La Vénus de Milo 

9 chefs-d'oeuvre du musee du louvre 

La Vénus de Milo 

Nous allons maintenant quitter ce Louvre Médiéval pour rejoindre «la Vénus de Milo». Pour ce faire, continuons notre parcours en longeant les murs qui partent vers la droite. Marchons jusqu’au bout de cet espace et arrêtons-nous devant un escalier surmonté d’une statue de sphinx couché.

Arrivés devant le sphinx couché, tournons à droite et montons les marches.

Alors, maintenant regardez devant vous : à quelques mètres, nous voyons une statue de femme debout, de dos. Approchons-nous-en et contournons cette statue pour la contempler de face.

Il s’agit de la Vénus de Milo, un des chefs-d’œuvre les plus connus du Louvre.
Tout d’abord, quelle fut son histoire avant d’arriver ici, au Louvre, et d’être contemplée par des millions de visiteurs chaque année ?
Eh bien, cette statue fut trouvée dans le sol par un paysan au début du 19e siècle en Grèce, dans l’île de Milo, située dans les Cyclades grecques – ce sont les îles situées au sud de la Grèce, entre le continent grec et la Crête. La statue fut trouvée près du théâtre de la cité antique. L’ambassadeur de France l’acheta alors et en fit don au Musée du Louvre.
Au moment de sa découverte, ses bras manquaient, et elle était séparée en 2 parties. À part quelques retouches minimes (nez, lèvre inférieure, orteil du pied droit), elle est restée telle qu’elle a été découverte.

Cette statue date d’environ 100 avant Jésus-Christ. C’était alors la période dite « hellénistique » de l’histoire de la Grèce antique. Cette période se situe après les conquêtes d’Alexandre le Grand, vers l’an moins 320, et s’achève au moment de la conquête romaine de la Grèce, vers moins 100. C’est la dernière période de l’art grec, et le terme de son évolution. Le motif du corps féminin nu ou drapé est, à cette époque, un motif privilégié. La statue a donc été réalisée EN GRECE, par un sculpteur inconnu, mais sûrement GREC.
Il s’agit donc d’une sculpture antique GRECQUE, ce qui est très rare. En effet, les sculptures grecques antiques ont très souvent disparu et ne sont connues de nos jours que par des copies romaines postérieures. C’est en partie pour cela que cette statue est si renommée.
A cette statue, il manque donc les bras, et avec les bras, il manque aussi les attributs qui auraient pu permettre d’identifier ce que représente cette statue.
Les bras de la statue n’ayant jamais été retrouvés, leur geste a beaucoup fait rêver et reste mystérieux. D’après les attaches conservées, il semble que le bras droit croisait le corps, la main droite effleurant la hanche gauche. Quant au bras gauche, il semble qu’il était en position élevée, peut-être tendu vers l’avant.
Que pouvait bien tenir ce bras levé ? De nombreuses tentatives de reconstitution ont été menées : les archéologues ont pensé à un arc, la statue aurait alors représenté Artémis, la déesse de la chasse dans l’antiquité grecque. D’autres ont pensé qu’elle tenait un trident. La statue aurait alors été celle d’Amphitrite, déesse de la mer. On a même parfois pensé à un bouclier et cela aurait donc été une représentation d’Athéna, déesse de la guerre.
Et finalement, tout le monde est tombé d’accord pour penser qu’il s’agit d’une représentation d’Aphrodite, déesse grecque de l’amour et de la fécondité plus connue sous son nom latin de « Vénus ». On l’appelle donc la Vénus de Milo : c’est la Vénus trouvée à Milo.

Et maintenant, faisons abstraction de toute considération archéologique ou historique et regardons bien attentivement les lignes de ce corps de femme et suivons-les : le pied gauche qui est surélevé, puis la jambe gauche qui se dessine sous les draperies, un peu pliée et qui forme une courbe qui irait de la droite vers la gauche en montant, ce mouvement étant répété par la jambe droite. Ensuite, plus haut regardons les hanches qui forment un mouvement de déhanchement de la gauche vers la droite ; puis enfin le haut du corps. Ce buste est légèrement penché vers la gauche et les épaules forment une oblique. Tout en haut, la tête, penchée vers la gauche et les yeux regardant vers la droite. Maintenant que vous avez suivi des yeux les détails, regardons l’effet d’ensemble des courbes. Les jambes vont de droite, à gauche ; puis les hanches de gauche à droite ; puis le buste de droite à gauche, puis les yeux qui regardent à droite.
En conclusion : la torsion de la jambe vers l’intérieur amorce un S dont le buste décrit la partie supérieure, et tout le corps suit un mouvement tournant. Nous avons donc ici des effets de mouvement très prononcés, une torsion du corps. Tous ces éléments donnent une sensation parfaitement maîtrisée de la 3e dimension. Le corps se déploie vers la gauche et vers la droite, mais aussi d’arrière en avant.

Maintenant que nous avons bien compris les lignes de ce corps, regardons-en les détails et les volumes : voyez la souplesse et la finesse de la jambe qui apparaît d’une façon sensuelle sous la draperie et puis les hanches, larges et pleines et le petit ventre, sur lequel on voit presque les muscles abdominaux, suffisamment pour que cela soit proche de la nature, mais pas trop pour que cela ne fasse pas « bodybuildée». Puis regardons les seins, un peu lourds, mais parfaitement ronds. Comme nous le voyons : il se dégage de cette sculpture l’impression d’avoir à faire, non pas à la femme idéalisée, mais à la femme idéale. L’art grec au court de son évolution – et nous sommes ici à la fin de cette évolution - acquiert une maîtrise croissante dans la vérité anatomique.
Et ce corps de femme parfait, aux formes pleines, mais pourtant pas trop épanouies, n’est-il pas celui qu’on imagine pour Vénus, déesse de la beauté, de l’amour sensuel, et de la fécondité ?
C’est ainsi que cet artiste grec inconnu a réussi à représenter une vérité universelle, celle de la beauté du corps de la femme. Vérité qui touche encore les hommes de notre époque, au-delà des siècles, et des continents et c’est ainsi que cette sculpture est un chef-d’œuvre connu dans le monde entier.


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