New York insolite : les boroughs



Une balade culturelle à travers New York en compagnie des guides Jonglez, à la découverte de sites méconnus de Big Apple...
New York ne se résume pas à Manhattan, comme en témoignent ces trois étapes dans le Queens, le Bronx et Brooklyn :

 

La manufacture de pianos Steinway

La plus vieille manufacture de New York”

stenwaySteinway & Sons, facteurs de pianos haut de gamme, est sans doute la plus vieille manufacture de New York. À certains endroits, dans l’enceinte de la firme, on aperçoit encore des poteaux où l’on attachait les chevaux. Dans l’ensemble, les techniques de fabrication des pianos Steinway sont restées les mêmes, et nombre des brevets révolutionnaires de l’entreprise, en usage depuis plus d’un siècle, ont expiré. « On commence seulement à considérer que je fais partie du personnel permanent », prétend le guide, Bob Bernhardt. Ingénieur à la retraite, il a travaillé pour Steinway pendant trente-trois ans. On visite la manufacture de fond en comble, y découvrant tous les aspects de la fabrication des pianos, soit deux ou trois kilomètres de promenade. Le charme de cette entreprise est singulier : une fabrication traditionnelle et bruyante pour un produit final si sensible qu’il semble vivant. On a l’impression d’y progresser du vacarme au calme : scies hurlantes et coups de marteau, vrombissement des ponceuses et bruissement du vernissage à la main, jusqu’à la salle insonorisée où un accordeur se penche sur l’instrument assemblé pour répondre à des vibrations si subtiles que le commun des mortels ne peut les percevoir.
« Ici, les accordeurs sont des divas », observe Mr. Bernhardt. Il connaît si bien les qualités de ces pianos qu’il peut fournir quantité de détails ahurissants comme s’ils allaient de soi. Le cadre est découpé à la main parce les machines ne peuvent sentir la finesse requise, de l’ordre du millième de centimètre. La salle de vernissage est remplie de bois d’une valeur de trois millions de dollars : la matière première d’un Steinway est souvent évaluée au-dessus des prix du marché. Les pièces passent dans un four après avoir été pressées pour atteindre à un degré d’hydratation très précis – « à moins, bien entendu, que le piano n’aille dans un pays tropical, remarque le guide. Dans ce cas, on tient compte de l’humidité ». Même les pièces sciées par des automates sont peaufinées à la main, car le bois n’est pas mort : il change en fonction du temps et de la température.

  • Infos pratiques :
  • 1 Steinway Place, Long Island City, Queens
  • www.steinway.com 
  • Pour une visite, appelez le 718-204-3169
  • Accès : lignes N et Q / Astoria - Ditmars Boulevard ; La manufacture est à 10 minutes à pied sur la 38e Rue

Marques secrètes :
L’entreprise emploie des dynasties entières de facteurs de piano. Chacune a ses marques secrètes, qu’elle laisse à l'intérieur des instruments afin de pouvoir les reconnaitre à l’occasion d’une réparation quelques 50, 80 ou 100 ans plus tard.

Le hall of fame

Le tout premier hall of fame

hall of fameLe terme hall of fame est tellement imprégné de culture américaine qu’il semble ne pas avoir d’origine : c’est pourtant ici qu’il se trouve, sur le campus du centre universitaire du Bronx. L’idée d’ériger un monument en l’honneur des grands hommes n’est certes pas nouvelle, mais à son inauguration en 1901 comme un élément de ce qui était alors un campus de l’université de New York, le Hall of Fame of Great Americans devint aussitôt le modèle national.
Ce « hall » est en fait une colonnade de 200 mètres, dessinée par Stanford White pour flanquer et encercler trois immeubles néoclassiques du même architecte, du côté ouest du campus. En la parcourant, on croise le regard de bronze de 98 Américains célèbres. Les trente premiers bustes furent posés en 1901, avec l’idée d’en ajouter d’autres tous les cinq ans.
La renommée est un vague corollaire de la grandeur : on ne sera guère étonné d’y voir Thomas Jefferson ou George Washington, mais le buste du dentiste William Thomas Green Morton (le premier à avoir utilisé l’éther comme anesthésiant général) fera peut-être froncer des sourcils. Les bustes sont regroupés par thèmes : dirigeants, scientifiques, professeurs. Et des écrivains : le monument compense les négligences de la déconcertante « Promenade littéraire » de Central Park (Colomb, Shakespeare, deux Écossais et Fitz-Greene Halleck dont c’est la seule gloire) : Mark Twain, Edgar Allan Poe, Walt Whitman et Nathaniel Hawthorne y ont la place qui leur est due.
Ces bustes sont considérés comme la plus belle collection de ce genre aux États-Unis. Il y en a en effet de remarquables. On appréciera la stupéfaction de Daniel Webster, la touchante mélancolie de Lincoln et le visage résolu de Susan B. Anthony. Si les regards vides et verts commencent à vous lasser, cherchez celui de William Tecumseh Sherman. Son portrait par le grand Augustus Saint-Gaudens (qui est lui aussi honoré par un buste dans la catégorie des artistes) semble presque vivant. Orgueilleusement débraillé, Sherman a l’air de sortir d’une meule de foin. Saint-Gaudens réalisa ce buste en 1888 en guise d’étude pour le monument équestre de la Grand Army Plaza. L’artiste demanda au général de la guerre de Sécession s’il ne voyait aucun inconvénient à fermer son col et à ajuster sa cravate. Sherman grommela : « Le général de l’Armée des États-Unis porte son uniforme comme ça lui chante. »

