La rue Saint-Jacques

Bruges méconnue

La rue Saint-Jacques

Maintenant, lorsque le markt et le beffroi sont dans notre dos, regardons à nouveau face à nous, les deux façades que nous venons de décrire. Vous voyez alors, juste à gauche de la façade de briques, une large rue qui s’ouvre et s’en va dans le prolongement de votre regard. C’est la Sint Jacobstraat ou rue Saint-Jacques. Prenez-là. Vous vous arrêterez face au numéro 27, qui se trouvera un peu plus loin à votre gauche.

Vous voici face au numéro 27, une belle façade de briques, dont la date de construction, 1639, est inscrite sur le pignon, au sommet de la façade. Vous la voyez ? Bien ! Cette façade, comme d’autres que vous avez pu voir en marchant, témoignent des somptueuses habitations de la bourgeoisie et de la noblesse enrichies par le commerce. Beaucoup de ces façades ont été construites, comme celle-ci, bien après le déclin économique de la ville, à la fin du 15e siècle. Mais certaines des fortunes qui y ont été faites au moment de l’âge d’or du Moyen Age ont été durables. Cette façade du numéro 27, comme le bâtiment à gauche, le n°25 abrite aujourd’hui l’académie de musique de la ville. Sa construction est particulièrement réussie, et notamment son pignon. Regardez-le : c’est un chef-d'œuvre d’équilibre, avec sa grande fenêtre rectangulaire au centre, et ses deux œils-de-bœuf, fenêtres rondes à droite et à gauche. Dans l’ensemble d’ailleurs, vous constatez que cette façade est particulièrement bien équilibrée : voyez qu’elle est parfaitement symétrique à gauche et à droite. Et regardez au-dessus et en dessous des fenêtres, vous voyez ces grandes bandes horizontales de pierre blanche qui traversent le bâtiment et le réunifient. Bref, tout cela est très renaissance. Observez aussi les grandes fenêtres rectangulaires du rez-de-chaussée et du premier étage. Vous pouvez voir au dessus de chacune d’entre elles une toute petite arcature de briques, marquée au sommet par une petite pierre sculptée d’une tête, masculine ou féminine selon le cas. Mais le joyau décoratif, c’est bien sûr la porte d’entrée, bien au centre du rez-de-chaussée. Toute la façade est simple sauf ici où nous voyons une profusion de sculptures typiquement baroques, cette forme d’art caractéristique du 17ème siècle. Alors, ce qu’il y a de baroque ici? Et bien justement, la surabondance des ornements. Aucun endroit n’est laissé vide. Et puis il y a aussi la forme assez biscornue de la fenêtre au dessus de la porte elle-même : elle ne cesse d’aller et revenir dans un mouvement de courbes et contre-courbes. 3e indice baroque ensuite: il est à la base de cette fenêtre biscornue : ce sont ces deux énormes et lourdes spirales. Vous les voyez ? Et enfin, 4e indice baroque : il est au sommet, juste sous le fronton en triangle couronnant cet ensemble : c’est la cartouche, cette espèce de plaque ovoïde portant la date de construction. Voyez comme il est entouré d’une surabondance de rubans de pierre en courbes et contre-courbes. Tout cet ensemble de la porte contraste très fort avec le reste de la façade. Et c’est cela sans doute qui fait toute sa beauté.


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