La statue équestre de Saint Etienne

Buda, le quartier du chateau : de l'eglise mathias aux cours du palais-royal

La statue équestre de Saint Etienne

Dans tous les cas, nous vous attendons à la sortie de l’église devant la statue équestre de Saint Etienne, légèrement sur la gauche en sortant.

Nous voici devant l’impressionnante Statue équestre de Saint-Etienne, l’œuvre du sculpteur Alajos Strobl.
Le caparaçon du cheval avec toutes ses pendeloques est assez amusant, et on avouera ne pas savoir si c’est pure fantaisie de la part du sculpteur, ou détail « archéologique ».
Plus sérieusement, nous voyons Etienne Ier, le premier roi de Hongrie, portant la couronne royale (ou Sainte-couronne). C’est la couronne que la tradition lui attribue, mais qui dans la réalité avait été envoyée par le pape à l’un de ses successeurs. Cette couronne est surmontée d’une énigmatique croix penchée, aussi penchée que la tour de Pise, que tous les visiteurs, tous les touristes sans exception croient a priori investie d’une signification symbolique précise.

Et vous attendez donc de savoir laquelle. Et bien il n’y en a aucune : dans l’une des tribulations des parures royales, qu’il a fallu mettre en sûreté, cacher etc., la croix a été tordue, et on ne l’a jamais redressée depuis ! Tout simplement. Enfin, il y a quand même une petite histoire : une reine de Hongrie qui devait la dissimuler l’aurait enfouie sous des coussins et se serait assise dessus. Or elle était corpulente : et voilà, malgré les coussins, pourquoi la croix est tordue !
Par contre, la double croix, qui fait penser à la croix de Lorraine, et que Saint-Étienne tient à la main, est la croix «apostolique». Autrement dit, elle symbolise le rôle d’apôtre, de propagateur de la foi du 1er roi, qui convertit son peuple et organisa l’église de Hongrie. Et du coup, lui et ses successeurs jusqu’au Habsbourg en 1918 auront le droit de nomination des évêques. C’est ce que signifie le titre de souverains apostoliques. En tout cas, cette croix est un très ancien symbole national de la Hongrie, et elle figure toujours dans son blason.

Mais revenons au personnage même du roi : C’est le 25 décembre de l’an mil, ou peut-être le 1er janvier 1001 qu’Étienne Ier a été couronné roi, avec une couronne envoyée par le pape Silvestre 2, qui était le pape auvergnat Gerbert d’Aurillac.

Baptisé quelques années auparavant, Étienne avait en effet choisi Rome plutôt que Byzance, pour lui-même et pour ses sujets: la Hongrie ne serait donc pas orthodoxe, mais catholique. Avec lui commençait la 1ere dynastie, celle des Árpád, qui allait durer 3 siècles, avant que ne lui succède la dynastie d’Anjou, pour un peu moins d’un siècle celle là.
Regardez pour finir le piédestal, dessiné par Frigyes Schuleck, et ses bas-reliefs : sur l’un d’entre eux, l’architecte se présente devant Saint-Étienne !


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