La Contre réforme

Du gesu au pantheon : le quartier du champs de mars

La Contre réforme

Pénétrons maintenant dans l’église par l’une des trois portes de façade. Nous nous trouvons alors dans la vaste nef.

Malgré la richesse du décor, nous ressentons une profonde impression d’unité de l’espace. Regardons autour de nous : La nef centrale est très large, bordée de chaque côté par une succession de chapelles latérales. L’espace est conçu de telle sorte que nous avons l’impression de nous trouver dans une seule et grande pièce, sans division. D’où que l’on se tienne, on peut apercevoir facilement l’autel principal, ou maître-autel, qui se trouve au fond de l’église, du côté opposé à l’entrée. Ce type d’espace, large et unifié, est typique de son époque, celle de la Contre-Réforme. C’est la réponse de Rome au protestantisme.

Le 31 octobre 1517, Luther, moine augustin et professeur de théologie, affiche sur les portes de l’église de Wittemberg, en Saxe, un document qui fera trembler l’Europe entière: ses fameuses 95 thèses. Il s’agissait d’une liste de 95 propositions de discussions théologiques sur certains abus pratiqués alors au sein de l’Église et souvent cautionnés par le pape. Luther n’avait pas, au départ, l’intention de se séparer de Rome, mais la discussion avec les représentants du pape s’avéra rapidement impossible, aboutissant de fait à la Réforme, c’est-à-dire à la création du protestantisme.

Pour répondre aux critiques protestantes, Rome convoque alors un grand concile en vue de remettre de l’ordre dans certaines pratiques. Ce concile, qui débute en 1545 et se termine 20 ans plus tard, a lieu à Trente, dans les Alpes italiennes. C’est le fameux concile de Trente, l’un des plus importants de l’histoire de l’Eglise. Il accouchera de la Contre-Réforme, c’est-à-dire de l’ensemble des actions menées par l’église de Rome, pour tenter de récupérer les fidèles séduits par Luther et les autres prédicateurs protestants.

L’une des critiques des protestants portait sur la séparation physique entre le clergé et les fidèles. En effet, les autels étaient alors masqués par de grandes barrières appelées Jubé. La messe était donc célébrée à l’écart des fidèles. Le concile de Trente entend lutter contre le mécontentement populaire en abattant le jubé et en rendant ainsi la messe visible par tous.

L’espace où nous nous trouvons reflète bien cette nécessité. Il est large, uni, l’autel y est en évidence. C’est la première fois que cela se manifeste de manière aussi claire. Et ce n’est pas un hasard si cela se produit justement dans une église jésuite. La Compagnie de Jésus est à l’époque un ordre récent, sa vocation missionnaire en fera l’un des fers de lance de la Contre-Réforme. La mission des Jésuites : diffuser les idées du concile de Trente à travers toute l’Europe. Une diffusion qui passe aussi par l’architecture des églises.


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