Le passage Lemonnier

De la cathédrale saint-paul à l'archéoforum

Le passage Lemonnier

Ressortons maintenant de l’église. Nous allons rebrousser chemin et retraverser la place en diagonale vers la droite, pour reprendre la rue Sébastien Laruelle.

Traversons la rue de la Casquette pour reprendre la rue Saint-Adalbert, jusqu’à son croisement avec la rue du Pot d’Or

Vous y êtes ? Alors prenons la rue du Pot d’Or vers la gauche. Après quelques dizaines de mètres, nous arrivons à un grand carrefour piétonnier. La large rue à notre droite est la rue Vinâve d’Ile, déjà rencontrée. Arrêtons-nous là.

A notre droite, tout au bout, la fontaine de Del Cour, et au-delà, la cathédrale. Prenons cette direction et, tout de suite sur notre gauche, s’ouvre à nous l’entrée d’un grand passage commercial couvert : c’est le passage Lemonnier. Le nom est écrit deux fois au-dessus de l’entrée, vous ne pouvez le manquer. Entrons dans ce passage et arrêtons-nous à l’entrée.

Nous allons traverser le passage Lemonnier. Il tire son nom de son premier architecte Louis-Désiré Lemonnier qui le construisit en 1839. Il est le premier passage couvert de Belgique, et a été entièrement réaménagé en 1934. Levons un instant les yeux et voyez comme les surfaces des murs, au niveau du premier étage, sont d’un décor très pur : quelques lignes horizontales soulignent le haut du mur sur toute sa longueur. C’est la sobriété du style moderniste de l’entre-deux guerres. Au niveau du rez-de-chaussée, quelques vitrines originales subsistent encore notamment aux numéros 38, 40 et 42 de la galerie. Avançons jusqu’à ces numéros, qui se trouveront sur notre droite.

Vous êtes face à la série de vitrines portant les numéros 38 à 42 ? Alors, regardez-les. Leur structure est formée de simples châssis en métal, encadrant de grandes vitres lisses pour l’exposition des objets destinés à la vente. Au-dessus de ces grandes vitres sont enchâssées des petites vitres verticales, bombées et bosselées. Cet aménagement de métal et de verre souligne bien l’entrée des boutiques. Continuons à avancer dans la galerie. Nous verrons qu’un peu plus loin, elle fait un léger coude, à l’endroit où se trouve une grande rotonde recouverte d’une coupole. Nous nous y arrêterons.

Vous y êtes ? En tournant le dos à l’endroit d’où nos venons, nous constatons donc que la galerie qui nous fait face présente un coude, procédé fréquent qui a pour but d’éviter que le promeneur n’ait face à lui une interminable perspective, assez décourageante. Le visiteur qui se tient à l’entrée ne voit donc pas l’autre bout de la galerie, ce qui donne, vous en conviendrez, une dynamique visuelle plus intéressante à ce lieu de passage. Et puis, plus prosaïquement, la curiosité humaine l’emporte toujours –et heureusement- et on est toujours tenté de venir voir ce qu’il y a de l’autre coté du coude. Et une fois qu’on y est, quand bien même on voit encore des boutiques : on se dit que « maintenant qu’on y est, on peut continuer à les regarder ».
Levons maintenant les yeux. Au-dessus de l’entrée de chacune des deux sections de galerie se trouve la statue du dieu grec Hermès, protecteur des marchands, thème bien en phase avec la fonction du lieu. Ces deux statues sont entourées de très beaux motifs végétaux stylisés et épurés : une simple tige terminée par une ample boucle. Ces motifs sont constitués de petits cubes de mosaïque dorés qui se détachent en scintillant doucement sur le fond blanc du mur. Tout ici est simplicité, géométrie, pureté. Et ce programme stylistique de l’époque annonce déjà la suppression totale du décor, telle qu’elle s’exprimera dans les immeubles de l’après-guerre. Sur le mur, devant nous, à notre droite est indiqué le nom de l’architecte.


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