L’amphithéâtre d’Arles

Decouverte d'arles

L’amphithéâtre d’Arles

Eh bien, nous allons maintenant sortir du théâtre, par où nous sommes entrés. Prenons maintenant à droite, en sortant, jusqu’à la place Bornier, où nous commencerons à voir les arènes.

La place Bornier ouvre elle-même sur le rond-point des Arènes, qui permet de faire le tour complet des Arènes. D’ici on voit surtout la partie de la façade extérieure qui est déjà ravalée: la pierre blonde a retrouvé tout son éclat. Superbe, non ? Nous allons avancer, vers la gauche, dans le sens des aiguilles d’une montre, et nous arrêter d’abord devant la tour carrée qui s’élève sur ce côté des arènes.

L’amphithéâtre d’Arles ou les arènes ressemblent beaucoup par ses dimensions, sa capacité, à celui de Nîmes. Sauf sur 2 points. Le 1er, c’est que d’un côté, il parait moins haut que de l’autre, parce que l’on voit un peu en contrebas. Le 2e, c’est qu’il est dominé par 3 tours carrées : vous l’avez peut être deviné en pensant à la tour du théâtre : ces tours ont la même origine, elles sont médiévales. Et d’ailleurs, regardez la tour et sa fenêtre : elle est surmontée d’un arc plein cintre (en demi-tonneau donc) à l’allure tout à fait romane. Eh bien, figurez vous que ces 3 tours sont tout ce qui reste du véritable quartier qui s’était développé au moyen âge à l’intérieur de l’amphithéâtre, sur ses arcades et sur ses voûtes. Au total, il y avait 200 maisons, et au moins 2 petites églises, qui ont été démolies à partir de 1825.
Maintenant regardons juste à gauche de la tour, la façade extérieure de l’amphithéâtre : elle est conservée sur 2 niveaux : le rez-de-chaussée et le 1er étage, chaque tranche verticale, c'est-à-dire chaque travée, montre une arcade flanquée de pilastres au rez-de-chaussée, et de demi-colonnes au 1er étage. Notons que le monument était un peu plus haut à l’origine : il y avait au 3e niveau, un étage surbaissé. Ce qui reste, ce rez-de-chaussée et ce 1er étage est à la fois typiquement romain, et un peu atypique. Ce qui est typiquement romain: c’est l’utilisation des arcades couplées avec des colonnes, ou bien des pilastres portant un entablement. Vous vous souvenez de notre définition sommaire de l’entablement, tout à l’heure ? Une poutre de pierre jetée entre 2 colonnes. C’est aussi le système des temples grecs, et d’ailleurs, de la plus grande partie de l’architecture grecque, même si les Grecs connaissaient les arcs et les voûtes. Les romains, au contraire, ont utilisé systématiquement l’arc et la voûte, par exemple pour construire leurs théâtres et leurs amphithéâtres. Car, en général, les gradins ne reposent pas sur de la terre ou de la roche, mais sur tout un réseau de voûte, qui sert en même temps à couvrir les espaces de circulation.
Et pourtant, ils ont gardé le système grec des colonnes portant un entablement, pour encadrer les arcades, et cela dans un but surtout décoratif : c’est ce système mixte, typiquement romain, que nous avons devant nous. Maintenant il y a un détail qui n’est pas typique, et qui peut surprendre. Les colonnes, et les entablements qu’elles soutiennent sont, dans l’architecture grecque de 3 types : dorique, ionique, corinthien. On reconnaît ces 3 types au 1er coup d’œil, au chapiteau des colonnes, mais aussi à des détails dans le décor des 3 couches superposées qui forment l’entablement. Et comme une certaine colonne entraîne l’utilisation d’une certaine forme d’entablement, et que les 2 sont liés, on appelle cela les 3 ordres.
Eh bien, d’une part les Romains ont ajouté 2 ordres de leur crû, et d’autre part ils ont théorisé la superposition des ordres. Lorsqu’il faut décorer plusieurs étages: en bas on doit trouver le dorique (le chapiteau est lisse et sans décoration). Au-dessus l’ionique où le chapiteau est décoré d’une grande feuille enroulée de chaque côté. Et au dessus encore, c’est le corinthien où la le chapiteau est recouvert de plein de petites feuilles d’acanthe. Et s’il y a un 4e niveau : alors, comme au Colisée à Rome, on trouve le composite, l’un des 2 ordres inventés par les Romains. Cette superposition, tout à fait codifiée, c’est ce qu’on appelle la hiérarchie des ordres. Eh bien, par rapport à cette hiérarchie, qui a été théorisée par l’architecte Vitruve, à l’époque d’Auguste, que voyons-nous ? Alors regardons en bas : comment est le chapiteau des colonnes ? Vous voyez ? Eh bien, il est tout simple en forme de galette : c’est donc bien -comme attendu- un ordre dorique. Regardez au dessus maintenant : là, on s’attend à trouver l’ordre ionique et sa double volute, c’est la feuille enroulée de chaque coté. Regardons bien : ah pas de doute, et pas de volute non plus. Mais des petites feuilles d’acanthe : c’est donc l’ordre corinthien. Voilà donc peut-être une hérésie.


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