La rue des Marchands

Avignon

La rue des Marchands

Maintenant, résistons à l’appel des tours du palais des papes que nous voyons déjà vers le fond de la place, et retournons un peu en arrière, en direction de la rue de la République : nous dépasserons sur la gauche la rue de Mons, nous traverserons la rue Favart, et nous nous arrêterons, toujours à gauche au début de la rue des Marchands.

Nous allons remonter cette rue des Marchands jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au dernier immeuble du côté droit, vous le remarquerez de loin : c’est le seul immeuble médiéval de la rue, avec 3 étage, tous légèrement en surplomb sur le précédent. Ses façades sont fraîchement repeintes et son rez-de-chaussée est occupé par 2 boutiques dont les enseignes sont Vartan’s et Vertes Années. Rendez-vous devant lui au n°40 de la rue des Marchands.

C’est bien lui ? Alors regardons-le un instant, car cet immeuble est une rareté : il s’agit du dernier exemple de grande maison bourgeoise en pans de bois de la fin du Moyen-Age (sans doute fin 15e) à Avignon. Les maisons à pans de bois sont des maisons où le squelette de la façade était en bois et on le remplissait, selon les régions, soit avec des briques, soit avec du torchis, qui est de la terre mêlée de paille. Ce système est aux façades ce que la charpente est aux toits. En 1562, les constructions à encorbellement (c'est-à-dire avec surplomb) comme celle-ci ont été interdites dans la ville, parce qu’elles obscurcissaient les rues, et sans doute aussi parce qu’elles facilitaient la propagation des incendies. Les maisons en pierre les ont peu à peu remplacées. A noter que le rez-de-chaussée ici est déjà en pierre, et qu’une petite cour Renaissance tout en pierre, et une autre un peu plus grande et gothique, également en pierre existent derrière la porte de droite. 2 mots de cette maison encore : à partir du 1er étage, tout le bâtiment sur rue est donc en pans de bois, c'est-à-dire avec un squelette de charpente, ce qui ne saute pas aux yeux puisqu’on a choisi de laisser les pans de bois cachés sous un enduit, lors de la récente restauration. Alors comment le devine-t-on ? Eh bien nous voyons quand même des poutres: celles qui débordent légèrement d’un étage sur l’autre, et qui soutiennent le fameux surplomb. Et c’est là l’indice révélateur: elles ne pourraient pas supporter le poids d’un mur de pierre. Donc par élimination, on sait que c’est une maison à pans de bois. Regardons les fenêtres maintenant : l’état médiéval est conservé, ou restauré, non pas au 1er étage où les fenêtres ont été agrandies, mais au 2e . Vous les voyez ?? : nous trouvons là une belle série de fenêtres à meneau. D’où vient ce nom ? et bien, quand vous regardez ces fenêtres, vous voyez qu’il y a une croix de pierre qui divise la fenêtre. Et le meneau proprement dit est le montant vertical de cette croix de pierre.


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