Les collégiales

De la cathédrale saint-paul à l'archéoforum

Les collégiales

Nous y voilà ? Prenons un peu de recul afin de voir la cathédrale dans son ensemble.
Et déjà, commençons par rappeler que Liège fut, jusqu’à la révolution de 1789, le centre d’une principauté épiscopale. En d’autres termes, Liège était la capitale d’un « pays » un peu particulier, dirigée par un personnage qui était tout à la fois, évêque et prince. Et cela, du Moyen Age à la fin du 18e siècle. Pour évoquer l’aspect du Liège d’autrefois, il faut penser à une forêt d’églises disposées entre des bras d’eau. En effet, la Meuse se ramifiait en un réseau complexe qui traversait alors la ville, laquelle comptait une centaine d’églises. Un vieil adage disait que « Liège est le paradis des prêtres, le purgatoire des hommes, et l’enfer des femmes » ! Tout un programme ! 

A Liège, outre la grande cathédrale Saint-Lambert, dont nous reparlerons, les églises principales étaient des collégiales. Une collégiale est une grande église, inférieure à la cathédrale. Chaque collégiale comportait, en théorie, 30 chanoines. Et des collégiales, à Liège, il y en avait sept : Saint-Pierre, Saint-Martin, Sainte-Croix, Saint-Jean l’évangéliste, Saint-Denis, Saint-Barthélemy et Saint-Paul que nous avons devant les yeux. Elle n’est devenue cathédrale qu’au début du 19e siècle, pour remplacer l’ancienne cathédrale Saint-Lambert, disparue depuis. Son gros clocher en pierres jaunes, construit à cette occasion, reproduit, bien qu’en plus petit, le grand clocher de l’ancienne cathédrale, pour en marquer la filiation. Il abrite d’ailleurs l’horloge et le carillon de cloches de l’ancienne cathédrale.

Pour ce qui est des collégiales, nous en verrons quatre lors de ce circuit : Saint-Paul, Saint-Jean, Saint-Denis et Sainte-Croix. Nous apercevrons aussi Saint-Martin. Saint-Barthélemy est, quant à elle, avec ses beaux fonts baptismaux romans, l’objet du second circuit. La 7e, Saint-Pierre a, quant à elle, été détruite au 19e siècle.
Et c’est dons une couronne de sept collégiales qui entourait la cathédrale. Ajoutez à cela que chaque collégiale était flanquée d’une église paroissiale, et vous doublez le nombre. Rajoutez ensuite les églises de paroisses indépendantes, les chapelles, les couvents, très nombreux aussi, et vous arrivez à un nombre d’églises tout simplement impressionnant. Bref, le pouvoir de l’évêque était ainsi bien marqué dans l’urbanisme de la ville et la destruction de Saint-Lambert fut la réaction des liégeois à presque 800 ans d’une omniprésence religieuse oppressante.


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