L’histoire d’Avignon

Avignon

L’histoire d’Avignon

Nous sommes devant l’entrée du cloître ? Entrons, et allons jusqu’au milieu.

Nous voilà dans un beau cloître de pierre blonde, restauré dans les années 198O. Au centre, autour d’un bassin, se dressent 4 extraordinaires platanes, sans doute, les plus vieux d’Avignon, avec leurs branches gigantesques taillées en éventail. Ce havre de paix et de tranquillité est occupé aujourd’hui par un hôtel. Eh bien avant de parler du cloître Saint-Louis, profitons de son silence pour donner un petit aperçu de l’histoire d’Avignon.

Avignon appartenait, depuis la fin du 13e siècle au comte de Provence, Charles 2 d’Anjou, qui était en même temps roi de Naples. Et puis un beau jour de 1309, le pape Clément 5 a décidé, à la surprise générale, de s’y installer. Évidemment, cette décision aura un impact important sur Avignon et il est intéressant de comprendre pourquoi il lui vint cette idée. En fait, élu 4 ans auparavant, Clément 5 ne cessait de voyager, et ne voulait surtout pas résider à Rome, ville peu sûre à cette époque. Car la Rome d’alors n’a rien à voir avec la Rome d’aujourd’hui ni avec la Rome capitale de l’empire Romain 1000 ans auparavant. Des quartiers entiers sont abandonnés et tombent en ruine. La ville est dépeuplée, mais là n’est pas le principal problème. Rome, comme d’autres cités italiennes est en proie, au Moyen-âge, à une sorte de guerre civile, entre quelques grandes familles nobles et leur nombreuse « clientèle » : quelque chose comme une guerre des gangs,  mêlée de vendetta, sous les blasons des plus vieilles familles romaines ! D’ailleurs, soit dit en passant, c’est cela qui explique que les palais et demeures des nobles italiens de ces époques ressemblent à de petites forteresses.
Pour sa part, Avignon présentait plusieurs avantages : par exemple, celui de ne pas être vraiment dans le royaume de France, tout en étant juste à côté. Clément 5 était un pape français, ancien archevêque de Bordeaux, et assez proche du roi de France Philippe Le Bel. Il abandonnera d’ailleurs les Templiers à ce même Philippe le Bel. Cela dit, il ne voulait sans doute pas être à la merci de son protecteur. Et de fait, les terres du roi commençaient de l’autre côté du Rhône, à partir de Villeneuve. Autre intérêt : la ville était à la jonction de 3 territoires : ceux du roi de France et du comte de Provence donc. Mais aussi celui du pape lui-même. Car à quelques kilomètres de là commençait un petit état pontifical qui est resté enclavé dans le royaume de France jusqu’à la Révolution française: il s’agit du Comtat Venaissin.
Ce qui peut paraître curieux, c’est que le pape Clément n’ait pas choisi de s’installer « chez lui », dans le Comtat Venaissin. Et c’est donc la 3e raison qui explique cela : Avignon avait surtout l’avantage d’être un nœud de communication sur le sillon rhodanien, alors la voie commerciale la plus importante en Europe. Et d’ailleurs, son fameux pont, était l’un des rares points fixes de franchissement du Rhône. La chrétienté a donc eu les yeux fixés sur Avignon jusqu’en….Eh bien, d’abord jusqu’en 1376 .Cette année-là, le pape Grégoire 11 décide de retourner à Rome. Mais peu après ce coup de théâtre: c’est le début du Grand Schisme d’Occident : Un pape va régner à Rome, et un autre, un pape rival, règnera à Avignon, élu par les mêmes cardinaux, qui avaient changé d’avis entre temps, ou par des cardinaux dissidents. Les états européens reconnaîtront l’un ou l’autre pape, car il fallait bien choisir, en fonction de leurs affinités politiques. La France et ses alliés soutenant les 2 derniers papes d’Avignon presque jusqu’à la fin. Et après? Eh bien après, Avignon a été la capitale des enclaves pontificales, en somme une possession italienne en territoire français, jusqu’à son rattachement à la France en 1791.


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