Promenade sur la place des vosges et découverte de quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers du marais nord



Informations pratiques sur la Promenade sur la Place des Vosges et la découverte de quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers du Marais Nord.

Pour cette promenade, nous vous conseillons d'éviter le dimanche et le lundi, afin de trouver ouvertes la plupart des cours.

Promenade sur la Place des Vosges et découverte de quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers du Marais Nord : introduction

Notre promenade commencera à l'hôtel de Sully, au 62 de la rue Saint-Antoine entre les M°Saint-Paul et Bastille. Elle nous permettra de nous faire découvrir le Marais, l'un des quartiers les plus typiques de Paris. Nous en profiterons pour rencontrer quelques célébrités du Marais, de la Renaissance à l'époque romantique : depuis Pierre Lescot et Jean Goujon, jusqu'à Victor Hugo, en passant par Sully, Madame de Sévigné, Mansart, et Beaumarchais. Nous y découvrirons la première place Royale de France, la Place des Vosges et de remarquables hôtels particuliers.

L'hôtel de Sully

Avant de commencer, deux mots sur le quartier du Marais. Il s'est développé entre les 2 remparts médiévaux de Paris : celui de Philippe-Auguste (à l'emplacement de l'église Saint-Paul-Saint-Louis, c'est à dire un peu avant le métro Saint-Paul, et celui de Charles 5 au niveau de la place de la Bastille à environ 200m. Les terrains marécageux, d'où le nom, sont d'abord devenus des jardins maraîchers de couvent, et plus tard, à la Renaissance, ont été vendus et construits: la création, sous Henri 4, de la Place des Vosges, a stimulé les constructions. Ensuite, le quartier, est devenu le lieu chic de Paris, et s'est couvert d'hôtels particuliers, jusqu'au moment, à la fin du 17e siècle, où l'installation de la cour à Versailles a lancé deux quartiers neufs  rivaux: le faubourg Saint-Germain et le Faubourg Saint-Honoré, tous deux situés à l'ouest. Le Marais est alors tombé dans une léthargie durable . Devenu un quartier très populaire, avec des garages ou des ateliers installés dans les cours ou les jardins des hôtels particuliers, le Marais avait été épargné par le baron Haussmann et ses grands travaux du Second Empire. Il restait à le restaurer, ce qui a été fait à partir des années 1960. Et tel qu'il est, Le Marais est un véritable catalogue de l'architecture aristocratique à Paris, depuis la Renaissance jusqu'au début du 18e siècle. Nous vous proposons maintenant de découvrir le centre de ce quartier au travers de quelques sites représentatifs du grand siècle du Marais : c'est celui qui va des années 1550 jusqu'aux années 1650. Et maintenant, entrons dans la cour du 62 rue Saint-Antoine : cet hôtel particulier a été construit vers 1624 pour le contrôleur des finances Mesme Gallet, et acquis par Sully dix ans après. L'ancien ministre d'Henri 4 avait alors 74 ans et devait vivre jusqu'à l'âge 81 ans. Tallemant des Réaux a raconté dans ses Historiettes combien le vieux Sully se montrait compréhensif envers sa femme, « ne se tourmentant pas autrement d'estre cocu» et lui donnant chaque mois : « tant pour cela, tant pour cela, et tant pour ses amants ». En outre, Sully aimait se rendre, depuis son jardin, sur la place Royale (l'actuelle place des Vosges), où l'on se moquait un peu de lui, à cause des chaînes en or et des diamants qu'il continuait à porter, à la mode de l'ancien temps. Comme la plupart des hôtels du Marais, l'hôtel de Sully est du type «entre cour et jardin ». Il comprend un logis en fond de cour, éloigné de la rue, des ailes latérales destinées aux communs : écuries et cuisines, et enfin un bâtiment-porche, sur la rue, plus bas que les ailes. Et de l'autre côté, il y a le jardin. Ce plan apparaît à l'hôtel Carnavalet vers 1550 et sera utilisé jusqu'au 18e siècle pour les nombreux hôtels des faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré. La construction en pierre de taille, à une époque où bâtir en brique et pierre était plus courant, et les bas-reliefs sont encore des points communs avec l'hôtel Carnavalet, que vous verrez tout à l'heure, et des signes de luxe. Regardons les bas reliefs : tout d'abord, les 2 sur le logis : ils représentent l'automne et l'hiver. Et maintenant ceux des ailes qui représentent les 4 éléments : à gauche, nous voyons l'air et le feu et à droite, ils représentent : l'eau et la terre. Dirigeons-nous vers la porte centrale et entrons. Nous avons maintenant devant nous l'escalier, qui a gardé ses sculptures, et qui est un escalier « rampe sur rampe » : c'est à dire, un escalier dont le milieu est un mur plein qui porte les volées de marches. C'est un plan d'escalier encore Renaissance, que l'on disait d'ailleurs «à l'Italienne», et qui avait remplacé l'escalier à vis. Plus tard apparaîtront les escaliers avec du vide en leur centre, auxquels il faudra donner des rampes justement, de pierre parfois, mais le plus souvent de bois ou de fer forgé . A gauche, par la porte vitrée, nous voyons la grande salle du rez-de-chaussée, avec son plafond à la française, c'est à dire à poutres peintes : c'est aujourd'hui la Librairie du Patrimoine. L'hôtel, acheté et restauré par l'Etat à partir de 1944, est ensuite devenu le siège de la Caisse des Monuments Historiques, renommée aujourd'hui Centre des Monuments Nationaux. Passons dans le jardin : au fond se trouve l'orangerie, construite en même temps que l'hôtel. Des expositions y sont périodiquement organisées. Quand vous serez dans le jardin, retournez-vous pour regarder la façade arrière de l'hôtel. Sur la façade arrière de l'hôtel, nous voyons les 2 bas-reliefs complétant le cycle des 4 saisons commencé sur la cour : ici, ce sont le printemps et l'été. Au passage, remarquons les lucarnes et voyez comme leur encadrement est étrange. Il semble s'évaser vers le haut. A notre droite maintenant, on a l'aile en équerre qui prolonge le corps de logis, date de 1661 et a été reconstruite à l'identique de l'architecture d'origine. Elle contient, au 1er étage, 2 pièces décorées que l'on peut visiter lors des journées du patrimoine de septembre. Sachez en outre que les pièces du rez-de-chaussée et du sous-sol proposent régulièrement des expositions de photos en partenariat avec le musée du Jeu de Paume.

