La porte d’Or

Decouverte de split

La porte d’Or

En dehors de cette ancienne mairie, le reste de la place est occupé par des cafés et des glaciers réputés. Prenons le temps de flâner sur cette place et retrouvons-nous à l’angle droit de l’ancien Hôtel de Ville.

Nous sommes maintenant à l’angle droit de l’Hôtel de Ville. En regardant vers la tour horloge, nous avons à gauche une rue qui part dans le prolongement de la place : c’est la rue Bosanka. Nous allons prendre cette rue et la suivre sur une centaine de mètres pour aboutir à un square.

Nous sommes maintenant au bout de la rue Bosanka Devant nous se trouve le petit square et sur notre droite une rue longe la face extérieure nord du palais de Dioclétien. Nous allons longer cette façade jusqu’à la porte d’or qui se trouvera donc sur notre droite.

Nous sommes à présent au niveau de la porte d’or, à l’extérieur du palais. Regardons cette porte. C’est l’une des plus remarquables du palais. A l’époque de sa construction, c’était même la porte principale. Regardez la façade : au-dessus se trouvait une petite chapelle dédiée à St Martin. Et on voit que la façade est ornée de niches qui devaient contenir des statues. 4 statues en fait. Et grâce à des pièces de monnaie anciennes, on sait ce qu’elles étaient. Il s’agissait des statues des 4 tétrarques qui gouvernaient l’empire. Remarquez aussi que, comme les autres portes, celle-ci est double et une sorte de sas permet d’assurer la sécurité. Mais avant de pénétrer dans le palais par cette porte, retournons-nous un instant et tournant le dos à la porte nous voyons devant nous une grande statue impressionnante.
Cette statue représente Grégoire de Nin et elle a été réalisée par le grand sculpteur Ivan Mestrovic en 1929. Ivan Mestrovic est peu connu et pourtant il est un des plus grands sculpteurs contemporains. Formé à Vienne d’abord puis en France par Rodin, il émigrera aux États-Unis en 1947. Un remarquable musée lui est consacré ici même à Split.
Regardez cette œuvre : elle est typique de ce que réalise ce sculpteur. Ainsi, Mestrovic considère que la sculpture ne peut se départir de l’architecture. Pourquoi ? Parce qu’une sculpture doit s’intégrer dans l’espace. C’est exactement ce qu’il fait ici. Le personnage imposant est en mouvement. Son geste de la main droite et le regard obligent en quelque sorte le spectateur à se mouvoir, à regarder dans le sens indiqué par la statue. La dernière sculpture que nous avons vue est celle de St Jean Baptiste dans le temple de Jupiter : voyez la différence entre les formes. Ici, les formes sont pleines, assez massives, mais en même temps harmonieuses. Le corps de Grégoire forme une masse verticale, animé par le mouvement du bras. Mais regardez sa tête maintenant, elle est traitée très différemment du corps. Là, le souci du détail est très net. Regardez la barbe, les cheveux, l’ossature du visage. Tout ceci est la marque de Mestrovic : la plénitude des masses, l’harmonie du volume, mais aussi le souci du détail et le placement dans l’espace. Parlons du personnage représenté à présent. Qui était donc ce Grégoire de Nin? Grégoire était évêque de Split en 1075 au moment de l’arrivée au pouvoir du roi Zvonimir et de la tenue d’un synode dans la ville. Les relations entre la chrétienté croate et la papauté ne sont pas simples à l’époque. L’église croate manifeste des velléités d’indépendance. Pour calmer les choses, le roi va prêter un serment de fidélité à l’église romaine. Par contre appuyé par Grégoire de Nin, il tiendra bon sur un point très important: la possibilité de garder le slavon comme langue liturgique et non le latin. L’Assemblée nationale des évêques croates réhabilita à cette occasion le glagolitisme, qui est l’alphabet spécifique en usage dans la région. L’église croate marque ainsi son indépendance et le personnage de Grégoire restera au travers des siècles comme celui qui a revendiqué cette indépendance. Les commandes de sculptures le représentant ne sont donc pas des œuvres pieuses, mais des actes politiques, nationalistes.


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