Les grands personnages

Decouverte d'arles

Les grands personnages

Sinon, prenons maintenant un peu de recul pour regarder les grands personnages tournés vers la place ou situés dans l’ébrasement du portail. Et commençons par le côté gauche.

Voyez ces personnages en pied : ils sont représentés de face et tiennent pour la plupart un livre. Tous ont la tête entourée d’une auréole : ce sont donc des saints, leur nom figure sur le livre ou le parchemin qu’ils tiennent. Il s’agit, de gauche à droite, de Saint Barthélemy, puis de Saint Jacques le Mineur, puis dans le décrochement, d’un saint évêque, reconnaissable à sa mitre et à sa crosse d’évêque : Saint-Trophime, le 1er évêque d’Arles. Puis, dans l’ébrasement, et toujours du côté gauche, d’un personnage imberbe et plus jeune que les autres : Saint Jean l’Evangéliste, et enfin de Saint-Pierre, avec les clefs du Paradis. Il garde à la fois la porte du paradis et celle de l’église, car ne l’oublions pas, ce côté gauche est en fait à la droite du christ, c’est le côté des élus, le côté bénéfique par où les fidèles étaient invités à entrer. Voyons maintenant le côté à notre droite, mais à partir de la porte, et toujours de gauche à droite 

En face de Saint-Pierre, nous trouvons tout d’abord Saint-Paul, puis, toujours dans l’ébrasement, Saint-André, ensuite dans le décrochement, non pas un personnage, mais toute une scène, assez énigmatique. Que voyons-nous ? Un personnage agenouillé, de la bouche duquel s’échappe un enfant, que 2 anges tirent énergiquement par les bras. Tout cela sous la surveillance du Père Eternel, ou du Christ, qui apparaît au dessus et que l’on reconnaît à son auréole marquée d’une croix. Alors ? Serait-ce une scène de guérison d’un possédé ? Non, car dans ce cas, c’est un démon qui s’échapperait par la bouche du possédé. Puisque nous voyons au contraire un enfant, c’est qu’il s’agit de l’âme du personnage : les 2 anges la recueillent, et la conduisent au ciel. Bon, mais tout cela ne nous dit pas qui est cet heureux élu qui trépasse devant nous : alors, regardons les 2 personnages qui le flanquent ; ils lèvent les bras et jettent sur lui quelque chose. Quoi donc ? Est-ce que vous voyez ? Eh oui : ce sont des pierres. Alors, le doute n’est plus permis : c’est Saint-Etienne, un des 1er martyrs et qui fut lapidé. Et dans ce cas, ce n’est pas le Père Eternel, mais le Christ qui lui apparaît : car telle est la vision de Saint Etienne au moment de sa mort, dans le récit qu’en donnent les Actes des Apôtres. Enfin plus à droite les 2 derniers personnages en pied sont Saint Jacques le Majeur (c’est-à-dire Saint-Jacques de Compostelle), et Saint-Philippe. Sur les livres qu’ils tiennent à la main, vous pouvez lire leur nom, dans la forme latine «Jacobus» et «Philipus». Ces saints, nous l’avons vu, ne sont pas identifiables par des signes distinctifs, par exemple l’instrument de leur martyre : mais par des inscriptions.
Il y en a une d’ailleurs assez longue, bien sûr en latin, et d’une signification théologique assez pointue, sur le parchemin que tient Saint-Paul. Elle dit , en résumé, que ses prêches ont révélé le sens caché de la loi de Moïse donc de l’Ancien Testament et que le grain de l’ancienne loi a ainsi donné de la farine.


<< 7 - Les bas reliefs de l...         9 - Résumé du portail d’... >>

Sommaire complet du dossier :