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A 4 kilomètres de Lons-le-Saunier se dresse le château du Pin, dans le village du même nom, et à proximité d'une ancienne voie romaine. Au milieu des pâturages et des vignes, l'un des plus anciens vestiges de l'architecture militaire du Moyen-Age a été construit en 1253 par Jean de Chalon afin de « défendre » la route du sel. Détruit par la suite sur ordre de Louis XI puis reconstruit au XV ème siècle, le château a été restauré à partir du XX ème siècle par ses nouveaux propriétaires. De l'extérieur, le château ne manque pas d'impressionner par ses 5 tours semi-circulaires, ses hauts remparts et son portail fortifié. Des fossés existaient mais ont été malheureusement comblés. Le donjon du XII ème siècle, accessible au public et haut de 22 mètres abrite quant à lui une monumentale cheminée ainsi qu'une chapelle, et offre une très belle vue sur les environs et les vallées jurassiennes.
À seulement quatre kilomètres de Lons-le-Saunier, au cœur d’un paysage vallonné fait de vignes, de bois et de pâturages, le château fort du Pin se dresse dans un silence majestueux. Dans ce recoin du Jura où la nature semble suspendre le temps, l’édifice figure parmi les témoins les plus anciens de l’architecture défensive médiévale de Franche-Comté. À proximité immédiate d’une ancienne voie romaine, ce château stratégique fut érigé pour surveiller et protéger un axe vital : la route du sel, ressource précieuse entre toutes au Moyen Âge.
Le château du Pin voit le jour en 1253 sous l’impulsion de Jean de Chalon, prince de sang capétien et seigneur influent de la région. À cette époque, le contrôle des routes commerciales est un enjeu économique et géopolitique majeur. Le sel, indispensable à la conservation des aliments, est l’or blanc de l’époque, et sa circulation fait l’objet de convoitises. Le site du Pin, placé en hauteur et en bordure de la voie reliant les salines de Salins-les-Bains à la Saône, est un emplacement idéal pour surveiller ce flux stratégique.
La forteresse n’est pourtant pas épargnée par les turbulences du royaume. Louis XI, dans sa politique d’affaiblissement des grandes familles féodales et de recentralisation du pouvoir royal, ordonne sa destruction au XVe siècle. Elle renaît pourtant de ses ruines dans les décennies qui suivent, reconstruite dans un style militaire qui intègre déjà des éléments de transition vers l’architecture résidentielle.
De l’extérieur, le château fort du Pin impressionne immédiatement par la pureté de ses lignes et la force qu’il dégage. L’enceinte rectangulaire est flanquée de cinq tours semi-circulaires, élancées et austères, renforçant l’allure défensive de l’ensemble. Les hauts remparts offrent un exemple typique des fortifications médiévales, autrefois bordées de fossés (aujourd’hui comblés) qui accentuaient la difficulté d’accès.
Le portail fortifié, accessible par un petit pont, demeure l’une des entrées les plus pittoresques de la région, avec son arc en ogive et ses rainures permettant d’abaisser une herse. Le caractère militaire de l’ensemble est encore accentué par les meurtrières, archères et mâchicoulis conservés sur certaines parties du mur d’enceinte. Ces éléments défensifs, d’une grande sobriété, rappellent que ce château fut avant tout un bastion de contrôle territorial.
L’élément le plus ancien du site n’est pas de 1253, mais antérieur : le donjon, probablement bâti sur des bases encore plus anciennes du XIIe siècle. Haute tour rectangulaire de 22 mètres, il résiste aux siècles comme un signal planté dans le paysage jurassien. Accessible au public, il offre plusieurs points d’intérêt remarquables.
L’intérieur abrite une cheminée monumentale, typique des grandes salles seigneuriales médiévales, dont les dimensions sont à la mesure de la vie communautaire qui s’y déroulait. Une chapelle intégrée dans la tour illustre l’importance des pratiques religieuses dans l’organisation des seigneuries, souvent dotées de lieux de culte autonomes.
Depuis son sommet, le regard embrasse un panorama saisissant sur les collines et vallées du Jura, un tableau mouvant qui change au gré des saisons. Le relief doux mais escarpé de la région se prête admirablement à la contemplation : une halte au sommet du donjon constitue un moment fort de la visite.
À l’abandon durant plusieurs siècles, le château du Pin connaît une renaissance progressive au XXe siècle grâce à des propriétaires passionnés, qui entreprennent une restauration longue, patiente et respectueuse du bâti d’origine. Toitures, charpentes, maçonneries, cheminées et vitraux sont progressivement consolidés ou reconstruits, en s’appuyant sur les archives disponibles et l’archéologie du bâti.
Aujourd’hui, les efforts de valorisation permettent non seulement d’arpenter les extérieurs, mais également de découvrir certaines pièces intérieures restaurées, lors de visites guidées ponctuelles ou de journées du patrimoine. Le site conserve une atmosphère rare : celle d’un château qui n’a pas été transformé en décor mais qui conserve la rugosité de la pierre, le souffle du vent dans les meurtrières, la verticalité silencieuse de son donjon.
Meilleur moment pour visiter : privilégiez le printemps ou l’automne, où les couleurs de la nature environnante subliment le site. L'été offre aussi l’occasion de coupler la visite avec des festivals locaux ou marchés artisanaux.
Accès : en voiture, le château est à moins de 10 minutes de Lons-le-Saunier. Stationnement gratuit au pied du village. Une courte marche permet de rejoindre l’entrée du site.
Type de visite : renseignez-vous à l’avance sur les journées de visites guidées, souvent organisées par des associations locales de sauvegarde du patrimoine. Certaines visites incluent des démonstrations de métiers anciens, des expositions d’armes ou de manuscrits, ou des animations médiévales.
À ne pas manquer : la montée au donjon, la vue depuis les remparts, et la chapelle romane, peu décorée mais saisissante par sa sobriété.
Bon à savoir : le château étant encore partiellement habité, l’accès à certaines parties peut être restreint. Le site n’est pas entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite.
Niché entre forêts et vignobles, sur une terre où l’histoire a laissé son empreinte jusque dans les pierres, le château fort du Pin n’est pas un simple monument. C’est une présence, une sentinelle du passé encore debout, gardienne d’un territoire dont elle raconte la mémoire.
Ce lieu se trouve dans le guide Jura .Auteur du guide: Julien Laz, grand voyageur ayant visité des centaines de destinations, et fondateur de Cityzeum. Update page : avril 2025
Du 1er juillet au 31 août de 13:00 à 19:00 Les deux journées du week-end du patrimoine en septembre
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