La place des Vosges

Gagnons maintenant le fond du jardin et empruntons le passage situé à droite de l'orangerie pour arriver place des Vosges. Deux mots sur l'origine et l'histoire de cette place. Elle occupe l'emplacement de l'hôtel de Tournelles, où le roi de France Henri 2 trouva la mort lors du tournoi de 1559, d'un coup de lance accidentel dans l'oeil. Catherine de Médicis fit plus tard raser l'hôtel. Le terrain étant resté libre, Henri 4 et Sully décidèrent en 1604 d'y faire construire une place. Cette place serait bordée sur un côté par une manufacture de draps de soie, et sur les autres côtés par des logements. La manufacture ayant sombré assez vite, un programme purement résidentiel a finalement été réalisé, en 8 ans. Dès le début, la place est devenue une adresse tout à fait huppée. Les acheteurs choisissaient une certaine largeur de façade : parfois un pavillon entier ou un peu plus, et pour l'un d'entre eux une seule travée ! Ils s'engageaient à respecter en façade le dessin donné par l'architecte de la place, et construisaient ce qu'ils voulaient derrière. Et cet architecte, à propos, qui est-il ? Eh bien, hélas, on ne sait pas vraiment, mais peut-être bien Claude de Chastillon, géographe et ingénieur militaire, qui a vécu au n°10, et qui est probablement l'auteur de l'hôpital Saint-Louis, construit à la même époque, et qui ressemble un peu à la place. Avec son architecture uniforme, quoique pas encore monumentale, et son nom de place Royale, la place des Vosges a eu à Paris, et dans la France entière une nombreuse descendance : les places Dauphine, des Victoire, Vendôme, de la Concorde et toutes leurs cousines de province. Elle est la seule de ces places qui n'ait pas été prévue dès le début autour d'une statue du souverain : ce n'est pas Henri 4, mais Louis 13, qui y aura sa statue, 25 ans après la fin des travaux. La statue fût détruite à la Révolution et remplacée après l'Empire. Les arbres non plus n'étaient pas prévus, on plantera les premiers sous Louis 16 ; quant au nom actuel de la place, il date de 1800 : Bonaparte choisit alors de récompenser le département des Vosges, premier à régler ses contributions, en donnant son nom à la place des Fédérés, ci-devant place Royale. Ce zèle fiscal valait bien une place.