  • Infos pratiques :
  • Bronx Community College
  • 2155 University Avenue, Bronx
  • www.bc.cunny.edu/halloffame 
  • Tel :218-289-5100
  • Accès :ligne 4/ Burnside Avenue ou 183e Rue ; lignes B et D/ Tremont Avenue ou 183e Rue

Siège Mondial de l’organisation Habad-Loubavitch

L’endroit le plus sacré de la Terre

Habad770 Eastern Parkway, dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn, est le siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Les Loubavitch forment un groupe à part au sein de la communauté juive orthodoxe, au point que les autres Hasidim les prennent pour des fous. L’édifice d’Eastern Parkway était le domicile du rabbin Menachem Schneerson, qui, aux yeux de la plupart des Juifs de Crown Heights, était non seulement un homme, mais le Messie du Talmud. Cet emplacement est pour les Loubavitch l’endroit le plus sacré de la Terre ; ils se contentent de l’appeler « 770 ».
Parmi les Hasidim, les Loubavitch sont les moins stricts : ce sont les seuls qui entrent activement en rapport avec les Juifs non-conformistes et même avec les goyim (non-juifs), mais non sans condescendance, afin de vous remettre dans le droit chemin. Le 770 et le séminaire adjacent sont ouverts aux curieux, une surprise dont se réjouit notre guide, Beryl Epstein. « Regardez autour de vous, dit-il en souriant, prenez des photos, faites ce qu’il vous plaît. » Aucune trace de yiddish dans son accent, mais sa barbe grisonnante lui descend jusqu’à la poitrine. Il indique une pendule insolite du XIXeme siècle et un rayon de lutrins en bois, classés chronologiquement, que le rabbin utilisait quand il était intendant. Les livres sur la Kabbale sont fort intéressants ; ils appartenaient au beau-père de Schneerson, Joseph Schneerson, qui introduisit le mouvement aux États-Unis et annonça le rôle messianique de son successeur. Les marges sont couvertes de griffonnages rouges ou violets : en état d’arrestation en Russie, Joseph utilisait des baies en guise d’encre. Certains Loubavitch ont passé leur vie à interpréter ces
annotations. « Ce n’est pas la Kabbale de Madonna, précise Epstein en gloussant. C’est de l’authentique. »
À côté, le séminaire dispose d’une galerie où, derrière des vitres teintées, les visiteurs peuvent voir des milliers d’étudiants en train de discuter les Écritures. Une activité d’insectes, qui évoque la Bourse : la salle est bondée et les jeunes hommes escaladent les tables pour aller d’un groupe à l’autre. Dans la rue, un Loubavitch israélien, de passage, explique comment on reconnaît un Hasid qui appartient à la secte : le fond de son chapeau est pincé et les bords sont rabattus. Il ajuste son propre feutre cabossé sur sa tête et fronce les sourcils : « Au bout de deux heures au 770, dit-il ironiquement, voyons de quoi à l’air mon chapeau. »

  • Infos pratiques :
  • 770 Eastern Parkway
  • www.chabad.org 
  • Voir jewishtours.com pour les tickets et les visites
  • Tel :718-774-4000

 

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Crédits photos :
T.M. Rives
Steinway (© Steinway&Sons factory)


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