L’Hôtel de Ville

Decouverte d'arles

L’Hôtel de Ville

Si l’église Sainte-Anne présente un intérêt assez limité, l’hôtel de ville par contre est un bâtiment superbe. Approchons-nous de lui pour regarder sa façade.

Nous avons trouvé le bon point de vue.
La ville d’Arles peut s’enorgueillir d’avoir un superbe hôtel de ville Louis 14. C’est l’architecte Peytret qui l’a terminé en 1675. Mais Peytret s’est contenté de réaliser les dessins et les plans donnés par un architecte prestigieux à savoir Jules Hardouin Mansart. Oui, l’auteur d’une bonne partie du château de Versailles, de la place Vendôme à Paris et du Dôme des Invalides, entre autres. Rappelons qu’il y a eu 2 Mansart : François Mansart, qui était son grand-oncle et lui Jules Hardouin, qui a ajouté le nom de Mansart au sien pour s’attacher un peu de son prestige. Il est finalement devenu aussi célèbre que son grand-oncle.
Alors, regardons ensemble cette façade. Ce qui attire l’œil d’emblée, c’est la partie centrale. Elle est en avancée sur le reste de la façade : c’est ce qu’on appelle un avant-corps. Et voyez comme cette avancée est rendue plus monumentale par les paires de colonnes qui flanquent la fenêtre du 1er étage. Et là, d’emblée on remarque une double ressemblance avec Versailles. D’une part : il y a cet avant-corps étroit, comme à Versailles : regardez, il y a une seule ouverture à chaque étage : une grande porte au rez-de-chaussée et une fenêtre au 1er. A Versailles, ce type d’avant corps étroit avait été créé par Le Vau, et Hardouin-Mansart s’était contenté de les reproduire. Ensuite, deuxième ressemblance de ces avant-corps avec ceux de Versailles: les colonnes par 2.
Vous voyez aussi que le reste de la façade, parfaitement symétrique par rapport à l’avant-corps, est orné de pilastres et non plus de colonnes. Pilastres eux-même groupés par 2, comme les colonnes. Regardez maintenant le bas des colonnes et des pilastres: ils démarrent, non pas du niveau du sol, mais du 1er étage. Ils reposent donc sur un rez-de-chaussée, qui sert de soubassement, et pour cette raison, il a une maçonnerie très particulière. Nous voyons en effet des pierres qui semblent être en avancée par rapport à la façade. Un effet qui peut être obtenu par une certaine façon de tailler les pierres, ou seulement par le creusement des joints. Parfois par les 2 procédés en même temps. Cette maçonnerie, c’est ce que l’on appelle un bossage. Eh bien, on retrouve cela à Paris sur les 2 places royales construites par Hardouin Mansart, la place des Victoires, et la place Vendôme. Mais il y a un petit détail ici qui est un peu à la manière des années 165O : donc, peut être à la manière du grand-oncle de Hardouin Mansart : c’est le décor sculpté placé au dessus des fenêtres du 1er étage. Regardez-les : on y voit des linges sculptés, c’est-à-dire des sortes de rideaux suspendus autour de petits médaillons, et surtout des paires de sphinx ou de sphinges (qui sont les sphinx femelles). Un motif décoratif déjà très en vogue dans l’architecture française des années 165O. Justement. Dernier détail : remarquez les vases posés sur la balustrade au bord du toit, ils ont des proportions assez allongées et font paraître cette façade un peu plus haute qu’elle ne l’est vraiment.


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