Les confessionnaux

Bruges méconnue

Les confessionnaux

Avançons un peu dans la grande nef. A notre droite et à notre gauche, le bas des murs est tapissé de superbes boiseries du 17e siècle et on voit des colonnes torses, c’est-à-dire tordues en spirale. Alors, quel est le style de ce genre de colonnes ? Eh oui, baroque bien sûr ! un style qui aime la non-symétrie et l’aspect mouvant des choses. Sinon, dans les boiseries du mur situé à votre gauche, vous voyez trois confessionnaux.

Rappelons qu’au début de cette promenade, nous avons expliqué, à l’église Saint-Jacques, comment la chaire à prêcher était une invention développée au 17e siècle. Et bien le confessionnal aussi, et dans les mêmes conditions religieuses. Là encore, les protestants avaient remis en question la confession, qui faisait l’objet de sérieux abus de la part de l’église. Notamment, les fidèles devaient payer le rachat de leur faute. Et comme d’habitude, la réaction de l’Église catholique à cette attaque des protestants à été de resacraliser l’objet de l’attaque, la confession en l’occurrence. Et au 17e siècle s’est développé un meuble spécial pour le pratiquer, le confessionnal. Souvent à l’époque, et surtout dans ces régions-ci, ces meubles sont très ornés, avec des symboles sensés faire réfléchir le fidèle sur ses fautes et sur le pardon de Dieu. Regardez ici : voyez l’entrée des trois confessionnaux. Vous les voyez ?? Et bien vous constatez qu’elle est encadrée par des statues d’anges, messagers de Dieu et de son pardon. Regardez les frontons triangulaires au dessus de la porte d’entrée maintenant : d’autres personnages sont représentés. Alors, en partant du confessionnal le plus près de l’entrée et en regardant vers celui le plus près du chœur, vous y voyez les personnages suivants : Jésus et saint Jean, sainte Anne et Saint Joachim, qui rappelons le sont les grands-parents du Christ, et enfin Marie et Joseph. Tous ces personnages saints, acteurs de l’histoire du Christ et de la rédemption des hommes, sont là pour assister au pardon des fautes. Ce genre de programme théologique par l’image, presque une mise en scène, est aussi assez caractéristique du goût baroque. C’est une sorte de théâtre liturgique.


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