L’intérieur du temple

Balade de l'époque meiji a nos jours

L’intérieur du temple

Et maintenant, avançons vers le temple, tout en disant quelques mots sur les usages des fidèles locaux. Il convient de procéder ainsi : regardez au niveau de l’autel. Là se trouve un coffre ajouré dans lequel le fidèle jette quelques pièces de monnaie en offrande, avant de saluer deux fois en se courbant afin de faire un vœu. On frappe ensuite deux fois dans les mains. Pourquoi cela ? Et bien pour appeler l’attention de la divinité de la lumière qui apporte la clarté sur les choses de la vie. Et une fois la prière terminée, le fidèle n’oubliera pas de remercier par deux courbettes de salutations. Ici, la décoration reste d’un style dépouillé et très sobre, hormis les lanternes métalliques suspendues, vous pouvez apercevoir, accrochés sous l’auvent en dos d’âne, de grands dais d’un ton vert thé brodé de fils d’or. Au niveau de votre taille, des barrières en bois empêchent d’accéder au-delà, la décoration à l’intérieur du hall principal demeure dans la pénombre la plus totale, ce qui entretient le mystère pour les novices.
Et maintenant, levez les yeux, vous verrez une rosace dorée. Vous la voyez ? Oui ? Bien. Il s’agit en fait de la rosace impériale. Elle symbolise le Chrysanthème, la fleur impériale au même titre que le Lys royal en France par exemple. Cet emblème, vous le voyez aussi à l’extérieur sur les grandes portes et en haut des TORIs.
Et maintenant, faites face à l’autel, puis pivotez légèrement à droite : vous apercevez ce même symbole sur le grand TAÏKO. C’est ce tambour posé horizontalement sur un chevalet. La peau tendue provient souvent d’un daim mais sur les plus gros, il s’agit d’une peau de cheval ou de bœuf. La partie en bois est généralement réalisée dans un orme. On en joue toujours avec des bâtons d’une trentaine de centimètres appelés « BOO ». Regardez sur son flanc : le Soleil y est représenté. N’oublions pas que le 1er empereur du Japon n’est ni plus, ni moins que le fils d’Hamatérassou, la déesse du Soleil. Mais revenons à ce tambour : il pèse deux tonnes. Parfois un bonze vient le frapper pour faire retentir un « Gong » qui rythme une cérémonie shinto. Le « Gong » marque le début d’un office religieux et doit faire retentir un son grave et résonner longtemps.
Si un jour, vous avez l’occasion d’assister à un concert d’une troupe de TAÏKO –de joueurs de tambours donc-, surtout n’hésitez pas et allez y. Car vous en ressortirez le souffle coupé et les rythmes résonneront encore longtemps après la sortie du spectacle. Et vous vous souviendrez longtemps des jongleries de bâtons et la gestuelle issue des arts martiaux gravera votre mémoire.


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