Le grand Béguinage de Bruges

Bruges : du burg au béguinage

Le grand Béguinage de Bruges

Lorsque nous sommes à côté de la fontaine au cheval, monument moderne, marquant le point d’aboutissement des promenades en calèche, et que nous tournons le dos à la rue par laquelle nous sommes arrivés, nous avons à notre droite un plan d’eau, et au-delà le grand béguinage de Bruges. Il est accessible par le petit pont. Allez-y, nous vous attendons à l’entrée de la cour.

Après être passés sous le porche construit au 18e siècle, vous entrez dans un autre monde, une autre ville dans la ville. C’est une immense cour jardin, entourée de petites maisons blanches. On dirait un peu la place d’un village. Et quelque part, c’est un peu ça, car le grand béguinage était tout à fait indépendant, et ne dépendait pas de la juridiction de la ville. Ce béguinage a été crée en 1245, pas la comtesse de Flandre, Margueritte de Constantinople. Mais qu’est-ce qu’un béguinage et qui sont ces femmes qu’on appelle les béguines?

Ce genre de communauté est né au Moyen Age, au 12ème siècle, à une époque où beaucoup de femmes étaient seules, et souvent trop pauvres pour pouvoir entrer dans une abbaye. Aussi, on en vit se rassembler, et unir leurs efforts pour vivre dans cette société difficile, tout en menant une vie pieuse. Elles étaient placées sous l’autorité de l’une d’entre elles, la Grande Dame, l’équivalent de l’abbesse d’un monastère. Car un béguinage, ce n’est pas vraiment une abbaye, et une béguine n’est pas vraiment une religieuse. Les béguines sont des femmes qui portent un costume de religieuses, vivent une vie de religieuse, mais ne prononcent pas de vœux perpétuels, ce qui signifie qu’elles peuvent quitter leur béguinage quand elles le veulent, même pour se marier. Ici, ce béguinage porte le nom de béguinage de la Vigne, non pas à cause de vignes réelles, mais cela vient du mot latin « vinea », qui signifie « près d’un ruisseau ». Bref, ce béguinage fut fondé près d’un ruisseau. Depuis ce temps, et jusqu’au 20e siècle, les béguines ont vécu ici, vivant seules dans une des petites maisons, parfois même avec une servante, ou bien à plusieurs dans une même maison. Ici, à Bruges, il y a eu des béguines jusqu’en 1928. Il n’y en avait plus que cinq à la fin. Mais les religieuses que vous pourrez voir aujourd’hui ne sont là que depuis 1930, et ce sont de véritables moniales, des bénédictines pour être plus précis.


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