L’intérieur de l’église Sainte-Walburge

Bruges méconnue

L’intérieur de l’église Sainte-Walburge

Et maintenant, entrons dans l’église Sainte-Walburge. Et voilà. Après l’obscurité médiévale ou la complexité du baroque flamand des églises précédentes, voici ici la lumière. Tout est blancheur, tout est simple. Nous pourrions presque dire que tout est aérien, car tout s’envole. Voyez les immenses fenêtres. Voyez comme elles laissent entrer la lumière en abondance, et celle-ci se reflète sur la blancheur des murs et les surfaces lises des colonnes. Un bain de jouvence pour les yeux. Par ces caractéristiques, elle est tout à fait unique à Bruges. On a ici un grand sentiment d’harmonie. Dans cette blancheur, le regard est attiré vers le grand maître autel, avec sa peinture notamment que nous voyons tout de suite. Ce grand tableau représente la Résurrection du Christ. Il n’est pas du tout lié à l’origine de l’église, mais est l’œuvre d’un peintre néo-classique brugeois du nom de François-Joseph Suvée. Cette œuvre ci est un peu particulière, car si elle possède un mélange de caractéristiques de style a priori antagonistes comme le néo-classicisme et le baroque. Voyons cela ! Alors tout d’abord, le néo-classicisme : en quoi est-ce qu’on le reconnait ici ? Tout d’abord, voyez comme les personnages ont des formes bien nettes : c’est néo-classique. Et puis la composition aussi : elle est construite en triangle avec Jésus à la pointe bien sûr. Là encore, c’est très néo classique. Mais la peinture est aussi pleine de mouvement, ce qui, ça, n’est pas du tout néo-classique. Les tableaux néoclassiques sont en général très statiques, et l’artiste s’est laissé inspiré ici par des éléments plus propres au baroque du 17e siècle. Regardez notamment les nuages et la lumière orangée et mouvante. Ça, c’est baroque !.
Pour comparer avec un tableau vraiment classique, vous pouvez regarder avec le grand tableau accroché au mur à votre gauche quand vous regardez vers le maître autel. Est-ce que vous le voyez ? Ce tableau représente la déposition de croix. En le regardant, vous comprenez alors mieux l’aspect statique, d’une rigidité presque sculpturale, du véritable néo-classique.


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