L’Histoire de Westminster

De westminster a trafalgar square

L’Histoire de Westminster

Ressortons du jardin. Traversons la rue Abingdon. Prenons ensuite notre droite pour revenir vers le parlement. Désormais nous longeons un square sur notre gauche. Nous sommes sur Mill Bank Continuons jusqu’au niveau de la tour Victoria.
Avançons jusqu’à la grille d’entrée de l’enceinte de la tour du trésor ou Jewel tower, présente à notre gauche. Sur notre gauche : un édifice en pierre. Une tour carrée qui semble beaucoup plus ancienne que tout ce que nous venons de voir, c’est la tour du Trésor ! Elle abritait effectivement les joyaux de la couronne jusqu'en 1864. Avec le Westminster hall que nous avons déjà vu, c’est tout ce qu’il reste aujourd’hui du palais médiéval.
Revenons sur l’histoire du lieu.
Construite sous le règne du roi Edouard 3 au 14e siècle, elle appartenait à l’ancien palais royal de Westminster, construit à partir du 11e par Edouard le confesseur. Elle marquait l’angle sud-est du palais et était fortifiée. Remarquez combien la pierre dont elle est construite est différente de ce que nous avons vu jusque-là. Plus claire et plus dorée, c’est de la pierre de Caen en Normandie.Les pierres, charriées par bateau depuis la France, remontaient la Tamise et arrivaient à cet endroit grâce à un canal en prise directe avec la Tamise. Ce canal servait aussi de douves à la tour et renforçait ainsi ses défenses. On le voit quand on commence à descendre vers l’entrée de la tour. Il est sur notre gauche quand on regarde la tour. C’est ce bassin vide. Des fouilles sont toujours en cours à cet endroitAu bas des escaliers qui mènent à l’entrée de la tour se trouve un petit musée que vous pouvez visiter.
Mais, maintenant continuons notre promenade et contournons la tour par la droite. Ici nous arrivons devant un autre bassin à sec, emplacement d’une autre partie des anciennes douves.
Nous voici au bord des douves. Prenons à droite le sentier qui passe par le petit jardin derrière le bâtiment en brique. Nous débouchons sur une place bordée par les bâtiments de l’abbaye de Westminster.
Cette abbaye est située à l’emplacement de celle du petit couvent bénédictin du 10e siècle. En venant s’établir à côté, le roi Edouard le Confesseur va lui donner un lustre et une richesse autorisant les abbés à reconstruire quelque chose de magnifique. L’édifice doit être à hauteur de la tache qui lui est dévolue. C’est alors que l’endroit prend le nom de West-minster (ce qui veut dire monastère de l’ouest) pour la différencier de St Paul situé plus à l’est. Le successeur d’Edouard le confesseur, Guillaume le Conquérant, demanda à y être couronné. De cette 1re abbaye, il ne reste pratiquement rien. 2 siècles plus tard, Henri 3 décide de faire reconstruire l’édifice. On est au 13e siècle, le style gothique est alors en vogue. On veut cette église somptueuse puisqu’elle est devenue, de fait, l’église des couronnements et la nécropole des rois. Henri 3 fait venir des architectes de France pour satisfaire ses exigences. Le plan, assez classique, est en croix latine. Mais le chantier prendra du retard et ce n’est qu’au 14e que l’édifice est achevé.
A la fin du 15e, on lui adjoint la chapelle Henri 7 qui mesure à elle seule 32 mètres. L’ensemble de l’édifice, très grand, mesure 156 mètres de long.La reine Elisabeth 1re va lui donner un statut particulier en la rendant indépendante de la juridiction des évêques. Et depuis, l’église est église royale et dépend seulement de la couronne. Car souvenons-nous que dans l’Eglise anglicane, le souverain est aussi chef de l’église.
Mais parlons maintenant de la partie qui est devant nous. C’est ce qu’on nomme le chevet.
C’est la partie externe du chœur auquel on a ajouté, au 15e, une grande chapelle. Cet immense chevet ou chœur a servi de modèle aux architectes qui ont reconstruit le Palais de Westminster en néo-gothique de l’autre côté de la rue. La leçon a manifestement été bien apprise.
Pour la première fois depuis le début de notre promenade, nous avons devant les yeux un exemple de gothique perpendiculaire pratiquement d’origine. Les lignes orthogonales sont bien présentes sous un décor foisonnant, comme sur la façade du Parlement. Le chœur, devant nous, est à 2 niveaux, ou si vous préférez à 2 étages, séparés par un balcon. Ce balcon contribue à donner à l’ensemble un air de grâce et de légèreté mouvante. Il donne presque l’impression d’onduler. En effet, il suit les tours et détours des colonnettes qui ponctuent l’ensemble et qui, elles, donnent l’élan vertical en se propageant jusqu’au toit. Et puis regardez ces petits clochetons qui surmontent les retombées des arcs boutant, ils accentuent la verticalité. Les arcs boutant sont ces grands arcs qui soutiennent l’ensemble du chœur. Ils empêchent l’édifice de s’ouvrir et d’éclater sous le poids des voûtes et des toitures. C’était l’une des techniques employées par les architectes de ce style gothique tardif. En regardant avec un peu d’attention, nous voyons les pentes des arcs peuplées de petits animaux qui jouent à la glissade. Ils apportent une note légère et gaie à un édifice un peu austère.


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