d’une de ses dents.
La taverne prétend être « la plus vieille construction encore en place à Manhattan », mais on n’y trouve pas grand-chose d’origine. La restauration de l’établissement, achevée en 1907, a certes été fidèle, l’édifice ayant failli être démoli (les propriétaires voulaient construire un parking à la place) ; elle permet de se faire une idée assez précise de New York juste après la Révolution. Ce fut la dernière résidence de Washington, général des Forces révolutionnaires américaines, et c’est là qu’il fit son discours d’adieux aux officiers à la fin de la guerre. Mais cet édifice a aussi été occupé par les bureaux des premiers ministères de la Guerre, des Finances et des Affaires étrangères quand, du jour au lendemain, New York devint la capitale d’une toute nouvelle nation.
La grande salle où Washington fit ses adieux a été conservée telle qu’elle était le 4 décembre 1783. Benjamin Tallmadge, un officier de renseignements, alors présent, raconte que le général leva son verre et déclara que « son cœur débordait d’amour et de gratitude », avant de prendre formellement congé. Le journal de Tallmadge est exposé, ouvert à la page où cette scène est décrite.
Washington aurait-il aimé voir des fragments de sa personne dans un musée ? « La première chose que veulent savoir les visiteurs, remarque le jeune homme à l’accueil, c’est si on parviendra un jour à le cloner. » Les reliques sont dans une vitrine. La dent, difficile à voir, est montée en pendentif ; les cheveux, curieusement châtains (mais on pardonnera aux Américains de croire que Washington avait des boucles blanches à la naissance), sont dans un cadre rond. La dent est d’autant plus inquiétante qu’il s’agit d’un fragment, comme si, à sa mort, le premier président avait été découpé en tout petits morceaux à l’instar de la Croix. Mais ses rages de dents sont légendaires. Quand il prêta serment (à quelques blocs de là, sur Wall Street), il ne lui en restait plus qu’une. Elle maintenait un appareil terrifiant, constitué d’ivoire d’hippopotame, d’or, de dents humaines et de ressorts à spirale.

  • Infos pratiques :
  • Fraunces Tavern
  • 54 Pearl Street
  • www.frauncestavern.com. Tel :212-968-1776
  • Ouvert tous les jours de midi à 17 h
  • Entrée : $7 étudiants et + de 65 ans : $4, gratuit pour les enfants de moins de 6 ans
  • Accès : lignes N et R / Whitehall Street ; lignes 4 et 5 / Bowling Green ; ligne 1 / South Ferry

Le beffroi de broadway

Le dernier beffroi

beffroiQuand on évoque le beffroi de Broadway, la plupart des gens ne savent pas de quoi l’on parle. Il en était tout autrement au début du XXe siècle. Bien qu’il n’ait jamais prétendu au titre de gratte-ciel le plus haut, le Clock Tower Office Building s’est toujours imposé sur Broadway, et l’horloge qui le surmonte – un gros cube de pierre gardé par des aigles – était couronnée par quatre atlantes de bronze qui portaient un globe sur leurs épaules. Occupé autrefois par le siège de la New York Life Insurance Company, l’immeuble est aujourd’hui un tribunal : pour y accéder, il faut d’abord franchir un détecteur de métaux. Mais si l’on arrive de bonne heure le mercredi, on peut monter en ascenseur jusqu’en haut pour voir l’horloge de l’intérieur.
On a l’impression d’être dans le crâne de l’édifice : chacun des quatre murs comporte un énorme cadran, enchâssé dans le granit et la brique, et dominant Downtown, le verre atténuant la lumière du jour. L’horloge trône au centre, reliée aux quatre cadrans par des tiges suspendues. Construite à Boston par la E. Howard Clock Company dans les années 1890, elle semble à la fois délicate et monumentale. Le mécanisme de précision, aux engrenages de cuivre, repose sur un lourd cadre de fonte qui, conformément à l’esprit de l’époque, est plus sophistiqué que nécessaire : vert sombre avec des détails peints à la main, dont les jambes rondes de la reine Anne. « Le joyau de la Couronne, selon Forest Markowitz. Le dernier beffroi d’E. Howard. » Markowitz est l’un des deux horlogers qui, une fois par semaine, viennent huiler et régler les balanciers. « C’est un monument historique. Tout le monde a le droit de le voir. »
Mais voici l’autre technicien qui monte d’un pas lourd l’escalier métallique : Marvin Schneider, maître horloger officiel de New York. Avec sa casquette, sa moustache et ses lunettes, cet homme de petite taille a la carrure idéale pour porter naturellement un tablier rempli d’outils de précision. Comment est-il devenu horloger ? « Une longue histoire », selon lui. Mécanicien automobile, il remarqua un jour que le beffroi de Broadway était mal en point. « Pourquoi cette horloge ne fonctionne pas ? me suis-je dit. Allons voir. C’est ce qu’on a fait. » Version modeste de l’initiative : en fait, Schneider a entamé une nouvelle carrière dans les hauteurs et sauvé un symbole de New York.
Les atlantes de bronze et le globe disparurent mystérieusement du sommet de beffroi vers 1947.

