La rue Vernet

Avignon

La rue Vernet

Revenons maintenant en arrière, jusqu’à la place Saint-Didier.
De là, nous allons contourner l’église sur la gauche, et nous prendrons, toujours à gauche, la rue du Prévost.

Nous sommes rue du Prévost ? Avançons donc jusqu’au moment où nous verrons sur notre gauche la façade arrière de la livrée Ceccano : nous nous arrêterons alors pour la regarder.

Juste une pause pour regarder à notre gauche, et un peu en arrière une 2e façade de la livrée Ceccano, peut-être plus pittoresque encore que la 1ère. Remarquez ici aussi l’effet des cheminées. Continuons maintenant rue du Prévost puis à gauche jusqu’à la rue de la République.

Traversons maintenant la rue de la République, et de l’autre côté engageons-nous dans la rue Boisserin.

Nous y sommes ? Alors, remontons cette rue Boisserin jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’à la rue Bouquerie.

Maintenant que nous sommes à l’angle de la rue Bouquerie, signalons que Molière y a joué, dans un jeu de paume qui se trouvait à l’emplacement du n°13. Prenons la rue Bouquerie à droite, puis tournons dans la 1ere rue à gauche, qui sera la rue Horace Vernet.

Nous allons maintenant jusqu’au bout de cette petite rue, jusqu’à la rue Joseph Vernet.

Voilà, nous y sommes. Regardons, presque en face de nous, sur la rue Joseph Vernet, l’immeuble de la Caixa Bank : la statue placée dans la niche de gauche nous accueille en portant un bébé dans les bras. Et oui, ce n’est pas une vierge ou une sainte, mais une allégorie 1900, d’ailleurs assez déhanchée, et court vêtue, des vins des côtes du Rhône ! Maintenant tournons-nous à droite : sur le côté droit de la rue Joseph Vernet nous trouvons tout d’abord, au n°67, Le Museum Requien, c’est-à-dire le Musée d’Histoire Naturelle d’Avignon. Il porte le nom de son fondateur, le botaniste avignonnais Esprit Requien. Le bâtiment, un ancien hôtel particulier, est d’allure austère. S’ils y sont encore, saluons les animaux naturalisés qui nous montrent les dents à travers la porte vitrée et allons, toujours à droite, jusqu’au n° 65 : c’est à dire jusqu’au musée Calvet
Voilà déjà une belle entrée: le mur qui ferme la cour a une architecture particulièrement soignée, qui se compose d’arcades et de fenêtres aveugles, séparées par des pilastres. Les pilastres sont ces sortes de colonnes plates, et leur rôle est principalement décoratif. Tout cela surmonté d’une balustrade, et au dessus du portail d’un fronton sculpté, avec 2 lions qui flanquent un médaillon où se trouvait le blason des 1ers propriétaires. Remarquons pour finir la grille  en fer forgé : elle est superbe, même si elle ne date que de la fin du 19e siècle. Maintenant, entrons dans la cour.

Le musée Calvet est installé dans un des plus beaux hôtels particuliers d’Avignon, l’hôtel de Villeneuve-Martignan. La cour, quand même, a ici quelque chose d’un peu surprenant : elle est entourée de bâtiments aussi bas que le bâtiment d’entrée, un rez-de-chaussée, et c’est tout.
C’est qu’en fait cette cour est comme un décor de théâtre. Elle devait servir à recevoir dignement les visiteurs dans un cadre à la fois élégant et majestueux. On voit quelques marches de l’escalier du fond, devant la porte centrale. Au passage remarquons la forme de cet escalier et son plan en éventail : bel effet, non ? Et derrière l’escalier, autour de la porte centrale, remarquons maintenant la légère avancée du mur qui s’accompagne de l’apparition des pilastres. Et au dessus de la porte, la grande cartouche sculptée, destinée aux blasons. On ne peut peut-être pas parler d’un avant-corps ici, car tout cela se détache à peine de la façade, mais en tout cas, il y a une espèce de hiérarchie autour de cette porte centrale. Et bien sûr, tout cela dans une impeccable symétrie, grâce au mur de droite, de la cour, qui est un renard. Un renard –en architecture- est un mur aveugle, purement décoratif comme nous le voyons, avec des arcades aveugles, qui répondent aux fenêtres de l’aile gauche. Quant à l’hôtel, le vrai, ce n’est là que son entrée, il est en fait 2 fois plus haut. Regardez au fond à gauche, derrière ces bâtiments : oui, c’est lui que nous voyons dépasser de tout son 1er étage, avec ses pilastres et sa balustrade au bord du toit.
En fait, cette cour est placée sur un côté du jardin, ce qui s’explique par le souci de faire communiquer l’hôtel avec la grande rue élégante d’Avignon : à cette époque, c’était la rue Joseph Vernet, et non pas avec une ruelle tortueuse. Dernier détail : le pavement du sol, il est en galets du Rhône. On appelle cela une calade, et c’est une spécialité avignonnaise. Quand au musée Calvet, il est devenu aujourd’hui le musée des Beaux-Arts d’Avignon, et il porte le nom d’un grand amateur d’art du 18e siècle, Esprit Calvet, qui est à l’origine de la collection. Sa visite est recommandée aux amateurs de peinture qui y trouveront une œuvre célèbre de David (« la mort du jeune Bara »), et d’excellents tableaux de Joseph Vernet, un Avignonnais et de ses fils et petit-fils, Carle et Horace, mais aussi de Hubert Robert, et même de Soutine. Sachez que le jour de fermeture est le mardi.


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