Le musée Victor-Hugo

Longeons maintenant le côté sud, par où nous sommes arrivés, en nous dirigeant à droite de la porte du jardin de l'hôtel de Sully. Nous passerons devant le n°1bis, l'hôtel de Coulanges, où est née en 1626 Madame de Sévigné, puis, au n°1, devant le Pavillon du Roi, commandé par Henri 4 et où aucun roi n'a jamais vécu. L'arcade du pavillon du Roi et du côté nord, en face, celle du pavillon de la Reine, étaient à l'origine les 2 seuls accès de la place. Enfin arrêtons-nous devant le n° 6 : c'est l'hôtel de Rohan-Guéménée, actuellement siège du musée Victor-Hugo. 2 mots sur ce musée : Victor-Hugo a vécu là de 1832 à 1848. Le musée présente quelques-uns de ses superbes dessins visionnaires, des portraits de ses proches, des meubles dessinés par lui et composés de bouts de coffres gothiques et de bahuts  bretons. Il montre aussi l'étonnante salle à manger chinoise qu'il avait créée pour Juliette Drouet à Guernesey. Les admirateurs du grand homme feront leurs délices de tout cela, et les autres (oui-oui, il y en a), pourront toujours découvrir le peintre de génie qu'était Victor Hugo, et le décorateur original, dans le genre kitsch, et un peu délirant, qu'il a été aussi.

