Histoire d’Arles

Decouverte d'arles

Histoire d’Arles

Nous sommes sur la place, et face à l’Hôtel de Ville. Tournons-nous sur la droite. Nous voyons le reste de la place avec, au milieu sur notre droite, une fontaine, surmontée d’un obélisque, et en face de nous, de l’autre côté de la place, la façade et le portail roman de l’église Saint-Trophime. Cette place à échelle humaine et tranquille à la fois nous présente, à travers ses monuments, un raccourci assez vertigineux de l’histoire d’Arles.
L’Antiquité est au milieu, avec l’obélisque, et également en sous-sol avec les galeries souterraines du forum, qui passent sous l’Hôtel de Ville. Alors, avant d’en venir aux monuments, résumons l’histoire d’Arles en 2/3 minutes.

Tout d’abord, rappelons-le, Arles est située au bord du Rhône, sur une butte rocheuse entourée de marécages : elle a tout d’abord été un comptoir commercial, fondé par des Grecs de Marseille, auxquels se sont peu à peu mélangés des autochtones gaulois. Le nom d’Arles vient d'ailleurs d’un nom d’origine celtique, Arelate, qui veut dire « la ville près des marais ».
Le destin d’Arles change après le passage de Jules César, en 49 av. J.-C. : elle s’allie à lui contre Marseille, et lui fournit des navires. La cité en sera récompensée : elle reçoit une colonie de droit romain fondée pour les vétérans de la 6e légion. Dès lors, elle connaîtra grâce au fleuve, et surtout grâce à Rome, un essor commercial considérable. Ensuite, sous Auguste, vers la fin du 1er siècle av. J.-C., elle reçoit un plan d’urbanisme typiquement romain, avec des rues se coupant à angle droit autour d’une croix centrale formée par 2 rues principales : celle qui est dans l’axe nord-sud est appelée le cardo et celle qui est dans l’axe est-ouest est le decumanus. La ville est aussi dotée d’un forum et elle est entourée de remparts.
La ville connaît encore une nouvelle expansion à la fin du 1er siècle de l’ère chrétienne: de nouveaux quartiers sont construits au-delà des remparts, et surtout… Et surtout, on bâtit l’amphithéâtre, c’est-à-dire les arènes, d’une contenance de plus de 20 000 spectateurs. Au 4e siècle, les empereurs, et en premier lieu Constantin, y séjournent à plusieurs reprises. Et au siècle suivant la ville fait office de capitale administrative des Gaules, et même de capitale religieuse, en supplantant Lyon.
Et puis l’Empire s’effrite puis s’effondre au 5e siècle, les barbares déferlent, et Arles connaît plusieurs siècles de déclin, et de sommeil jusqu’en l’an 879. Car alors, à la suite du partage de l’Empire Carolingien, elle devient la capitale d’un Royaume qui regroupe la Bourgogne, et une partie de la Provence. C’est le retour, progressif à la prospérité en 2 siècles à peu près, c’est-à-dire jusqu’au 12e siècle, qui correspond pour la ville, à un nouvel âge d’or. Elle devient une commune libre gouvernée par des consuls, un peu comme les républiques municipales d’Italie. Et en 1178, l’empereur Frédéric Ier de Souabe (Frédéric Barberousse), se fait couronner roi d’Arles dans la cathédrale Saint-Trophime, que l’on vient de terminer.
Voilà au moins les 18 premiers siècles de l’histoire d’Arles !


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