Historique de la cathédrale Saint-Paul

De la cathédrale saint-paul à l'archéoforum

Historique de la cathédrale Saint-Paul

Et maintenant, repartons en arrière. Au milieu du 10e siècle, l’évêque Eracle règne sur la ville qui ne s’étend guère plus loin que l’actuelle place Saint-Lambert et la colline avoisinante. Le lieu sur lequel nous nous trouvons est alors une île marécageuse, entourée des bras de la Meuse. L’évêque Eracle voulant donner de l’extension à la ville, fonde en cet endroit une collégiale. Là où, selon la légende, serait miraculeusement tombée de la neige, en plein mois de juillet. Sans vouloir ôter du merveilleux à ce miracle, on peut néanmoins noter que ce même miracle –de la neige en été- avait été à l’origine de l’église Sainte-Marie-Majeure à Rome 5 siècles plus tôt, comme d’ailleurs en d’autres endroits. Ce type d’histoire fait partie du commun du merveilleux médiéval.

Très vite, le quartier se développe et églises et couvents apparaissent, comme l’abbaye bénédictine de Saint-Jacques, dont il reste encore, pas très loin d’ici, la superbe église. De nombreux artisans viennent étoffer ce quartier émergeant. Et vers 1050, deux ponts sont construits sur les bras de la Meuse : le pont d’île et le pont d’Avroy, qui ont laissé leur nom à deux rues que nous traversons lors de notre parcours.

De la première église romane, il ne reste donc rien. Car à partir de 1232, les chanoines vont reconstruire leur collégiale, en commençant par le chœur, situé du côté est. Le chantier avance ensuite progressivement vers l’ouest, et l’église sera terminée une centaine d’années plus tard. L’église que nous voyons aujourd’hui a donc été construite d’est en ouest. Cette méthode de construction était courante au Moyen Age. Elle permettait de pouvoir utiliser le chœur pour les messes avant l’achèvement des travaux. Car le chœur gothique était en construction alors même que le chœur roman n’était pas encore complètement détruit et restait en fonction pour le clergé. Une fois le nouveau chœur construit, on détruisait l’ancien, et on continuait à construire le reste de l’église en avançant par tranches, détruisant au fur et à mesure qu’il fallait libérer l’espace pour bâtir. Il existe des églises dont la reconstruction n’a pas été complète. Elles offrent alors le curieux mélange d’un chœur gothique très haut, et d’une nef romane assez basse. Nous en verrons l’exemple à la collégiale Saint-Denis.


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