L’église Saint Trophime

Decouverte d'arles

L’église Saint Trophime

Approchons-nous maintenant de l’église Saint Trophime, et regardons sa façade et son portail sculpté.

L’église Saint-Trophime, est en fait l’ancienne cathédrale d’Arles. Et même l’ancienne Primatiale des Gaules, car ce rang honorifique de capitale religieuse des Gaules, avait échappé à Lyon au profit d’Arles en 417, mais pour un court temps seulement. L’église a été reconstruite entre 1078 et 1152 et appartient donc à la période de l’art roman, le 11e et le 12e siècle.
Mais le portail sculpté est un peu plus tardif: il date de la 2e moitié du 12e : ce qui en fait un exemple remarquable de portail roman tout à fait contemporain de certains portails de cathédrales gothiques. Alors voilà, première impression : ce portail semble indépendant du mur de façade. Il est en forte avancée devant lui et se présente un peu comme un arc de triomphe chrétien, sous lequel les fidèles sont invités à passer. Mais ils doivent choisir le bon côté : il s’agit en effet d’un portail du Jugement Dernier. Maintenant, regardons-le mieux… regardons ce portail, unanimement considéré comme un chef-d'œuvre de l’art roman. Voyons ensemble pourquoi. Nous allons d’abord parler du tympan, puis de la frise qui court autour du portail et enfin du bas relief. Alors que voyons-nous au centre, au dessus de la porte ?: d’abord une poutre de pierre qui surmonte la porte, et qu’on appelle le linteau : 12 personnages y sont sculptés en bas relief : les 12 apôtres, disciples du Christ : ils parlent entre eux, et plusieurs tendent l’index, vers la droite. Quelque chose d’intéressant doit donc se passer là, nous verrons quoi dans un instant.
Regardons maintenant au dessus d’eux : c’est la partie que l’on appelle le tympan, un espace semi-circulaire compris entre le linteau et la première voussure (les voussures sont les arcades en décrochement qui surmontent le tympan). Traditionnellement, ce tympan porte un ou plusieurs bas-reliefs donnant la clef de lecture du portail: c'est-à-dire son thème iconographique principal. Ici, c’est simple : c’est le Christ du Jugement Dernier, entouré des symboles des évangélistes. Le Christ se reconnaît, d’abord à ce qu’il est beaucoup plus grand que les apôtres: la taille des personnages dépend de leur importance. Ensuite, à ce qu’il est couronné, enfin à ce qu’il est représenté dans une mandorle. C’est ce dessin en forme d’amande (qui justement se dit « mandorla » en italien). Le christ est immobile, représenté de face, et il fait un geste de bénédiction. Regardons autour du christ. Et tout d’abord, un peu en haut à sa droite : nous voyons un aigle. Et il s’agit en fait du symbole de Saint jean l’évangéliste. Puis au dessous, nous voyons un taureau (ou un bœuf) ailé : c’est Saint-Luc, ensuite à gauche, un lion ailé : c’est le lion de Saint-Marc, et enfin en haut à gauche, un ange, ou un homme ailé : c’est Saint-Mathieu.
Ainsi, autour du christ, les 4 évangélistes sont représentés par ces 4 symboles que l’on appelle le tétramorphe (c'est-à-dire la quadruple forme, du grec morphé, forme, et tétra, quatre). Dans l’art chrétien en effet, les évangélistes peuvent être représentés en personne, ou à travers ces symboles. Et parfois on trouve les 2 ensembles: sous leur forme humaine, et accompagnée du symbole. Cela dit, lorsque le tympan est de taille moyenne ou petite, c’est bien pratique de pouvoir les représenter avec leurs symboles uniquement.


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