La salle de la Diète

Deuxieme promenade au chateau de prague

La salle de la Diète

Mais avant d'achever la visite du Palais, allons visiter la salle de la Diète. Pour cela, descendons de notre tribune. Quand nous sommes dos à l’escalier, allons à droite vers les 3 portes que nous voyons.

Il y a trois portes devant nous, la salle de la diète est celle qui se trouve à droite. Devant l'entrée de la salle de la Diète, prenons le temps de regarder ce curieux portail, assemblage pour le moins extravagant d'une porte de style renaissance et de pilastres cannelés tout déformés, comme s'ils avaient fondu au soleil. Toujours cette extravagance du 16e siècle à Prague ! Alors, bien sûr, on a le réflexe de se demander ce que c’est comme style. Ce n’est pas du gothique, ce n’est pas de la Renaissance, car il y a cette ondulation qui est typiquement baroque…sauf que le style n’existe pas encore.
En bref, nous sommes devant une individualité qui ne se laisse pas classer. C’est plutôt un novateur. Car, ces mouvements « pré baroques » ou « baroques avant l’heure », nous en retrouverons sur des portes du quartier de « Stare Mesto », la vieille ville. Et ils sont plus tardifs, donc on peut penser qu’ils se sont inspirés de ce portail créé ici par Bénédikt Ried.
En fait, cette porte que nous avons devant les yeux est assez émouvante, car on peut, avec un peu d’imagination, en tout cas se dire qu’elle soit une des graines qui a été plantée dans les esprits européens pour faire éclore les styles comme le baroque ou le mouvement sera roi.
Mais passons cette porte maintenant et entrons dans la salle de la Diète.

Comme une grande partie du palais, cette salle fut remaniée à la fin du 15 e siècle par Benedikt Ried avant d'être détruite par les flammes en 1541. A l'issue d'une sorte de concours, l'architecte Bonifaz Wolmut imposa son projet qui n'était ni plus ni moins qu'une sorte de reconstitution "à la manière de Benedikt Ried". Ces nervures entrelacées, nous les connaissons bien, elles sont comme une sorte de marque de fabrique. C'est intéressant de noter que, dès le 16e siècle, on a préféré la continuité à la rupture, l'unité de style en quelque sorte.

Mais parlons de la diète maintenant. Qu'est-ce qu’on y faisait ? C’est là que se réunissait la Cour Provinciale Suprême de la Bohême qui était constituée des prélats, des seigneurs, des représentants des villes royales. D’ailleurs, chaque Etat constituant l'Empire des Habsbourg avait sa propre diète. Cette noble assemblée était présidée par le légat de l'empereur. Il s'installait sous le grand dais que nous voyons au fond de la salle marqué aux armes de la Bohême. A sa droite, c'est l'archevêque de Prague qui s'asseyait, pendant que la noblesse et le clergé prenaient place sur les bancs installés tout autour de la salle.

Regardons maintenant sur le mur gauche de la salle en entrant : il y a un haut pupitre en pierre finement décoré. C'était la place du premier greffier. Ce dernier était chargé de reporter les plus importantes décisions prises par la Diète dans des livres que l'on appelait les "registres provinciaux". Puis ces livres étaient déposés dans le Bureau des registres situé juste derrière la tribune.
Mais jusqu'en 1847, la fonction la plus importante de la Diète fut de choisir le roi de Bohême. Et, aujourd'hui, c'est ici que le président de la République signe, après son élection, le serment de fidélité. Sur les murs de la salle, il y a encore de grands portraits officiels de souverains habsbourgeois.
Par exemple, sur le mur de gauche, on reconnaît de gauche à droite, l'empereur Josef 2, François-Etienne de Lotharingie et son épouse l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, donc le frère et les parents de Marie-Antoinette, la femme de Louis 16.
Ces peintures étaient en quelque sorte les substituts d'un empereur absent, mais sous l'autorité duquel les décisions étaient prises. Un peu comme le portrait du président de la République dans nos mairies.


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