La Fresque de la voûte de la nef

Du gesu au pantheon : le quartier du champs de mars

La Fresque de la voûte de la nef

Tournons maintenant le dos à l’autel de saint Ignace. Face à nous s’élève un autre autel, précédé d’une balustrade surmontée de magnifiques anges de bronze. Il est dédié à saint François Xavier, l’un des premiers compagnons de saint Ignace. D’origine espagnole, comme Ignace, il fut le grand évangélisateur de l’Inde et du Japon. Son corps repose dans la ville indienne de Goa. Sur l’autel de cette chapelle repose un reliquaire contenant le bras droit du saint, bras qui, dans la dévotion baroque, baptisa et bénit nombre habitant d’Inde et du Japon.

Et maintenant, observons la fresque de la voûte de la nef. Et pour ce faire, retrouvons-nous au milieu de l’allée centrale. Là,, vous verrez, sur le sol de la nef centrale se trouve un miroir, qui vous permettra d’observer en tout confort le décor de ces voûtes.

Ici, vous avez le choix entre observer le plafond directement ou en baissant les yeux vers le miroir qui vous en reflète l’image. Regardons.
La fresque qui le décore représente le triomphe du nom de Jésus, en un spectaculaire trompe-l'œil. D’une nuée aux couleurs chaudes, jaune, orange, or, nous voyons émerger tout un monde de saints et d’anges qui vénèrent le nom de Jésus. Ce nom est évoqué dans un cercle de lumière. Remarquez comme il sert de point de fuite à toute la composition.
Notez aussi les nombreux personnages qui débordent du cadre de la peinture. Certains, autour des fenêtres, sont en stuc, ce mélange de poudre de marbre et de plâtre. Ils accentuent encore l’effet illusionniste du plafond, élément caractéristique du baroque.
La fresque est l’œuvre d’un artiste peu connu Baccicia. Nous vous laissons seul juge pour estimer si son absence de notoriété est juste ou pas. Cette fresque a, en tout cas un mérite, elle rassemble beaucoup d’éléments constitutifs du baroque et son histoire traduit bien l’esprit de l’époque.
En effet, elle fut réalisée à la fin du 17ème siècle, presque 100 ans après la construction de l’église elle-même. C’est là un fait important, car avant le plafond n’était pas décoré, l’église avait donc un aspect beaucoup plus austère. Nous nous apercevons ainsi que l’art de la Contre-Réforme connut deux phases. Dans un premier temps et dans la suite directe du concile de Trente, l’Eglise de Rome entend renouer avec une certaine simplicité. Le but est de moins s’exposer aux critiques des protestants qui dénoncent, entre autres, le faste romain. Les églises sont donc relativement sobres, comme en témoigne l’espace général du Gesù. Mais dès le retour des fidèles, au 17ème siècle, alors que Rome pense avoir imposé ses vues l’art se fait triomphal et pompeux. Il entend rendre compte ainsi de la grandeur de l’Eglise.

Nous allons maintenant sortir de l’église par la porte que nous avons emprunté pour entrer.

Continuons notre promenade. Une fois sur les marches de l’église du Gesù, en tournant le dos à la porte, nous avons à notre droite une large rue : le Corso Vittorio Emmanuele II. Prenons-la vers la gauche. Restons sur le trottoir de gauche environ 400 mètres pour déboucher sur une place, le Largo Torre Argentina.


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