Un intérieur structuré par l’architecture romaine

Decouverte de split

Un intérieur structuré par l’architecture romaine

Et maintenant, avançons dans le mausolée. Laissons nos yeux s’accoutumer aux contrastes de lumière. Un 1er constat s’impose : l’état de conservation est remarquable. En effet, comme le bâtiment n’a jamais été abandonné, mais réutilisé tel quel, toute la structure romaine est visible ainsi qu'une grande partie des décors. Regardez la voûte de la coupole : elle est particulièrement remarquable, et nous voyons que l’ensemble parait très compact, très solide. Ce type de voute est fréquent dans l’architecture romaine. Dans les thermes par exemple. Nombre des constructions commandées par Dioclétien jouent sur le rapport ente la hauteur du bâtiment et la coupole comme ici. La coupole parait ramassée, en comparaison de la hauteur de l’édifice. Mais c’est aussi parce que l’on construit en pierre et non en briques. On n’a donc pas la possibilité de construire des coupoles de trop grand diamètre. On choisit alors un diamètre réduit, mais on compense par la hauteur de l’édifice. C’est donc la hauteur qui donnera le caractère « grandiose » du bâtiment. Regardez la coupole à nouveau : vous voyez qu’elle est nue. Très vraisemblablement, à l’origine, elle aurait dû être ornée de mosaïques, mais finalement cela n’a pas été fait. Pourquoi cela ? Et bien parce que si cela avait été fait, les architectes auraient placé des caissons ornés dans la voute comme nous le verrons dans le temple de Jupiter un peu plus tard. Regardez juste sous la base de la coupole à présent : là se trouve une frise composée de médaillons. Ces médaillons sont tout à fait surprenants dans une église. Quand nous avons l’entrée de l’église dans le dos, levons les yeux au niveau de la frise. Nous voyons les médaillons bustes, à droite et à gauche de ces colonnes. Ce sont des têtes comme posées sur une assiette tenue par 2 petits personnages. Et bien, ces têtes représentent l’une, Dioclétien, et l’autre, son épouse Prisca. Certes on peut s’interroger sur la présence de ces médaillons dans le bâtiment pourtant transformé en église dès le 7ème siècle.
Alors évidemment, on peut se demander comment des chrétiens ont pu laisser ces visages d’un de leurs plus grands tortionnaires être utilisé comme décoration. La seule réponse trouvée était qu’on ne savait plus ce que ces médaillons représentaient. Et puis on pense plus généralement que la lueur des cierges n’était tout bonnement pas suffisante pour voir ces détails qu’aujourd’hui même avec les spots nous avons du mal à distinguer ! Continuez à faire le tour de ces médaillons : ils reprennent des thèmes animaliers souvent présents dans les décors funéraires. On voit des chevaux, et des cerfs notamment. Pourquoi des animaux nous demanderez vous ?Et bien la réponse est que ces animaux sont censés être psychopompes. Un bien joli mot pour dire qu’ils pouvaient guider les âmes des défunts dans l’au-delà. Et puis vous verrez aussi des chars de guerre rappelant les glorieuses campagnes de l’empereur. Regardons maintenant les colonnes tout autour de la salle. Elles ne sont pas en pierre locale, mais en marbre noir ou en granit. Elles ont été rapportées ici par Dioclétien et sont le produit de ses campagnes orientales et égyptiennes. C’est donc encore un rappel de ses campagnes militaires.


<< 9 - Les portes intérieur...         11 - Structure intérieure... >>

Sommaire complet du dossier :