La grande Eglise Mathias

Buda, le quartier du chateau : de l'eglise mathias aux cours du palais-royal

La grande Eglise Mathias

Regardons maintenant la façade l’église Mathias, qui est la grande église au toit de tuiles vernissées, et aux 2 clochers.

Cette façade traduit bien l’esprit de 2 époques de l’art gothique en Hongrie. Regardons la tour de gauche et au milieu le portail central : on reconnaît un aspect dépouillé et assez trapu qui caractérise le 1er gothique, celui du13e siècle. Les fenêtres du clocher, au premier étage sont encore étroites comme des meurtrières.

Et maintenant, regardons le clocher de droite et surtout ses derniers étages. Changement de style total: une véritable dentelle de pierre couverte d’ornements sculptés !!!. Ils ressemblent à des feuilles de chou frisé et donnent à la flèche de cette grande tour un aspect typique du gothique tardif, que l’on appelle aussi le gothique flamboyant.
L’église, en effet, remonte au moins au 13e siècle et elle a été agrandie au 15e, sous le règne de Mathias Corvin, qui a fait construire la plus haute des 2 tours, celle de droite donc, appelée pour cette raison la tour Mathias. La tour de gauche quant à elle date du 13e siècle.

L’église Mathias a été, tout d’abord, l’église paroissiale des habitants de langue allemande de Buda, et son surnom - d’église Mathias - lui est venu, non seulement à cause des travaux entrepris par Mathias Corvin, mais surtout parce que ses 2 mariages y ont été célébrés.
Mathias est le grand roi de la Renaissance Hongroise: il a régné de 1458 à 1490. Il a fait venir des artistes italiens et a ainsi importé l’art de la Renaissance en Hongrie, et ce bien des années avant les campagnes d’Italie des Valois et les châteaux de la Loire.
De tout cela, nous reparlerons tout à l’heure à propos du Château Royal.

Pour sa part, l’église, au demeurant, n’a rien de Renaissance : telle que nous la voyons, elle est plus gothique que nature : entendons par là qu’elle est néo-gothique, depuis sa restauration, fin 19e.

Alors restauration ou création ? Comme parfois chez Viollet-le-Duc, par exemple au château de Pierrefonds, on peut hésiter entre ces deux mots : il s’agit en fait des 2 à la fois.
L’extérieur est très réussi, notamment la flèche de la tour Mathias : une pure invention de l’architecte 19e, et spectaculaire !  Et aussi le somptueux toit de tuiles vernissées de goût bourguignon, façon hospices de Beaune.

Mais Beaune n’est pour rien dans tout cela : le toit est en fait un signe de la rivalité de Budapest avec Vienne: car la cathédrale Saint-Étienne de Vienne a elle-même un toit de ce genre. Et à une période où Budapest s’émancipait de Vienne, il convenait d’avoir soit même ce genre d’église.

Rendons-nous maintenant devant le portail qui se trouve sur le côté droit de l’église. Cette porte de Marie conserve un fronton sculpté, en partie d’origine, qui représente la Dormition c’est-à-dire la mort de la Vierge. Il date du 14e siècle, donc de l’époque de la dynastie d’Anjou. Mais que viennent faire les Anjou en Hongrie ? Eh bien les Anjou étaient des Capétiens, et en somme des Capétiens voyageurs. Ils ont d’abord régné sur Naples à partir de Charles d’Anjou, frère de St Louis, puis sur la Hongrie quand un descendant de Charles d’Anjou, Charles-Robert, a été choisi comme successeur d’André 3 de Hongrie, mort sans héritiers en 13O1.


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