Les tombes médiévales de la chapelle

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Les tombes médiévales de la chapelle

Nous allons maintenant avancer dans le déambulatoire. Après quelques pas, là où le déambulatoire commence à tourner vers la gauche, vous trouverez à votre droite une chapelle. Elle contient une série de tombeaux médiévaux.

Nous sommes dans ce qu’on appelle une « chapelle rayonnante », c'est-à-dire une chapelle construite sur la face externe du déambulatoire, et dont l’axe rayonne vers l’extérieur de l’église. Les déambulatoires à chapelles rayonnantes sont très typiques des grandes églises médiévales, et cela, depuis le 12e siècle. Les fidèles, passant par le déambulatoire, venaient y faire leurs dévotions, sans devoir accéder au chœur central, réservé aux chanoines. Cette chapelle renferme trois tombeaux médiévaux, dont l’intérieur est décoré de fresques très bien conservées. Toutes ces tombes, de même que d'autres, situées dans le chœur principal, et que nous verrons plus tard, ont été retrouvées lors de fouilles effectuées en 1979. Ce sont des caveaux construits en briques, sans doute de la fin du 13e siècle.
Lorsque nous entrons dans la chapelle, nous voyons deux tombes à notre droite, et une à notre gauche. Regardons d’abord la première tombe à notre droite, qui porte le numéro 13. Les quatre parois sont peintes sur l’intérieur. Regardez sur les longs côtés : ce sont des anges. Pourquoi cela ? Et bien, sans doute sont-ils les protecteurs du défunt, et qu’ils l’amèneront jusqu’au Paradis. Mais voyez au fond, sur le petit côté : nous voyons une belle représentation d’une Vierge à l’Enfant. Assise sur un trône, entouré de deux chandeliers, elle porte dans la main droite une grande fleur de lys rouge. L’enfant Jésus, vêtu d’une robe bleue, est debout sur ses genoux, et tient en main un globe, qui pourrait aussi bien être une pomme. Dans les deux cas, c’est un symbole de la perfection, puisque la sphère représente l’universalité. Et la pomme ? Et bien, vous voyez qu’elle n’est pas mordue : cela veut dire que le péché originel d’Adam et Eve –qui ont croqué la pomme- n’a pas atteint ni la Vierge, ni le Christ. Ce qui est merveilleux ici, c’est d‘abord le beau graphisme souple des lignes noires qui entourent les personnages. Mais c’est aussi l’humanité qui se dégage des personnages : voyez l’aspect mouvant des formes, mais aussi les visages profondément humains et souriants des personnages sacrés. Ceci est très caractéristique du sentiment religieux de la fin du 13e siècle, où Dieu et les saints sont de plus en plus perçus comme proches de l’humanité et aimants. Si nous regardons à présent la deuxième tombe de droite, au fond de la chapelle, nous y trouvons un décor un peu semblable, si ce n’est que la scène du fond ne présente pas une Vierge à l’Enfant, mais une scène de la crucifixion du Christ, entourée de Marie à gauche et saint Jean à droite. Cette scène est beaucoup plus liée au thème de la mort, mais aussi à celui du salut en Dieu, signifiant que le Christ entraînera le défunt dans sa résurrection.
Cet ensemble, avec les autres tombeaux que nous verrons dans la visite, constitue un beau et rare ensemble de tombes médiévales peintes.


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