Le temple Saint Martial

Avignon

Le temple Saint Martial

Et sinon, continuons notre périple. En sortant de la cour, prenons la rue Violette à droite jusqu’à la rue Portail Boquier, et reprenons celle-ci à droite jusqu’au boulevard Raspail.

Prenons maintenant à gauche le boulevard Raspail jusqu’au cours Jean Jaurès.

Traversons le cours Jean-Jaurès et entrons dans le square Anatole Perdiguier, situé à droite de l’Office de Tourisme.

Nous sommes dans le square ? Eh bien, regardons d’abord sur la gauche en entrant dans le square. Nous voyons des arcades de pierre parallèles à la grille et au cours Jean Jaurès. Elles sont le seul vestige du cloître de Saint-Martial, un riche couvent-collège fondé au 14e siècle et rattaché à l’abbaye de Cluny. Et, vu l’époque de leur construction, et surtout vu leur forme, il s’agit d’arcades gothiques. Quelle est leur forme ? Elle est dite en arcs brisés. Quand une arcade a la forme d’un demi-tonneau, elle est dite en plein cintre. Quand elle a la forme de deux bouts d’arcs qui se rejoignent en haut –comme c’est le cas ici-, elle est dite en arcs brisés. La première forme, le plein cintre, est caractéristique de l’art roman et la seconde, l’arc brisé, du gothique. Cela dit, et ce serait trop simple sinon- il y a quelques exceptions à cette règle. Mais revenons à Saint-Martial.
De ce couvent disparu, il reste aussi l’église, vous la voyez sur le côté gauche du square. Elle est devenue le temple Saint Martial, depuis qu’elle a été affectée au culte protestant en 1883. Et d’ailleurs, notons que c’est à l’emplacement de cette église que se trouvait la maison de la reine Jeanne de Naples où a été conclue la vente d’Avignon à la papauté, en 1348. Avançons un peu vers l’église.

Les arcs boutants qui soutiennent le côté droit de l’église, et que nous voyons dans le square, franchissent de grandes arcades gothiques à l’aspect à demi ruiné. Et en effet, ce sont les vestiges d’une nef latérale de l’église dont la voûte et le mur extérieur se sont effondrés. Ce côté mi ruiné mi-intact fait partie du charme de Saint-Martial, avançons maintenant vers l’arrière de l’église, c’est-à-dire vers le côté du square opposé au cours Jean Jaurès.

C’est la partie la mieux conservée, les fenêtres sont tout à fait typiques de la phase finale de l’art gothique, que l’on appelle le gothique flamboyant. Regardez les fenêtres. Vous y voyez tout un réseau de pierre qui soutient les vitraux. Et bien, vous remarquerez que ce réseau sinueux a une forme de flammes, forme à laquelle le gothique flamboyant doit son nom. Contournons maintenant l’arrière de l’église et nous arrivons à la sortie du square. Sortons et nous tombons sur la rue Henri Fabre

Prenons la rue Henri Fabre à gauche afin de longer l’église, et arrêtons-nous devant son portail latéral de style classique.

Ce portail date de 17OO, et il est l’œuvre de l’architecte Pierre Mignard. Ce nom vous dit certainement quelque chose ? C’est celui de l’un des plus célèbres peintres de Louis 14.
Eh bien, le Pierre Mignard d’Avignon était à la fois son homonyme, et son neveu ; c’est l’un des meilleurs architectes avignonnais. Nous le retrouverons tout à l’heure, près du palais des papes. Si la porte est ouverte, vous pouvez entrer, et depuis une pièce qui sert de vestibule au temple, vous devriez voir à gauche, à travers une porte vitrée, le chœur gothique de Saint-Martial. Dans ce cas, prenez le temps de le regarder et nous vous vous attendons ici-même, dans un instant.


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