  • Infos pratiques :
  • New York Life Insurance Company Building / New York city Offices
  • 346 Broadway
  • Le réglage de l’horloge a lieu le mercredi à 9 h 30. Prendre rendez vous avec Forest Markowitz en appelant le 212-533-8162
  • Accès : Lignes 1 et 2 / Franklin Street, lignes 4, 5, 6, A, C, E, N, Q, J et Z / Canal Street

La criminal court

Un vrai tribunal

tribunalLe bâtiment de la Cour de justice est haut, massif et sinistre. Devant la façade, on entend gronder le métro au sous-sol tandis que des pigeons tournoient comme des vautours jusqu’au sommet où se dresse une simple pyramide de pierre. On dirait vraiment un monument où l’on décide du sort des New-Yorkais. À l’intérieur, les drames humains du système judiciaire se déploient avec ordre sur vingt étages de tribunaux. On est non seulement autorisé à entrer et à assister librement aux procès, mais le 1er amendement de la Loi nous en donne le droit.
On voit tellement de tribunaux new-yorkais dans les films et les séries télévisées qu’il vaut la peine de visiter l’endroit où ça se passe pour de vrai. On ne risque pas de le confondre avec un divertissement. Au 10e étage, dans le bureau du greffier, la liste des procès en cours figure sur un tableau, avec pour chacun le tribunal, l’étage et le crime commis – le menu des forfaits : 59, 16, agression. 22, 9, vente de drogue. 32, 13, trafic d’influence. Avec cette liste, on peut passer des heures dans les couloirs. Les fonctionnaires sont courtois et même encourageants. « Tentative de meurtre, annonce l’un. Entrez, mais éteignez votre portable. »
Les murs des tribunaux sont lambrissés, avec une demi-douzaine de bancs de part et d’autre de l’allée centrale. Le juge est assis entre le drapeau des États-Unis et celui de l’État de New York, avec quatorze jurés à sa gauche. Debout, les avocats posent des questions sur un ton neutre, décapé de toute nuance suggestive. Ce qui sort de la bouche des prévenus à la barre est beaucoup plus expressif.
« J’étais aussi défoncé qu’une porte. » – Qu’est-ce que vous aviez pris ? – « Marijuana, bière et poudre. » – De la poudre de quoi ? – « De la poudre d’ange. »
« Je me suis assoupi dans le train et quand j’ai ouvert les yeux, j’étais chez quelqu’un et il y avait là une femme nue qui hurlait : “Ne me faites pas de mal !” Je me suis toujours pas rendu compte de ce qui s’est passé. » – Et avez-vous été reconnu coupable de viol cette fois-là ? « Oui. »
« Je lui ai flanqué un coup de poing et lui ai dit : “Ça va ?” Alors il m’a jeté une bouteille à la figure. Alors je lui ai collé encore un marron. » – Vous l’avez frappé au visage ? – « Ouais, comme ça… »
L’homme à la barre se lève, rentre sa chemise dans son pantalon et fait mine de tenir quelqu’un par le cou et de le frapper, en s’appliquant, comme si la justesse de sa reconstitution pouvait susciter une certaine clémence.

  • Infos pratiques :
  • 100 Centre Street
  • www.nycourts.gov/courts/nyc/criminal
  • Tribunaux ouvert à 9 h 30 ; audiences publiques en semaine, lecture des actes d’accusation le weekend
  • Accès :lignes 4,6,N,Q, J et Z / Canal Street ; lignes 4,5 et 6 / Brooklyn Bridge-City Hall

 

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Crédits photos :
T.M. Rives
Réserve Féderale (© New York Federal Reserve Bank)


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