Le Shintoïsme

Balade de l'époque meiji a nos jours

Le Shintoïsme

Nous voici devant le pont qui marque comme une entrée. Franchissons-le et allons tout droit jusqu’à la grande entrée du sanctuaire qui est reconnaissable au grand Torii. C’est ce portique en bois de cyprès couleur thé qui annonce l’arrivée vers un sanctuaire. Vous le voyez ?

Parlons d’abord de ce qu’est du shintoïsme. Alors voilà : les croyances de la population nipponne se partagent entre trois grandes religions : le Bouddhisme, le Shintoïsme et un peu de Christianisme. Mais il est assez fréquent que les Japonais changent de culte et passent d’une religion à une autre tout au long de leur vie. Pour plaisanter, les Japonais aiment à dire qu’ils sont baptisés selon le rituel shinto, se marient selon le rituel SHINTO et/ou Chrétien, et qu’ils sont inhumés selon le rituel bouddhique. L’idée derrière cette boutade est que le Bouddhisme serait plus à même de se soucier du repos des âmes dans l’au-delà tandis que le SHINTOO s’attache à des valeurs beaucoup plus proches des réalités terrestres. Et en fait plus de la moitié de la population vénère deux cultes différents simultanément.
Les offices et cérémonies célébrés dans les grands sanctuaires et les temples attirent des paroissiens plus ou moins fidèles, présents en tout cas pour faire perdurer l’aspect traditionnel et coutumier. Ainsi en novembre, pour la fête de SHICHI-GO-SAN, les parents et les enfants âgés de 7, 5, et 3 ans revêtent leurs plus beaux kimonos pour se rendre au sanctuaire et prier ; mais en décembre, ils pourront aussi bien assister à la messe de minuit pour célébrer Noël. Mais revenons au shintoïsme. Le SHINTOO serait la religion d’origine des Japonais et, étymologiquement, veut dire « la voie de la divinité ». Ses bases remonteraient avant le 5e siècle, époque à laquelle le terme KAMI (d’où dérive le mot SHIN) désignait les forces de la nature. A chaque élément naturel correspondrait un KAMI, une divinité. On dit donc du SHINTOO qu’il s’agit d’une religion animiste puisqu’il confère aux choses, aux animaux, aux végétaux, et aux astres une âme similaire à celle des humains.

Par exemple, les sanctuaires dédiés à INARI, la divinité du renard, sont surtout fréquentés par les entrepreneurs et les commerçants qui vouent un culte au flair et à la ruse de ce quadrupède dans l’espoir de devenir eux-mêmes plus perspicaces pour développer leurs affaires.
Un KAMI courroucé peut provoquer des incidents néfastes. Et c’est pour cela qu’il faut respecter l’âme des ancêtres, car les défunts restent proches des divinités. La divinité qu’il convient de vénérer le plus est incontestablement AMATERASU, qui est la déesse du soleil. Et comme l’empereur de l’empire du soleil levant serait le descendant de l’astre illuminateur, la maison impériale a toujours cherché à entretenir cette croyance en s’appropriant certains rites SHINTOO. Au cours de l’histoire, il fut d’ailleurs souvent promulgué : religion d’État, sauf à certaines phases lorsque la prédominance du Bouddhisme vint changer la donne. Fin 19e, la révolution MEIJI ordonna à tous de s’inscrire dans les sanctuaires SHINTOO. Puis vint le mouvement impérialiste au début du 20e siècle qui utilisa ce SHINTOO d’Etat pour embrigader les esprits des citoyens. Après 1945, l’occupant se chargea de rétablir une liberté de culte dont jouissent maintenant les Japonais.


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