Les 3 hôtels particuliers de la rue du Roi René

Avignon

Les 3 hôtels particuliers de la rue du Roi René

Continuons maintenant d’avancer dans la rue Laboureur, toujours en nous éloignant de la rue Fréderic Mistral, jusqu’à la place Saint-Didier.

Cette place entoure le chevet (c’est-à-dire, pour une église, l’arrière) de l’église Saint-Didier.
Prenons la 2e rue à droite sur la place, la rue du Roi René, et allons jusqu’au n°7. Nous serons alors sur une petite place qui n’a pas de nom, car c’est une fausse place : elle est formée par un coude de la rue, et bordée par 3 hôtels particuliers.

Avignon est riche en hôtels particuliers 17e-18e, mais ils sont dispersés dans le tissu urbain. Il n’y a pas de place ou de rues bordées d’un ensemble de façades régulières comme on en voit à Aix-en-Provence, à Bordeaux, ou à Nancy. Les constructions de cette période se sont faites au fur et mesure des initiatives privées, et en général en conservant le tracé des rues médiévales. C’est d’ailleurs ce qui donne au vieil Avignon son côté pittoresque. Eh bien ici, grâce au coude de la rue du Roi René, nous avons une fausse petite place, qui fait un peu exception dans le paysage avignonnais, en ce sens qu’elle est bordée d’hôtels particuliers sur 3 côtés.
Il s’agit, à droite, de l’hôtel Fortia de Montréal, construit en 1637. A gauche, au n°7, c’est l’hôtel Berton de Crillon, construit une dizaine d’années après. Et le 3e, au fond, au n°12, est l’hôtel d’Honorati de Jonquerettes, bâti au 18e siècle, dans un style plus sobre.
Vous vous souvenez de l’hôtel de Caumont, tout à l’heure, qui abritait la collection Lambert ?
C’était, à un ou deux détails près, le type parisien de l’hôtel tel qu’on en trouve rue du faubourg Saint-Germain ou du faubourg Saint-Honoré. Ce type d’hôtel, appelé « entre cour et jardin » car le corps de logis est placé en fond de cour, donc éloigné de la rue. Ici, rien de tel : c’est l’autre type d’hôtel avignonnais: c’est le type du palais romain, dont la haute façade donne directement sur la rue. Et cette hauteur est d’autant plus spectaculaire ici, pour les 2 hôtels 17e construits en vis-à-vis, que la rue est très étroite. Sur ce genre de façade, il n’y a pas d’avant-corps surmonté d’un fronton. Par contre, la partie centrale peut être rendue plus monumentale par un balcon ou un portail : voyez à droite le balcon de l’hôtel Fortia, avec les curieuses sculptures baroques de ses consoles (les consoles sont ce qui soutient le balcon) : des têtes de diable. Même utilisation de têtes grimaçantes au 1er étage, en haut des montants des fenêtres. Et maintenant regardez à gauche, l’Hôtel Berton de Crillon : il a lui aussi un décor sculpté : ce sont des cornes d’abondances, et des mascarons -c'est-à-dire des têtes décoratives- surmontés de guirlandes.
Ce décor un peu exubérant, et par là baroque, a totalement disparu de la façade du n°12 : pas de sculpture, mais seulement l’alternance, sur les fenêtres du 1er étage, de frontons triangulaires et de frontons courbe. Ce « costume » sobre a beaucoup d’allure aussi.


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