L’église Saint-Georges

Deuxieme promenade au chateau de prague

L’église Saint-Georges

Nous allons maintenant sortir du palais. En sortant de la salle de la Diète, il faut prendre la première porte sur notre droite là où commence l'escalier dit des Cavaliers.

Terminer la visite par l'escalier dit des Cavaliers, c'est quitter ce palais sur une note fantastique. On l'appelle ainsi parce que ses dimensions permettaient aux chevaux de le gravir. On reconnaît encore au niveau du plafond la "patte" de Benedikt Ried avec ces entrecroisements d'arcs.
En bas des escaliers, sortons par la porte qui se trouve à notre droite pour rejoindre la Place Saint-Georges.

Sur cette Place, on aperçoit tout de suite à gauche, un chevet, c'est à dire l'extrémité de la cathédrale Saint-Guy, ensuite, les bâtiments en briques dans le style néo-gothique correspondent à la nouvelle prévôté, ils datent du 19e siècle. Enfin, sur notre droite, on voit un des ensembles religieux les plus anciens de Prague : le couvent Saint-Georges.
Il se compose de deux parties. Tout d'abord, dans l'angle de la Place, il y a le couvent à proprement parler : il a été transformé en Musée National de l'Art Baroque Tchèque et une statue de la Vierge couronne son portail. L'église qui jouxte, à droite, le couvent est la Basilique Saint-Georges
Avançons- nous devant la façade de la basilique.

Sans doute êtes-vous surpris de voir une telle façade? Surpris par l'écart de style qui existe entre la façade de la basilique et les deux clochers qui surgissent au second plan. Une fois de plus, comme c'est souvent le cas à Prague, cette église a été remaniée au 18e siècle.
Mais au départ, elle est très ancienne, c'est même la plus ancienne église du Château qui soit arrivée jusqu'à nous. Son histoire débute au 10e siècle. A cette époque, le roi Vrastislav 1er, un Prémyslide, fonde une église en bois qu'il consacre à Saint-Georges. Quelques années plus tard, la princesse Mlada fonde le couvent des Bénédictines juste à côté et c'est l'occasion d'agrandir l'église une première fois.
Mais l'aspect actuel de l'église, une basilique romane à trois nefs et deux clochers, date de 1142. Elle sera remaniée encore à la Renaissance et enfin à la fin du 17e siècle.

Approchons-nous un peu plus. La façade est de couleur brique, c'est très baroque, car le baroque a aimé poser des enduits colorés sur les murs. C’est une façon d'animer les façades, mais aussi de cacher la banalité des matériaux utilisés.
Regardons bien. On remarque que cette façade se compose de deux parties. D'abord, le premier niveau : il est rythmé par six pilastres dont deux sont couronnés par une statue. La statue de gauche représente la Bienheureuse Mlada, la première abbesse du couvent et celle de droite le roi Vratislav 1er, le fondateur de la basilique. D'ailleurs, regardons bien, il tient la maquette de l'édifice entre les mains. Le second niveau correspond au fronton, il est décoré par un relief en stuc représentant Saint-Georges en train de terrasser le dragon, l'éternelle lutte entre le bien et le mal !
Sur le côté droit de la Basilique, une porte donne accès à une petite chapelle consacrée à saint Jean Népomucène que l'on a littéralement greffé sur le corps de la vieille basilique.
Nous pouvons maintenant entrer à l'intérieur de la basilique.

Restons quelques instants au fond de l'église. Comme nous le voyons, l'intérieur de l'église est très dépouillé et la luminosité est faible. Et cela nous change fortement des édifices baroques ou des grandes verrières gothiques. En fait, retenons que Saint-Georges est l'un des rares témoignages d'une architecture religieuse romane à Prague. Car les vestiges de la Prague du 12e siècle même s'ils sont nombreux restent invisibles, enfouis dans le sous-sol de la ville. Une raison de plus d'admirer la basilique Saint-Georges.
Quand nous sommes à l’intérieur, nous sommes certainement d’abord saisis par le caractère obscur de cette longue et étroite nef. Du coup, notre regard est happé par les sortes de trous de lumières que sont les fenêtres à 3 arcades des tribunes. Le mur est massif. N’oublions pas que les seules voûtes qu’on sache construire sont ces voûtes en forme de demi-tonneau posé sur les murs de soutien. Ce sont les voûtes dites en plein contre de l’architecture romane. Et pour supporter leur poids, les murs devaient être très épais. Toujours pour ne pas fragiliser l'édifice, on ne perçait que de petites ouvertures et la luminosité était donc limitée. Alors certes, aujourd’hui, si l'on regarde le plafond de Saint-Georges, on voit qu’il est couvert par une belle charpente en bois. Mais, ayons en tête qu’au 12e siècle, ces murs devaient supporter une voûte en plein cintre : ce qui explique l’épaisseur des murs.


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