Le palais sandor

Buda, le quartier du chateau : de l'eglise mathias aux cours du palais-royal

Le palais sandor

Avançons jusqu’au palais qui fait suite au théâtre, toujours du côté gauche, et cette fois sur la place Szent Giörgy ter.

Ce superbe palais néo-classique est le palais Sandór. Il a été construit au début du 19e siècle pour le comte Vince Sandor, par l’architecte Mihaly Pollack, le spécialiste de l’architecture néo-classique à Budapest. Des années après, il construira à Pest le remarquable Musée National. Le palais allait être de 1867 à 1945 la résidence du 1er ministre, et son 1er occupant à ce titre a été le comte Andrassy, l’artisan du « compromis» de 1867 avec l’Autriche, et l’ami très cher de Sissi.

Longtemps en travaux, le palais est devenu, il y a quelques années, le siège de la Présidence de la République : c’est l’Elysée de Budapest, en moins gardé toutefois.
Regardons son architecture: des colonnes d’ordre dorique, c'est-à-dire des colonnes dont le chapiteau est simple et sans décorations, ornent le rez-de-chaussée. Elles donnent une allure élégamment néo-grecque au bâtiment. Le haut de la façade présente un décor sculpté assez réussi avec des bas reliefs représentant des danseuses. Avançons un peu après le palais Sandór et arrêtons-nous devant le funiculaire.

Un dernier regard sur le palais Sandor : sa deuxième façade donne de ce côté. Et elle est un peu différente, avec son fronton triangulaire, et son bas-relief. Disons même qu’elle est d’un style beaucoup moins frivole. Mais tournons-nous maintenant vers le funiculaire.
Voilà un funiculaire plus ancien que celui de Montmartre, puisqu’il a été mis en service en 187O, à l’usage, non des touristes, mais des fonctionnaires qui travaillaient alors au château.
En face de nous, derrière une grille ouvragée, un escalier donne accès en contrebas à la terrasse du château.
À gauche de la grille sur un haut piédestal : un oiseau de bronze étend ses ailes : ni aigle, ni vautour, quoique ressemblant beaucoup à un vautour, c’est le mythique Turul, qui selon la légende a guidé les cavaliers d’Árpád jusqu’aux rives du Danube.

Descendons maintenant jusqu’à la terrasse, devant la statue équestre. Il s’agit de la statue équestre du prince Eugène de Savoie, réalisée en 1900. Ce grand général est né à Paris et est même un cadet de la maison régnante de Savoie. Puis il passe au service des Habsbourg, ennemis traditionnels du Roi-Soleil. Il s’illustre dans le siège de Buda en1686 et dans sa libération des Ottomans par les troupes de la Sainte Ligue. Celles-ci étaient non seulement autrichiennes, mais aussi, bavaroises, et même un peu françaises, car Louis 14 était pour une fois l’allié des Habsbourg. Pour la première, et la dernière fois d’ailleurs.

Le prince Eugène devait aussi s’illustrer, plus tard, contre les Français, et surtout mener les troupes autrichiennes à la victoire contre les Turcs dans les années suivantes, en qualité de généralissime. Et il contribua donc à rendre une grande partie de son territoire à la Hongrie. Ce qui méritait bien une statue, malgré le peu de sympathie des Hongrois pour un personnage qui, paraît-il, ne les aimait pas.


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