Le bastion des pêcheurs

Buda, le quartier du chateau : de l'eglise mathias aux cours du palais-royal

Le bastion des pêcheurs

Rendons-nous maintenant sur le Bastion des Pêcheurs, la bizarre construction néo-romane, toute blanche, avec des tourelles aux toits pointus qui se trouve derrière la statue de Saint-Étienne. L’escalier d’entrée est à droite quand nous sommes face au bastion. Prenez un billet et montez sur le « chemin de ronde ».Attention, on peut normalement prendre son billet au pied de l’escalier, mais il arrive qu’il faille l’acheter dans le kiosque d’information touristique de Szentaromsag ter. C'est-à-dire dans le square, à gauche en tournant le dos au bastion.

Nous voici maintenant sur ce bastion dont le nom vient du marché aux poissons qui se tenait au Moyen-âge à proximité, et de la guilde des Pêcheurs qui était chargée de le défendre.
Sa reconstruction est vraiment très «néo» : d’une blancheur de craie, cet édifice fut rénové peu avant les fêtes du millénaire de la Hongrie de 1896. C’est sans doute le bâtiment éclectique le plus kitsch de Budapest.
Un mot des tours du bastion et de leurs curieux toits coniques, qui leur donnent une allure de sucrier : elles symbolisent en fait les tentes du peuple magyar (c’est-à-dire hongrois), et leurs 7 tribus de cavaliers nomades qui sont venues s’installer en 896 dans le bassin du Danube. Il devrait donc y avoir 7 tours, mais nous aurons beau compter et re-compter, nous ne les trouverons pas !
La tour la plus grande figure en tout cas la tente de leur chef, Árpád, dont descendra Saint-Etienne, et tous les rois de la 1ère dynastie.
Grands voyageurs, les hongrois de la 1ère période peuvent être considérés, au même titre que les vikings, comme les inventeurs du tourisme de masse: à partir de 896, et sur 7O ans, on leur connaît 47 raids de pillage à l’ouest et au sud –en Allemagne, en France, en Italie-, avec une certaine prédilection pour les églises et les abbayes, riches en orfèvrerie. Mais le baptême et le règne de Saint-Etienne allaient changer tout cela.

Et maintenant, du haut du bastion, nous découvrons un panorama magnifique sur Pest et sur le Danube. Cherchons le meilleur emplacement, qui sera sans doute le plus central.
Regardons à gauche, au loin : où nous voyons tout d’abord une île couverte d’arbres, c’est l’île Marguerite, reliée aux 2 rives par un pont métallique de fabrication française. A noter qu’à la même époque, Eiffel construisait les parties métalliques de la Gare de l’Ouest de Pest. Mais elle n’est pas bien visible d’ici.
Puis, côté Pest au bord du Danube, nous voyons -un peu à gauche- l’immense Parlement néo-gothique, qui ressemblerait à celui de Westminster, s’il n’était pas dominé par une grande coupole au lieu d’une tour.
En contrebas du bastion, mais côté Buda cette fois, on distingue tout d’abord un peu à gauche l’église baroque Sainte-Anne, avec ses 2 clochers, puis, presque juste en dessous du bastion, le toit de tuiles vernissées et les murs de brique rouge du temple Calviniste. C’est un beau bâtiment de 1892 de Samu Pecz, l’architecte du Marché Central de Pest, et des Archives Nationales à Buda. Et enfin, un peu à droite, franchissant le Danube, nous voyons le pont Széchenyi, ou pont des Chaînes, le 1er pont en dur de Budapest construit dans les années 184O.
Regardons encore dans le prolongement du pont des Chaînes, à Pest : on trouve tout d’abord une place bordée à gauche par le palais de l’Académie des Sciences, et au fond par un grand immeuble Art-Nouveau, le Palais Gresham, aujourd’hui un hôtel de luxe. Plus loin, et en retrait derrière quelques pâtés d’immeubles : nous voyons une grande église à coupole, avec deux tours en façade : c’est la basilique-cathédrale Saint-Etienne. Maintenant, plus à droite encore, le pont suivant sur le Danube  est le pont Elisabeth. Eh oui !, encore Sissi, -sa statue, invisible d’ici, est d’ailleurs près du pont.

Au débouché de ce pont, côté Pest toujours, une église: c’est l’église paroissiale de la Cité de Pest, en partie médiévale malgré sa façade baroque. Enfin devant l’église, un peu à sa gauche, entre sa façade et les bords du fleuve, se trouvent les vestiges, visibles dans un square (mais invisibles d’ici) de Contra-Aquincum : c’était la forteresse avancée construite par les Romains sur la rive gauche du Danube, du côté des territoires barbares : l’Empire Romain s’arrêtait donc ici, au Danube, et sa frontière fortifiée englobait Aquincum (aujourd’hui Obuda), importante ville de garnison.
Regardons les ponts à nouveau : plus loin encore à droite, peut-être apercevez-vous le pont de la Liberté: il débouche devant la colline qui succède au mont du château : le mont Gellert.

Comme nous l’avions dit, ces tours du bastion représentent les tribus hongroises des premiers temps et la plus grande est celle de leur chef Arpad. Nous allons monter justement sur cette grande tour, qui se trouve à gauche quand on regarde le Danube. Et en nous dirigeant vers elle, au passage, nous pourrons jeter un coup d’œil sur l’arrière de l’hôtel Hilton et les vestiges de l’église gothique des Dominicains-nous en parlons dans notre promenade n°1- à demi noyés dans sa façade moderne.

Voilà, nous y sommes. Le panorama est dans l’ensemble le même, mais on le voit sous un autre angle, et puis on savoure un peu plus l’architecture néo-romane du bastion, avec ses motifs sculptés, ses animaux, ses chevaliers à grande moustache typiquement 19e…


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