Le Musée Carnavalet

Rendons nous maintenant à l'angle nord-ouest, près du restaurant La Bourgogne, c'est-à-dire à l'opposé du musée Victor Hugo en traçant une diagonale. C'est le début de la rue des Francs Bourgeois. Nous sommes maintenant sur la rue des Francs-Bourgeois, près du restaurant la Bourgogne. Suivons-la en nous éloignant de la place. Traversons la rue de Turenne et continuons rue des Francs-Bourgeois jusqu'à la rue de Sévigné. Maintenant, regardons à gauche, dans la perspective de la rue de Sévigné, et arrêtons-nous au n°23, devant l'entrée du musée Carnavalet, le musée de l'histoire de Paris, qui occupe l'hôtel Carnavalet. Remarquez la maçonnerie sophistiquée du rez-de-chaussée, autour du portail, où la pierre est animée par une multitude de petites perforations : cette partie date du 16e siècle alors que le 1er étage et le grand toit datent du 17e. Regardez aussi les sculptures, de premier ordre, placées au dessus de l'entrée, et autour : des trophées, des lions, deux petits amours, et enfin sur la clef de la grande arcade, l'allégorie, longue et mince de l'abondance. Elle était posée à l'origine sur un globe, changé plus tard en masque, de carnaval bien sûr, quand l'hôtel est passé à la famille bretonne des Kernevenoch, ou Kernevenoy, rebaptisés Carnavalet par les parisiens. Mais d'aucuns disent que le nom de Carnavalet a une autre origine. Mme de Kernevenoy, veuve lorsqu'elle acheta l'hôtel, passe pour avoir été galante, plus fidèle à ses chevaux qu'à la mémoire de son mari. Du reste, elle fût membre du fameux «escadron volant de la Reine Margot», servant autant les amours de celle-ci, que les siennes. Il paraîtrait que certaines mauvaises langues la surnommaient « Carne à valet » liant ainsi son nom breton à ses débauches. Maintenant, entrons dans la cour. L'hôtel, qui est sans doute le plus bel hôtel Renaissance de Paris, a été construit vers 1550 et probablement par Pierre Lescot. Retenons son nom, car il a aussi été l'auteur de l'aile François Ier du Louvre. En outre, c'est le célèbre Jean Goujon qui a réalisé les sculptures : voyez, au fond de la cour, sur le logis, les bas-reliefs qui représentent les 4 saisons. Leurs drapés «  mouillés » ressemblent beaucoup à ceux de la fontaine des Innocents, autre oeuvre de Goujon que vous pouvez trouver aux Halles, et dont les sculptures originales sont au Louvre. Ce genre de drapé, moulant au point qu'on a l'impression d'une étoffe humide, révèle les formes du corps et est en cela représentatif de l'esthétique de la Renaissance. C'est une époque où les artistes étudient l'anatomie, et peignent, ou sculptent, à nouveau le corps nu, comme dans l'antiquité. C'est aussi, sur un bas relief, un exercice de virtuosité, d'une grande difficulté technique, comme on peut l'imaginer. Il y a aussi de belles réussites dans l'expression des visages, ou du corps entier : voyez l'hiver, emmitouflé et grelottant, l'automne, reconnaissable à ses grappes de raisin, avec son air farouche, presque coléreux. Quant à l'architecture de la Renaissance , rappelons qu'elle se répand en France au début du 16e siècle, à la suite des guerres d'Italie. Mais d'abord, elle prend la forme surtout d'un décor,à base de pilastres sculptés, de médaillons, de colonnettes qui sont plaqués sur des structures encore médiévales. Ce style orné de la première Renaissance est celui des châteaux de la Loire, et il est assez rare à Paris. A l'époque d'Henri 2, Pierre Lescot ou Philibert de l'Orme, appartiennent plutôt à la deuxième phase, la phase classique, où il s'agit, non plus de décorer, mais de construire, dans un style plus sobre, et où l'exigence de symétrie s'impose, comme nous le voyons ici . Mais justement, revenons à notre cour : au 17e siècle, François Mansart, « Le Grand » créateur du classicisme français, a surélevé les ailes latérales et le bâtiment d'entrée. Les bas-reliefs des ailes (les 4 éléments et les 4 vents) ont donc été réalisés à cette occasion. Une quinzaine d'années après, Madame de Sévigné loue l'hôtel. Ce sera sa dernière adresse parisienne, de 1677 à 1696 : et elle mourra cette année-là au château de Grignan. Les années qu'elle n'a pas passées ici se sont de toute façon déroulées dans le Marais, où la chère marquise est née, et a toujours vécu. C'est donc bien du Marais que sont parties la plupart de ses fameuses lettres - celle par exemple annonçant , (en retardant indéfiniment l'annonce) le mariage impensable de Lauzun, gentilhomme de petite noblesse gasconne, avec la Grande Mademoiselle, cousine germaine du roi : « ... la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare... », etc. Au milieu de la cour se trouve une remarquable statue de bronze de Louis 14, par Antoine Coysevox, l'un des plus grands sculpteurs français du 17e siècle. C'est la seule statue royale en bronze de Paris a avoir échappé à la fonte pendant la Révolution : elle se trouvait dans l'Hôtel de Ville et non sur une place royale, ce qui l'a sauvée. Coysevox est le sculpteur du « compromis » entre le goût baroque du mouvement, et celui, classique, de la stabilité. Cette statue nous en donne une bonne démonstration. Voyez comme le roi se tient debout et immobile. Le vent ne décoiffe pas sa perruque et ne gonfle pas les plis de son manteau, comme il l'aurait fait dans une sculpture du Bernin. Mais le déhanchement introduit discrètement le mouvement dans l'immobilité. La tenue est à demi antique (la cuirasse), à demi « moderne » (la perruque), ce qui était de règle à l'époque , et le geste de la main droite montre un roi magnanime, qui pardonne à ses sujets parisiens de s'être un peu révoltés contre lui pendant la fronde. C'est à dire environ 35 ans auparavant ! Louis était non seulement un monstre d'orgueil, mais aussi un personnage très rancunier. En devenant, au 19e siècle, le musée de l'histoire de la ville de Paris, l'hôtel Carnavalet a reçu, non seulement cette statue, mais aussi des ensembles de boiseries provenant d'hôtels particuliers démolis lors des travaux d'Haussmann. Vous pouvez le visiter à la fois pour découvrir l'histoire de la capitale, depuis le néolithique jusqu'au 20e siècle, et comme une sorte d'annexe du musée des Arts-Décoratifs, pour ses ensembles magnifiques de boiseries reconstituées. Nous vous recommandons sa visite. Mentionnons quelques points forts : pour le 17e siècle, les lambris peints de l'hôtel Colbert de Villacerf; pour le 18e : le salon du graveur Demarteau, aux murs peints par Fragonard et Boucher. Mais on peut citer encore le magasin de la rue Royale du joaillier Fouquet : chef-d'oeuvre Art-Nouveau de Mucha , et l'ébouriffant décor baroque-Art-Déco du salon de l'hôtel de Wendel par José Maria Sert, et puis les chambres d'écrivain reconstituées : celles de Marcel Proust et d'Anna de Noailles.

