L’église Saint Pierre

Avignon

L’église Saint Pierre


De l’autre côté de la place, à gauche, nous apercevons déjà l’arrière, et le clocher de l’église Saint Pierre. Avant d’aller la voir, regardons sur notre droite: à environ 1OOm, nous voyons un monument surmonté d’un étage en forme de rotonde : c’est la synagogue. Elle a été reconstruite dans les années 1840, après qu’un incendie a détruit la synagogue médiévale. Et à l’intérieur, elle a un plan circulaire en rotonde, ce qui est rare pour une synagogue. Traversons maintenant, en direction de l’église Saint-Pierre.

Nous sommes maintenant près du clocher et du chevet –c'est-à-dire de l’arrière –de l’église Saint Pierre. Nous allons en faire le tour par la droite, jusqu’à nous retrouver sur le côté opposé de l’église, sur une petite place.

De ce côté, nous voyons aussi les fenêtres du chœur de l’église. Alors regardez les et devinez de quel style il s’agit : voyez le réseau de pierre à l’intérieur des fenêtres : il est tout en lignes courbes. Et oui, nous reconnaissons le style gothique flamboyant. L’église a en effet été reconstruite et terminée fin 15e –début 16e : en plein épanouissement de ce style.
Cette place se referme, au fond à gauche, contre le mur de l’église et une maison y est appuyée. Un passage s’ouvre sous cette maison, nous allons le franchir, ainsi qu’un 2e passage, voûté celui-là, et nous déboucherons sur la place Saint-Pierre.

C’est une surprise, non ? Car après ce passage pittoresque, en nous retournant, nous découvrons tout d’un coup ce bijou du gothique flamboyant : à savoir la façade de Saint-Pierre. C’est sans aucun doute le chef-d’œuvre de ce style à Avignon. Regardons-la. Nous allons décrire ce qu’est le gothique flamboyant et voir comment il a évolué.  La façade est flanquée de 2 grands contreforts, qui sont en réalité des tourelles abritant chacune un escalier à vis. Remarquez les petites meurtrières qui éclairent ces escaliers. Rien que sur ces tourelles, il y a déjà plusieurs idées décoratives typiques de l’art flamboyant. Alors, regardons ces idées : d’abord en bas : nous voyons de fausses fenêtres gothiques, aveugles, simplement sculptées dans la pierre. Et puis surtout, regardez au niveau du 1er étage : il y a des arcs gothiques (des arcs brisés bien sûr), et ils supportent des arcs inversés qui sont posées sur eux tête-bêche.
Mais, regardons maintenant la partie centrale de la façade et plus particulièrement le grand portail. Et regardez au dessus du portail : il y a une sorte de fronton pointu. Et dans l’art gothique, on appelle cela un gâble. Et ce qui est propre au gothique flamboyant, du moins ici, c’est que ses bords ne sont pas rectilignes, mais légèrement incurvés. Eh bien, le détail le plus typique du décor flamboyant est sur ces bords justement: ce sont des feuilles sculptées, qui ressemblent à du chou frisé. Vous les voyez ? Et on appelle cela tout simplement un décor de chou frisé. Il y en a d’ailleurs partout sur cette façade, de différents formats, et si vous avez une bonne vue, ou des jumelles, vous pouvez vous amuser à les chercher. Donc qu’avons-nous vu du gothique flamboyant ? Plusieurs choses. Première chose :les réseaux de pierre forment des flammes. Deuxième chose : il y a des sculptures de chou frisé. 3e chose : il y a des fausses fenêtres… Nous ne dresserons pas toute la liste, mais retenez que cet art est justement un art du décor, un art exubérant aussi : le gothique flamboyant est la phase finale de l’art gothique : avec lui il se termine par un feu d’artifice d’apparence et d’ornement.
On a pu dire que c’était par là sa phase « baroque », au sens où tout art : l’art grec, l’art gothique, celui de la Renaissance aurait connu 3 phases : une phase archaïque, un moment classique, celui de la perfection, et une phase finale « baroque » qui serait celle de la décadence ! Mais à vrai dire, on est revenu de ce puritanisme esthétique qui ferait préférer la phase classique d’un art à ses autres phases: chaque phase a sa beauté propre, et celle du flamboyant vaut pour elle-même. Mais revenons à notre façade : la Renaissance y montre aussi le bout de son nez. Regardez de chaque côté du fameux gâble, sous les fenêtres: est ce que vous remarquez 2 médaillons circulaires, sans rien au milieu ? Oui ? Et bien ce sont des couronnes de feuilles de laurier, à l’antique, entourées de ruban. Un signe d’influence italienne. La Renaissance s’invite dans la fin du gothique
Maintenant, faisons quelques pas jusqu’à la place Carnot.


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