L’Omotesando, l’avenue du luxe

Balade de l'époque meiji a nos jours

L’Omotesando, l’avenue du luxe

Nous voici à l’angle de la rue Omotésando. Et là, prenez à gauche pour commencer à la descendre. Sur le trottoir opposé, vous devez apercevoir l’enseigne « Zoff ». Jusqu’au grand carrefour suivant, les marques vont se succéder : à gauche Laura Ashley, Soft Bank au design ultra moderne, à droite ZARA dans son immeuble de verre, puis plus bas le bâtiment GAP.

Comme vous le voyez, Tokyo est un véritable terrain de jeu pour les architectes, les designers et les urbanistes du Monde entier : Tangé, Murano, Ando, Kurokawa, Maki, Starck, Foster, Graves, Piano, Rossi, Wilmotte, Armani etc, vous commencez donc à apercevoir les réalisations de certains sur cette artère prestigieuse. En descendant, prenez le temps de regarder ces cafés, restaurants et lounges aux facades de verre et d’aluminium qui surplombent les zelkovas, ces ormes de Sibérie qui ombragent la chaussée. Continuez jusqu’au croisement.

Une fois parvenu au grand carrefour, vous apercevez dans l’angle opposé un immeuble bordeaux qui arbore de nombreuses enseignes : LOTTERIA, JONATHANS, SHISEIDO.
Traversez l’avenue. Et maintenant, continuez à descendre l’avenue sur le trottoir de droite. Vous pourrez admirer les vitrines des grandes marques françaises ou italiennes dont raffolent les Japonaises. Rien que pour le plaisir des yeux, allez jusqu’au magasin FUJI TORII et poussez la porte. Cette honorable enseigne propose depuis 1948 une belle palette de produits artisanaux : laques, poteries et céramiques d’Imari et de Satsuma, estampes, impressions sur soie, papier, bois, sabres, antiquités. Mais attention, cette caverne de l’art nippon est fermée chaque mardi et le 3e lundi du mois. Elle ouvre ses portes de 11 heures à 18 heures.

En sortant, lorsque ce magasin est dans votre dos, allez à droite. Vous passez devant CHANEL décoré avec des motifs surpiqués, puis le cube de glace DIOR qui s’illumine de reflets bleutés le soir. Vous rencontrez alors un magasin à la devanture typique et facilement reconnaissable avec son toit vert, ses colonnes et balustrades rouges : il s’agit de l’Oriental Bazaar. Ne serait-ce que pour l’achat d’une carte postale, accordez-vous quelques minutes dans cet antre du souvenir japonais : Poteries, céramiques, porcelaines, théières, vases, mobilier à l’étage, kimonos et yukatas au sous-sol, tout ou presque ce que vous souhaiteriez rapporter s’y trouve exposé. Faites bien attention, car ce magasin reste fermé chaque Jeudi.

A titre indicatif, sachez que les grandes marques du luxe réalisent en moyenne 20 à 30% de leur chiffre d’affaires grâce à la clientèle nipponne mais le résultat de certaines dépend à 70% voire même à 90% du marché japonais. Après avoir trouvé votre bonheur chez FUJI TORII ou à l’Oriental Bazaar, empruntez la passerelle métallique grise située juste en face pour traverser l’avenue devant le complexe Omotésando Hills et l’immeuble particulier blanc de Ralph Lauren.

Une fois parvenu à l’autre bout de la passerelle, utilisez l’escalier qui descend à votre gauche puis remontez tout droit jusqu’à la gare d’Harajoukou. Si cela vous intéresse, en chemin, nous allons parler de ce quartier d’Harajoukou, connu pour attirer une jeunesse très consommatrice de produits excentriques, décalés.–et c’est le moins qu’on puisse dire-. Bref, on y trouve des jeunes avec des looks qu’on aurait qualifiés de rebelles il y a encore quelques années.

Ainsi dans les années 80, ce lieu où nous sommes fut le centre de ralliement des jeunes fans du rock’n roll américain des années 50 à 60. L’avenue était alors fermée à la circulation durant les week-ends et devenait une grande scène à ciel ouvert. Des bandes vêtues de blouson en cuir noir et chaussées de bottes style santiags se déhanchaient frénétiquement sur des air de rock’n roll joués par des groupes coiffés avec une banane ou à la Elvis. Ces spectacles pour nostalgiques et adeptes des sixties se font beaucoup plus rares à présent.
Puis à la fin de ces années 80, cette zone devint le terrain de révoltes étudiantes engagées contre le conformisme social. Depuis quelques années, les motifs de rassemblements sont sociaux politiques, qu’ils s’agissent de manifestations en faveur de la Paix, de l’environnement, de l’écologie ou d’un refus du consumérisme. Et pourtant, puisqu’on parle de consommation, les boutiques restent omniprésentes. Mais HARAJOUKOU, c’est aussi la place qui permet tous les déguisements et les travestissements possibles et imaginables du rocker au dandy, de la minette à la chevelure de fauve. On y rencontre les looks les plus déjantés et les tenues vestimentaires les plus exubérantes. Stylistes et créateurs de mode viennent régulièrement y puiser des idées, chercher des nouvelles tendances qu’ils hybrident avec celles découvertes à SHIBOUYA, le quartier des grands magasins d’habillement, situé une station plus bas sur la ligne JR Yamanoté.


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