Les Chevaux de Marly

9 chefs-d'oeuvre du musee du louvre 

Les Chevaux de Marly

Maintenant, nous allons voir les statues dites « des Chevaux de Marly ». Continuons maintenant la galerie Michel-Ange vers son extrémité. Nous vous attendons au bout de la galerie.

Arrivé au bout, descendons 4 marches pour nous trouver alors dans un vestibule. Nous tournons à droite et descendons encore 7 marches.

A notre gauche, nous voyons un escalier roulant qui descend. Empruntons-le.

Arrivé en bas du 1er escalier roulant, descendons l’escalier roulant que nous trouvons en face de nous, un tout petit peu sur la gauche.

Arrivés en bas du 2e escalier roulant, nous passons sous une voûte, et allons tout droit. Nous descendons ensuite un 3e escalier roulant pour nous retrouver sous la pyramide en verre.

Traversons alors tout droit l’espace situé sous la pyramide. Repérons l’escalier roulant surmonté du mot « Richelieu » et montons cet escalier.

Arrivés en haut, allons tout droit, montrons notre billet au contrôle et marchons tout droit jusqu’au bout.

Arrivés au bout, tournons à gauche. Nous nous trouvons dans une très grande salle qui est une ancienne cour couverte d’une verrière qui a permis de réunir et d’abriter des sculptures autrefois réalisées pour le parc de château de Marly.
Au centre de cette salle, sur des socles très élevés, nous voyons 4 statues représentant des chevaux, ce sont les fameux chevaux de Marly.

Ils sont le triomphe de la sculpture française du 18e siècle. Leur célébrité est toujours restée constante. Tous les 4 ont été créés pour le château de Marly, « maison de week-end » que Louis 14 se fit construire près de Versailles. A la révolution, le château de Marly fut détruit et les 4 chevaux furent transportés sur la place de la Concorde avant d’être transférés au Louvre.

Tout d’abord, voyons ce qui s’offre à nos yeux.
Restons un peu en contrebas et commençons par observer les 2 chevaux les plus éloignés de nous. Ce sont les plus anciens : ils ont été réalisés sous Louis 14 par le sculpteur du roi, Coysevox en 1706.
Tous 2 constituent des tours de force technique : ils sont chacun réalisés dans un seul bloc de marbre.

Regardons la sculpture de gauche, c’est une femme montée sur un cheval: elle porte sur la tête une couronne de laurier, et souffle dans une trompette, il s’agit de la « Renommée », messagère de Jupiter dans la mythologie antique. Elle souffle dans une trompette pour annoncer les victoires et la gloire du Roi-Soleil.
Quant au cheval, vous l’aurez reconnu avec ses ailes : c’est Pégase, le cheval ailé de la mythologie antique. Regardons sous le cheval : il y a un amoncellement d’armes et armures. Ce sont celles des soldats de Louis 14.

Passons maintenant à la statue de droite, c’est un homme monté sur un cheval: c’est « Mercure », dieu romain des voyageurs et du commerce. Il porte dans sa main droite le caducée, devenu de nos jours l’emblème des médecins et traditionnellement celui de Mercure.
Le cheval est encore Pégase. Là aussi, il saute au-dessus d’éléments militaires.
Mercure symbolise la prospérité qu’apporte la paix, retrouvée grâce au roi Louis 14.
Ces sujets sont typiques du discours officiel allégorique et emphatique de l’époque de Louis 14, discours qui glorifie la France et le roi.

Et enfin, regardons les 2 statues les plus proches de nous. Elles ont été réalisées 40 ans après les 1eres, en 1745, sous Louis 15, par le sculpteur du roi, Coustou, neveu de Coysevox. Elles représentent des « Chevaux échappés retenus par des palefreniers ».

Et là, le genre est très différent : il n’y a plus Pégase, il n’y a plus d’armes amoncelées. Les hommes sont nus ou presque ; ils n’ont aucun attribut, ni trompette ni caducée. Ce sont simplement des hommes qui tentent de retenir des chevaux sauvages, qui veulent reprendre leur liberté. La composition est d’un dynamisme intense, les draperies claquent, les chevaux semblent s’envoler, ils font un effort désespéré vers la liberté.

Essayons de regarder les détails des chevaux : leur représentation est proche de la nature : leurs yeux fous, leur crinière au vent, leur gueule qui s’ouvre en un hennissement, chaque muscle est bandé : ceux des jambes, des cuisses, du ventre, du cou. Ils furent sculptés d’après des modèles vivants.
On peut dire que d’une certaine manière, ils illustrent le retour au naturel qui préside aux arts sous Louis 15. Les contraintes de l’art d’apparat du temps de Louis 14 font place à un art d’agrément et de plaisir. Mais pas seulement cela. Nous sommes au 18e, c’est le Siècle des Lumières. Et l’idée de Liberté fait son chemin, même auprès des classes possédantes. Et il nous semble que nul ne peut être insensible à cette image de ces chevaux ivres de recherche de leur liberté. Ainsi dans l’art dans la littérature, dans la philosophie, ces idées des lumières prennent racines et rallieront même des nobles qui -44 ans plus tard- rejoindront les tiers États pour créer une assemblée constituante qui débouchera sur la Révolution française et la Déclaration des droits de l’homme.

Et c’est pour cela que nous voulions terminer notre découverte des chefs-d'œuvre du Louvre par les Chevaux de Marly. C’est un hommage aux artistes dont le génie a su faire corps avec les pulsions parfois non encore exprimées de leur époque.

Vous connaissez maintenant les chefs-d’œuvre les plus connus du Musée du Louvre, vous revenez d’un voyage dans le temps : antiquité grecque, Renaissance italienne, France du 17e, du 18e puis du 19e siècle. Le Louvre ne vous a pourtant pas dévoilé toutes ses richesses. Loin s’en faut.


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