Chapelles de Sta Maria Sopra Minerva

Du gesu au pantheon : le quartier du champs de mars

Chapelles de Sta Maria Sopra Minerva

Elle était autrefois le siège de la confrérie de l’Annonciation, et fut commandée par le cardinal Juan de Torquemada, issu de l’ordre dominicain, dont la famille eut par la suite un rôle important dans l’Inquisition. Ici, le nom de Torquemada est associé à l’une des plus célèbres confréries pieuses de Rome, qui regroupe religieux et riches donateurs. Elle avait pour fonction de doter les filles pauvres en vue de leur mariage. C’est la raison pour laquelle le tableau que vous voyez au dessus de l’autel représente la Vierge tenant une bourse. En faisant face à la grille de la chapelle, nous voyons un tombeau sur le mur de gauche. C’est celui du pape Urbain 7, mort en 1590, et qui régna 13 jours. A sa mort, il laissa l’ensemble de sa fortune à la confrérie, ce qui explique la présence de son tombeau ici.

Trois chapelles plus loin, c'est-à-dire la 7ème chapelle, sur la droite en faisant dos à l’entrée principale, nous découvrons la chapelle Carafa, du nom du cardinal qui la commanda. Elle est décorée d’une série de peintures attribuées au célèbre peintre florentin Phillipino Lippi, qui travailla ici de 1489 à 1491.

Regardons d’abord le tableau de l’autel. Il représente l’Annonciation. Voyez le personnage agenouillé sur la droite : c’est le cardinal Carafa. Voyez aussi un grand théologien dominicain, c’est saint Thomas d’Aquin.
Autour de cette toile, le mur est décoré d’une superbe fresque qui représente l’Assomption de la Vierge, c'est-à-dire sa montée au ciel. Elle est entourée d’incroyables anges musiciens. On y voit, dans les poses et les visages, l’influence d’un artiste comme Sandro Botticelli. Le raffinement extrême des poses et des instruments de musique, sans doute en partie imaginés, fait déjà de ce tableau un précurseur du maniérisme. Le maniérisme est cette forme d’art qui s’épanouira au 16ème siècle, et qui pousse le raffinement des gestes à l’excès. Cela aboutira parfois à une certaine mièvrerie, ce qui est loin d’être le cas ici.
Regardons encore ce tableau : c’est vrai que l’image est étrange. Si l’on regarde chacun des personnages séparément, en particulier les anges, leur pose semble poussée, voire exagéréesn pourtant, lorsqu’on regarde l’ensemble, c’est la force qui prédomine. C’est là la marque d’un grand peintre.

Découvrons les murs latéraux maintenant : ils présentent des scènes de la vie du théologien Thomas d’Aquin. Le mur de droite en particulier montre le triomphe sur les hérétiques des doctrines de saint Thomas d’Aquin. Il est représenté assis au centre. L’œuvre est d’une inspiration artistique semblable à celle de l’Assomption, mais, comme vous le voyez, elle est plus sage que cette dernière. Les personnages sont inscrits dans un cadre architectural très étudié et équilibré, qui rappelle bien la peinture florentine du 15ème siècle.
Revenons maintenant dans la nef centrale et, tournant le dos à la porte d’entrée, continuons à avancer en direction du maître autel. Arrêtons-nous au pied des escaliers du chœur, partie de l’église contenant le maître-autel.


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