Le Maître autel

Du gesu au pantheon : le quartier du champs de mars

Le Maître autel

Mais revenons à la nef centrale et avançons maintenant jusqu’à l’entrée du chœur, devant le maître autel.

Lorsque nous faisons face au maître autel, tournons-nous vers la gauche. Devant nous se dresse, un autre gigantesque autel, dédié à saint Ignace. Sous cet autel repose le corps du saint. Contemplez le retable, cette partie décorée du mur, au-dessus de l’autel lui-même. Quelle somptuosité ! ! On en est étonné car sa richesse contraste avec la relative sobriété architecturale du reste de l’édifice.
Il est l’oeuvre du Père jésuite Andrea Pozzo, un artiste qui travailla souvent pour son ordre au 17ème siècle, donc en pleine époque baroque. Nous retrouverons au cours de notre promenade, le père Pozzo et le caractère, disons « somptueux » de ses œuvres.

Maintenant, décryptons son contenu : le sujet général des sculptures du retable représente la Trinité divine : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, apparaissant à saint Ignace. La Trinité se trouve au sommet, elle encadre un globe terrestre en lapis lazuli, pierre précieuse d’un bleu profond. Juste en dessous se trouvent deux anges tenant un cartouche bleu, ou panneau, sur
lequel est écrit le nom de Jésus en cristal de roche.
La statue de saint Ignace est au centre du retable. Elle est entièrement recouverte d’argent, de bronze doré et de lapis lazuli. La statue originale de la fin du 17ème siècle, était l’œuvre du sculpteur français Pierre Legros. Elle fut fondue sur ordre du pape Pie 7 qui devait s’acquitter d’un impôt de guerre à Napoléon Bonaparte. Celle que nous voyons est donc une copie réalisée par le sculpteur Canova, en 1814.
Aux pieds du retable, à droite et à gauche de l’autel, deux autres groupes sculptés, évoquant symboliquement le triomphe de l’Eglise. A droite, une femme brandissant une croix. Avec un faisceau de flammes, elle renverse une femme qui se tire les cheveux et un homme aux prises avec un serpent, symbole du mal. Qu’est cela peut bien représenter ? ? Et bien…« la Foi détruisant l’idolâtrie », la foi est incarnée par la femme à la croix.

Du côté gauche, on voit ine femme debout et majestueuse qui tient un calice. Elle représente la religion. Des pieds, elle foule un serpent, symbole de l’hérésie, aussi évoquée sous les traits de la femme grimaçante jetée à terre. Enfin, un troisième personnage, coiffé d’une couronne, se jette, implorant, aux pieds de la vraie religion pour qu’elle accepte son retour dans le giron de l’Église de Rome. Ce groupe évoque « la religion terrassant l’hérésie. »

Ces deux allégories sont caractéristiques et de l’esprit de l’Eglise de la Contre-Réforme et de l’ordre des Jésuites à cette époque. Ils évoquent le triomphe de l’Eglise romaine sur toutes autres doctrines, le protestantisme en particulier.

Ce retable est donc pour le moins triomphaliste. Il est aussi conçu comme un immense décor de théâtre. Le ciel descend jusque sur la terre, dans toute sa pompe grandiose. Éléments très caractéristiques du baroque.


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