Le théâtre antique

Decouverte d'arles

Le théâtre antique

Nous allons maintenant quitter les fiefs de l’ordre de Malte, et prendre la 1ere rue à droite dans la rue du Grand-Prieuré, ce sera la rue Réattu : nous la suivrons jusqu’à la rue des Suisses.

Bien, nous sommes au croisement de la rue Réattu et de la rue des Suisses : le prolongement de la rue Réattu, de l’autre côté de la rue des Suisses est la rue Vernon : prenons la jusqu’à la rue des Arènes.

Nous voilà au bout de la rue Vernon et à l’angle de la rue des Arènes. Eh bien, nous allons prendre la rue des Arènes à gauche, et en la remontant nous verrons un peu plus haut 2 beaux hôtels Renaissance. Le 1er hôtel particulier, ravalé, n’a pas de n° apparent mais est situé juste en face du n° 30. Le second, non ravalé donc très noir, est au n° 31. A coté, vous verrez une maison : la « Maison des Amazones », signalée par une plaque, et vous verrez pourquoi. Et nous nous arrêterons un peu après, à l’angle de la rue des Arènes et de la rue Aristide Briand.

Nous y sommes? Alors au lieu d’aller tout droit jusqu’aux arènes, nous vous proposons une petite mise en jambe, avant les arènes : le théâtre antique. Pour cela, prenons la rue Aristide Briand, et allons jusqu’au bout: elle débouche devant l’entrée du théâtre, rue de la Calade.

Nous voici donc devant l’entrée du théâtre. Regardez : nous avons devant nous une allée couverte d’herbe, et bordée du côté droit par une rangée d’arbres et par la grille du théâtre. Tandis que du côté gauche, nous voyons deux hautes colonnes portant un fragment d’entablement (sans entrer dans trop de détails, disons seulement que l’entablement est, à la base, une poutre de pierre portée par les colonnes, mais qu’en fait il se divise en 3 couches superposées : l’architrave, la frise, et la corniche). Et au-delà des colonnes, nous apercevons les gradins de la « cavea » (la cavea, mot latin qui veut dire la cavité). Et dans un théâtre antique, c’est la cuvette formée par les gradins. Avant d’aller plus loin, regardons à nouveau à droite et remarquons les blocs de pierre, souvent sculptés, entassés au pied des arbres. Eh bien, il s’agit de fragments et notamment de fragments d’entablement- provenant du mur de scène. Le théâtre d’Arles a un charme romantique, dû à la poésie des ruines, aux arbres, et à quelques beaux points de vue. Mais il est beaucoup moins bien conservé que les arènes, car, au Moyen-âge, il a servi de carrière de pierre et de marbre pour construire Saint-Trophime notamment. Son luxe lui a été fatal : des sculptures superbes qui y ont été retrouvées au 17e et au 19e siècle en donnent une idée. Elles sont aujourd’hui au Louvre, comme la Vénus d’Arles, offerte à Louis 14, ou au musée de l’Arles Antique, comme la statue d’Auguste qui devait se trouver au milieu du mur de scène. Approchons-nous maintenant des colonnes, et passons de l’autre côté de ces colonnes pour mieux le découvrir.

En tournant le dos aux colonnes, nous sommes comme des acteurs sur la scène : et nous avons devant nous en contrebas l’orchestre, en principe réservé aux évolutions du chœur dans les tragédies grecques, mais aussi aux sièges des notables, dans les théâtres romains. Et autour de l’orchestre, les gradins, donc la cavea, destinée –elle- aux spectateurs. De tout cela, seules subsistent derrière nous quelques-unes des colonnes qui se trouvaient devant le mur de scène. Et en contrebas, le dallage, superbe, et bien conservé de l’orchestre et enfin les 1eres banquettes de pierre des gradins, construites en grands blocs calcaires. Alors que tous les autres gradins construits en petites pierres irrégulières datent du 19e siècle. Bref, il reste principalement les sols et le bas du théâtre. Car le reste montait beaucoup, beaucoup plus haut que la cavea actuelle. Jusqu’à une hauteur de 3 étages : pour nous en rendre compte, descendons maintenant devant la scène, au pied du pulpitum, qui était le mur, pas très haut qui séparait la scène de l’orchestre.

Voilà: nous sommes au niveau de l’orchestre, mais surtout nous pouvons voir à droite et à gauche les « grandes entrées », autrement dit les entrées principales du public : 2 grandes arcades, et, entre les 2, une allée dont le dallage est presque intact.
Maintenant, regardez la tour carrée qui surmonte l’une des arcades. C’est celle de droite si vous tournez le dos à la scène. Curieux non ? Eh bien, c’est la tour dite de Roland, une tour médiévale qui est construite à partir d’une travée de la façade extérieur du théâtre. Une travée est pour ce théâtre, ce qu’est une tranche pour un gâteau. Mais en tout cas : cette travée-témoin, qui est la seule conservée, avec ses 3 étages d’arcades que l’on peut encore voir de l’autre côté de la tour, nous renseigne sur bien des choses : elle nous montre comment était l’architecture extérieure du théâtre, d’une part. Et surtout, elle nous donne la hauteur d’origine de la cavea : qui est exactement la hauteur de la tour. Et de cela, on a déduit qu’il y avait donc 33 rangées de gradins, avec une capacité de 10 000 spectateurs. Un dernier détail : derrière le pulpitum se trouvait la « fosse » du rideau de scène. Bien sûr rideau qui ne tombait pas du haut de la scène, mais montait du sol, grâce à des mécanismes que des générations d’archéologues se sont efforcées de reconstituer.


<< 29 - Le musée Réattu...         31 - L’amphithéâtre d’Arl... >>

Sommaire complet du dossier :