La guerre de 30 ans

Deuxieme promenade au chateau de prague

La guerre de 30 ans

La guerre de Trente Ans ravagea l’Europe Centrale entre 1618 et 1648. Il est important d’en connaître les grandes lignes, car elle redistribua les cartes entre les grandes puissances européennes, et causa des dégâts extrêmes. On estime en effet qu’un tiers des populations allemandes y périrent des pillages, des disettes, des épidémies. Ce conflit entre les protestants et les catholiques allemands, Bohémiens et autrichiens devint européen.

Pour faire simple, disons que, depuis l’accord d’Augsbourg de 1555, les catholiques et les protestants vivaient globalement en paix dans les différents royaumes ou états allemands et en Bohême. Et bien sûr, le prince ou roi d’un état était souvent de la confession majoritaire.
Sauf en Bohême où les Habsbourg catholiques prennent le pouvoir, mais, en 1609 garantissent à nouveau des libertés de culte aux protestants, alors majoritaires.
Maintenant, regardons quelles sont les puissances européennes en présence et leurs visées stratégiques. Il y a bien sûr le pôle Habsbourg dont les deux branches, la branche espagnole et la branche Autrichienne, sont très liées. Les Habsbourg espagnols sont en conflit avec leur province rebelle des pays bas et ils font remonter leurs troupes le long du Rhin, grâce aux facilités accordées par les Habsbourg autrichiens, leurs cousins, qui rappelons le portent le titre d’Empereur du Saint Empire Romain Germanique. En Allemagne, il y a un embrouillamini de 360 états, sorte de no man’s land géopolitique sans danger pour personne.
Du coup, les puissances du nord, les danois et les suédois, se satisfont de cette situation qui leur permet d’avoir la haute main sur le commerce de la baltique. Il n’y a que les Français qui regardent d’un œil vigilant et inquiet cette présence des Habsbourg à toutes leurs frontières.
Puis cet équilibre instable vient à être bousculé par l’arrivée au pouvoir, dans les deux camps, de dirigeants très religieux. Ferdinand 2 chez les Habsbourg autrichiens. Frédéric de Palatinat chez les protestants. Et, à la mort de Philippe 3 d’Espagne, son fils Philippe 4, un jeune homme très pieux de 16 ans, fait appel, pour le conseiller c'est-à-dire pour gouverner, au très zélé et très catholique comte Olivares.
Du coup, en Bohême, les Habsbourg, sous Ferdinand 2, mettent des battons dans les roues des protestants et les empêchent de bien pratiquer leur culte. En retour, ceux ci défenestrent à Prague les gouverneurs catholiques, puis élisent un roi de Bohême protestant Frédéric de Palatinat. Dès lors, dans une prochaine élection, cela permettrait de porter un protestant comme Empereur du Saint Empire Romain Germanique. Les Habsbourg voient rouge : la guerre est lancée. Nous sommes en 1618.
Une première phase voit les Habsbourg sortir vainqueurs en 1625.
Mais les Danois, soutenus financièrement par les Français, décident d’entrer en guerre pour protéger à la fois leurs coreligionnaires et aussi leurs intérêts politiques et économiques. Ils seront défaits. Et, ce sera ensuite au tour des Suédois, là encore soutenus financièrement par les Français, d’entrer en guerre en 1630. Après des succès initiaux, ils seront battus fin 1634.
Les Habsbourg sortent renforcés par cette guerre et la France de Louis 13 et Richelieu, puissance catholique, rentre à son tour dans le conflit en 1635. S’ensuivent alors 13 ans de guerre où les deux parties gagnent des batailles chacune leur tour. Et il faudra attendre la bataille décisive de Lens en 1648 remportée par le grand Condé pour que la paix puisse être enfin signée. Il s’agit des Traités de Westphalie.

Au total, la France et la Suède, exsangues financièrement, sont politiquement les grandes gagnantes tandis que l’empire Habsbourg entame son déclin.
Dans les états allemands, les minorités religieuses ont fui ou ont été tuées, et sont devenues très faibles ou inexistantes. Les états sont devenus plus homogènes en terme de pratique religieuse.
Et qu’en est il de la Bohême ? Et bien, elle restera aux mains des Habsbourg qui continueront de la reprendre en main. Tant et si bien qu’elle redeviendra très largement catholique alors qu’elle était à 90% protestante.


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