La place Kapisztran ter

Buda, le quartier du chateau : de la porte de vienne a l'hotel hilton

La place Kapisztran ter

Nous allons maintenant quitter cette place ; en ayant en face de nous la porte de Vienne et les Archives Nationales, prenons à gauche la rue Petermann Bíró -Petermann Bíró utca donc- jusqu’à Kapisztran ter.

Sur la place Kapistran s’élève une haute tour gothique, en partie en brique, et en partie en pierre, et avant de l’atteindre nous remarquons tout d’abord les vestiges –ce sont quelques assises de pierre seulement - de l’église dont la tour était le clocher. Et puis quelque chose d’un peu étrange : une grande fenêtre intacte, là où le reste de l’église a disparu.
Les architectes chargés de la restauration du monument, et de la mise en valeur des vestiges ont eu l’idée, originale, de remonter une fenêtre entière, avec son réseau de pierre gothique ouvrant sur le vide : sans murs et sans voûtes.
Pour en savoir plus sur l’église, passons maintenant de l’autre côté de la tour, à l’angle de Kapisztran ter et de Uri utca.

Cette tour est donc le principal vestige de l’église Ste Marie-Madeleine, une église franciscaine des 13e et 15e siècles.
Pendant la longue domination turque, c’est-à-dire entre 1541 et 1686, elle a été le seul sanctuaire laissé aux fidèles chrétiens, tandis que les autres églises de la ville étaient toutes transformées en mosquées. Les catholiques et les protestants se la partageaient : les uns utilisant le chœur, et les autres la nef.
Sans résumer ici toute l’histoire de la Hongrie, disons simplement qu’en 1526, à la bataille de Mohacs, l’armée hongroise a été écrasée par les troupes ottomanes, et le roi Louis Jagellon tué. Après quelques années, les Turcs ont occupé tout le sud et le centre de la Hongrie et cela jusqu’aux années 168O.
Telle est l’origine de cette présence turque, et du fameux siège de 1686 par l’armée des Habsbourg, qui y a mis fin.
Un siècle et demi d’occupation : cela laisse des traces, y compris dans l’architecture. À vrai dire, elles ne sont pas très nombreuses, mais il y en a quelques-unes et surtout autour du Mont du Château : deux des bains thermaux encore en activité : les bains Rudas et Kiraly (pr. Roudach et Kiraï)ont gardé en partie leur architecture ottomane, un tombeau de derviche très vénéré dans l’islam, Gül Baba se trouve un peu plus loin, sur la Colline des Roses, et enfin, à Pest, l’église paroissiale de la Cité conserve, quant à elle, le mirhab, la niche tournée vers la Mecque, de l’époque où elle servait de mosquée.

Si on tourne le dos à la rue Úri -Uri Outça donc-, en face de la tour, nous voyons un grand bâtiment qui borde Kapisztran ter sur 2 côtés, et dont le portail est flanqué de canons de bronze. C’est le Musée d’Histoire Militaire. Il est installé dans une caserne des années 183O, une sobre bâtisse de l’époque autrichienne. Ce musée vous permettra de tout savoir sur l’origine des hussards, mais aussi sur la guerre d’indépendance de 1848, contre l’Autriche, et sur le soulèvement de 1956 contre le pouvoir communiste. Nous allons tout à l’heure évoquer la révolution hongroise de 1848, quant à celle de 1956, c’est plutôt à Pest qu’il faudra le faire.
Mais encore un mot de notre place, Kapisztran ter : Qui est donc ce Kapisztran qui lui donne son nom, et y a sa statue ; voyez : elle est près du musée militaire, sur la gauche. Et bien, c’est Saint-Jean de Capistrano, moine franciscain napolitain du 15e siècle, qui s’est illustré en ferraillant contre les Turcs, aux côtés des Hongrois, et en participant à la défense de Belgrade. Belgrade, aujourd’hui la capitale de la Serbie, était alors une place forte hongroise.


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