La place de la République française

De la cathédrale saint-paul à l'archéoforum

La place de la République française

Retraversons maintenant l’église pour ressortir sur la place Saint-Denis par la porte par laquelle nous sommes entrés.

Nous voilà de nouveau sur la place Saint-Denis. Face à nous un grand bâtiment de briques et de pierres. Il s’agit d’un ancien relais de diligences.
A gauche de ce bâtiment une petite rue : c’est la rue Saint-Denis. Nous allons la prendre, jusqu’à son croisement avec une rue piétonnière : la rue Saint-Gangulphe.

Et maintenant, empruntons cette rue Saint-Gangulphe sur la gauche. Elle nous mène à une place : la place de la République française.

Vous y êtes ? En ce cas, au coin de la rue Saint-Gangulphe et de la place de la République Française, prenons directement vers la droite. Juste après les grands magasins de l’Innovation, une belle maison du 18e siècle porte le numéro 5. C’est la société Littéraire. Arrêtons-nous devant sa porte.

Ce bâtiment du 18e siècle abrite donc la société littéraire de Liège. La société Littéraire a été fondée en 1779, sous les auspices de ce prince-évêque éclairé, dont nous avons vu le tombeau à la cathédrale, François-Charles de Velbruck. Il y avait à l’origine 141 fondateurs, et bon nombre des membres actuels sont encore des descendants de ces grandes familles.
La société littéraire est une institution typique de l’esprit des intellectuels du 18e siècle. C’était un cercle de délassement. On y lisait, ou discutait de choses et d’autres, et surtout de littérature. Car littéraire, dans l’esprit du temps, signifiait surtout «lecture». On venait y consulter les journaux ou des livres coûteux, afin d’en discuter ensuite, éventuellement en jouant au trictrac ou au billard, et en buvant un verre. Nobles, chanoines, clercs, avocats, bourgeois et hommes d’affaires s’y réunissaient, dans un esprit d’urbanité, assurant entre eux des relations courtoises.
Au moment de la Révolution de 1789, le bâtiment fut un moment transformé en un café de patriotes. Mais vite, il sera restitué à la société, qui l’occupe toujours aujourd’hui. C’est donc une institution de fraternité quelque peu mondaine, qui garde une teinte d’Ancien Régime, dans ce monde moderne. Les perruques blanches, les jabots de dentelles ou les cols à rabat des chanoines de la cathédrale ont disparu, mais la courtoisie aristocratique y est toujours de mise. Des dîners mensuels y sont organisés pour les 550 membres que compte la société aujourd’hui, et depuis 2004, les femmes peuvent aussi en devenir membres à part entière.


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