Les objets d'art d'Extrême-Orient qu'abrite le musée d'Ennery ont été rassemblés par Madame Clémence d'Ennery, épouse de l'auteur dramatique du même nom, dans la seconde moitié du 19ème siècle. En 1875, elle avait fait construire cet hôtel particulier de style Second Empire pour les réunir sa collection de 7000 pièces contenant des céramiques de Kyoto du XVIII siècle, des coffres en bois laqué incrustés de nacre, des poupées en porcelaine, des masques d'animaux et de chimères. A voir L'hôtel Second Empire et sa décoration La collection de " netsuke ", fameux bijoux japonais. A faire Visiter le musée A proximité L'avenue Foch
Musée d’Ennery : cabinet de curiosités impérial dédié à l’Extrême-Orient
Niché à l’orée de l’avenue Foch, dans l’un des quartiers les plus élégants du 16e arrondissement de Paris, le musée d’Ennery est l’un des secrets les mieux gardés de la capitale. Installé dans un hôtel particulier de style Second Empire, ce musée singulier abrite une collection exceptionnelle d’objets d’art d’Extrême-Orient, réunie au XIXe siècle par Clémence d’Ennery, collectionneuse passionnée et pionnière, à une époque où l’engouement pour le Japon et la Chine commençait tout juste à toucher les élites artistiques européennes. Ici, tout est raffinement, profusion, précision : une immersion dans un univers féérique et minutieux, bien loin des muséographies contemporaines épurées.
Une collection privée, née d’un amour érudit de l’Asie
Clémence d’Ennery, épouse de l’auteur dramatique Adolphe d’Ennery, commence sa collection vers le milieu du XIXe siècle, bien avant que le japonisme ne devienne une tendance artistique majeure en France. Avec un œil avisé et une curiosité insatiable, elle acquiert plus de 7 000 pièces en provenance du Japon, de Chine, du Vietnam et de Corée, privilégiant les objets de petite taille, richement ouvragés et porteurs de sens symbolique.
Fascinée par les contes, les religions asiatiques, les traditions artisanales, elle ne cherche pas à rassembler une collection encyclopédique mais à créer un univers personnel, poétique, narratif, peuplé de chimères, de masques, de créatures fantastiques et d’objets rituels.
En 1875, elle fait édifier un hôtel particulier pour accueillir cette collection, scénographiée comme un théâtre d’ombres et de matières, dans une ambiance chargée, décorative et immersive. À sa mort, le musée est légué à l’État, avec la volonté expresse de conserver la muséographie d’origine — ce qui en fait aujourd’hui l’un des très rares musées parisiens restés « dans leur jus », à la manière d’un cabinet de curiosités.
Un hôtel particulier Second Empire conservé dans son intégralité
Le bâtiment lui-même est remarquable. Construit dans le goût du Second Empire, avec ses volumes généreux, ses décors en stuc, ses boiseries et ses rideaux lourds, il constitue un écrin idéal pour cette collection dense et précieuse. L’intérieur a été conçu comme une œuvre d’art totale, où chaque mur, chaque vitrine, chaque meuble contribue à la mise en valeur des objets. Les couleurs sombres, les éclairages ponctuels, les encadrements de soie et de bois précieux forment un décor théâtral, intime, presque mystique.
On évolue comme dans un conte asiatique du XIXe siècle, de salon en salon, suivant une logique intuitive plus que muséale, dans une atmosphère où le foisonnement volontaire donne au visiteur le sentiment d’être entré dans l’univers mental de la collectionneuse elle-même.
Un trésor asiatique dans les détails
Parmi les pièces les plus fascinantes du musée :
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Les céramiques de Kyoto du XVIIIe siècle, aux glaçures subtiles, souvent décorées de scènes végétales, animales ou mythologiques, avec une précision et une grâce exceptionnelles.
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Les coffres laqués incrustés de nacre, véritables chefs-d'œuvre de l’artisanat japonais, coréen ou chinois, parfois rehaussés de ferrures ciselées ou de charnières zoomorphes.
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Les poupées en porcelaine, masques de théâtre nô, têtes de démons, figurines protectrices — tous porteurs de significations religieuses ou légendaires, parfois effrayants, souvent fascinants.
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Les netsuke, petites sculptures en ivoire, bois ou os, qui servaient à accrocher les objets à la ceinture du kimono. Ce sont de véritables micro-univers narratifs, condensés de style et d’humour, représentant animaux, divinités, scènes du quotidien ou motifs érotiques.
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Les masques d’animaux et de chimères, évoquant les esprits du folklore japonais ou les entités du bouddhisme tantrique tibétain : lions, dragons, tanuki, tengu, tous superbement sculptés.
Ce qui frappe dans l’ensemble, c’est la cohérence esthétique et symbolique de la collection. Il ne s’agit pas ici d’un simple entassement d’objets rares, mais d’un véritable récit visuel, une cosmogonie silencieuse qui traverse les époques et les cultures.
À voir absolument
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La salle des netsuke, souvent considérée comme l’un des plus beaux ensembles conservés en Europe
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Les panneaux muraux et les vitrines d’époque, intégrées dans la décoration
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Les objets d’art religieux (bouddhique et shinto), présentés sans hiérarchie entre art et spiritualité
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La disposition d’origine, respectée à la lettre, rareté absolue dans un musée d’arts asiatiques
À faire
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Prendre rendez-vous : la visite du musée se fait sur réservation uniquement, ce qui garantit calme et qualité d’écoute
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Apporter une loupe ou utiliser celle fournie pour observer les détails gravés dans les netsuke ou les coffrets
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Demander une visite guidée, souvent assurée par des spécialistes passionnés
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Photographier les motifs symboliques (lorsque c’est autorisé) : ils sont une source d’inspiration graphique intarissable
À proximité
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L’avenue Foch, l’une des plus larges et verdoyantes de Paris, idéale pour prolonger la visite à pied
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Le musée de l’Homme ou le Palais de Chaillot, à 10 minutes à pied, pour une autre perspective sur les cultures du monde
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Le Bois de Boulogne, tout proche, pour une pause nature après l’intensité visuelle du musée
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La rue de la Pompe, avec ses belles maisons de la fin du XIXe, à découvrir pour son architecture résidentielle
Le musée d’Ennery est un véritable cabinet de curiosités asiatiques du XIXe siècle, un lieu hors du temps, d’une richesse foisonnante et d’une beauté concentrée, qui offre l’expérience rare d’entrer dans l’univers mental d’une grande collectionneuse visionnaire. Un lieu d’émerveillement silencieux, à la croisée de l’art, de la légende et du sacré.
Ce lieu se trouve dans le guide Paris .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Plan Musée d'Ennery
Avis Musée d'Ennery
Infos pratiques Musée D'Ennery Paris
- Adresse : 59, avenue Foch, 75000 Paris
- Itineraire vers Musée d'Ennery : voir la carte.
- Téléphone : +33145535796
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