La rue des Francs-Bourgeois

Quittons maintenant Carnavalet et regagnons la rue des Francs bourgeois. Pour cela, ressortons de la cour et prenons 2 fois à droite. Avançons encore un peu rue des Francs-Bourgeois, jusqu'à la grille qui nous permet de voir le jardin de l'hôtel Carnavalet. Cette grille est surmontée de l'Arc de Nazareth, petit pont des soupirs parisiens, qui provient du palais de Justice, dans l'île de la Cité. Remarquons ses sculptures Renaissance : l'arc est attribué à Jean Goujon, un sculpteur qui vous est maintenant familier. Deux autres morceaux d'architecture ont été remontés : côté jardin, au fond à gauche, la façade 17e du Bureau des Marchands-Drapiers, et, en face de l'arcade, au milieu de l'aile à colonnade, un pavillon 18e de l'hôtel de Choiseul. Maintenant, avançons rue des Francs-Bourgeois, toujours en laissant derrière nous la rue de Sévigné, et prenons la première rue à gauche, qui est la rue Pavée. Avançons jusqu'au n°24, où un grand portail, ouvert du lundi au samedi. Vous êtes dans la cour de l'hôtel de Lamoignon, siège de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. L'hôtel date de la fin du 16e siècle. Il est donc un peu plus tardif que l'hôtel Carnavalet, et présente une architecture plus monumentale avec des pilastres d'ordre colossal. «Colossal» veut dire s'élevant sur plus d'un étage : ici sur toute la hauteur de la façade. Levons les yeux et regardons les frontons dont les corniches sont interrompues par des fenêtres. Ces bizarreries sont des caractéristiques de la phase finale de la Renaissance, qu'on appelle le Maniérisme. Comme tout l'art de la Renaissance, cette phase apparaît en France bien plus tard qu'en Italie. Les sculptures des frontons font allusion à la chasse : des têtes de cerf, des chiens, on y voit aussi des croissants de lune, emblème de Diane, déesse de la chasse : l'hôtel a en effet été construit pour Diane de France, duchesse d'Angoulême, fille naturelle d'Henri 2. L'aile gauche est plus récente : elle date des années 1620, période où l'hôtel appartenait à Charles de Valois, bâtard, quant à lui, de Charles 9 et de Marie-Touchet ! Retournons maintenant rue des Francs-Bourgeois et continuons à nous éloigner de la place des Vosges. Et arrêtons vous devant l'hôtel d'Albret, au n°31 Nous voici au 31. L'hôtel d'Albret, beau morceau d'architecture Louis 15, date de 1740. C'est un exemple assez rare de construction de cette période dans le quartier, alors que le Marais n'était plus à la mode, mais il s'agit, il est vrai, de la reconstruction d'une seule aile d'un hôtel plus ancien, remontant au 16e siècle : il en reste le logis en fond de cour, très restauré. Notez que celui-ci avait des cuisines en demi-sous-sol, emplacement commode, mais qui est resté rare à Paris. En effet, la crainte des incendies faisait généralement placer les cuisines dans l'une des ailes bordant la cour aussi loin que possible des appartements, de sorte qu'il fallait souvent transporter à travers la cour les plats refroidissant : l'exemple venait d'en haut, comme on peut le voir à Fontainebleau et à Versailles.Refermons cette parenthèse culinaire ; rendons-nous un peu plus loin à droite, au n° 30, à l'hôtel d'Almeras. L'hôtel d'Almeras, au N°30, a sur la rue un beau portail de 1612 à fronton compliqué, orné de têtes de bélier, et une architecture de brique et pierre, d'autant plus à la mode du jour que 1612 est l'année de l'inauguration de la place des Vosges. Continuons sur la rue des Francs Bourgeois. Au n° 38 s'ouvre un ancien cul-de-sac médiéval, l'impasse des Arbalétriers. L'impasse des Arbalétriers, si pittoresque avec ses étages en surplomb, était au début du 15e siècle, l'une des allées d'accès de l'hôtel Barbette, la résidence d'Isabeau de Bavière. C'est là, semble-t-il, que se situe en 1407, l'épisode de l'assassinat du duc Louis d'Orléans, le frère de Charles 6, par des sbires de Jean-sans-Peur, le duc de Bourgogne, son cousin. Ils opérèrent, si l'on ose dire, à coup de hache, et avec tant d'entrain que l'écuyer du duc dut revenir le lendemain récupérer la main gauche et un morceau de la cervelle, que l'on avait oublié la veille lors du transport du corps. L'impasse, à la rouge histoire, donne aujourd'hui accès au paisible Centre Culturel Suisse.

L'hôtel Hérouet

Continuons ensuite jusqu'à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois et de la rue Vieille du Temple. A droite, accordons un instant à l'hôtel Hérouet, restauré après le bombardement de 1944. Il présente une échauguette (c'est-à-dire une tourelle en encorbellement), et un décor gothique tardif. Puis prenons la rue Vieille du Temple à gauche, et descendons-la jusqu'au n°47. Nous sommes, au N°47, devant les pierres très noires de l'hôtel Amelot-de-Bisseuil, dit des Ambassadeurs de Hollande. L'hôtel a été construit à partir de 1650 sur une demeure médiévale, l'hôtel de Rieux, dont les murs sont en partie conservés dans la 2e cour, mais recouverts d'un placage classique. Prenons le temps d'admirer ce portail sculpté. Il est l'un des plus beaux du Marais. Il s'orne entre autres, d'une paire de spectaculaires têtes de Méduse, à la chevelure hérissée de serpents. Vous verrez bien d'autres portails anciens dans le Marais, datant pour la plupart du 17e siècle. Vous pourrez facilement faire la distinction entre ceux, de style bourgeois et économe, qui sont renforcés de pièces de bois cloutées, et les plus luxueux, avec des décors sculptés, allégoriques, ou mythologiques, comme celui-ci. Naturellement ces derniers sont plus rares. L'hôtel a eu, à partir de 1776, et pour 12 ans, un locataire entreprenant : Beaumarchais, qui y a écrit Le Mariage de Figaro, y a fondé la société des auteurs, ancêtre de l'actuelle Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques et y a dirigé une compagnie de commerce fictive, la société Roderigue Hortalez et cie. Cette société servait d'écran aux livraisons d'armes aux insurgés américains, avant que la France n'entre officiellement en guerre à leurs côtés contre l'Angleterre.


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